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| CARNET DE
VOYAGE |
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Le 29 janvier 1993, je m'envolais pour Francfort dans
le cadre d'un échange scolaire de trois mois. L'idée
de ce voyage m'avait enthousiasmé dès que
mon professeur d'allemand en avait proposé l'éventualité,
car je suis avide de découvrir de nouveaux pays,
de nouvelles cultures. (...) " Le
séjour dans la famille allemande
" Je partais donc ravi mais nerveux et inquiet. Je
ne connaissais pas du tout ma famille d'accueil, n'ayant
eu le temps d'échanger une correspondance et des
photos. Je savais seulement que je me rendais chez une
fille unique, et craignais de m'ennuyer car je suis issu
d'une famille de trois enfants. Je suis aussi élève
de troisième, année du B.E.P.C., et j'appréhendais
de manquer un trimestre de cours.
C'était perdu dans ces pensées que j'atterrissais
et prenais contact avec ma nouvelle famille. Madame Warnke
et sa fille Nicole m'attendaient, souriantes. Leur accueil
fut très chaleureux et je me sentis très
vite en confiance. Monsieur Warnke se révéla
lui aussi sympathique et dynamique. (...) Ensemble nous
avons visité la région de Francfort, un
village médiéval, une exposition de peinture,
la vallée du Rhin... J'aimais ces découvertes
de l'Allemagne. A la maison/ nous passions peu de temps
devant la télévision. Nous lisions, partagions
des jeux de société ou discutions des événements
mondiaux ou personnels au salon, où quotidiennement
une bougie se consumait. J'appréciais ces moments
de profonde tranquillité. (...) "
Aller à l'école en Allemagne
"Le système scolaire allemand
est très différent du système français,
voire opposé. (...) Les cours commencent à
8 h et se terminent à 13 h 15, permettant six cours
de 45 minutes entrecoupés par des pauses de 5,
puis 20 minutes. La pédagogie des professeurs allemands
et français diffère largement. Les premiers
jours, j'étais surpris par la cacophonie ambiante.
Pendant que le professeur expliquait son cours, les élèves
parlaient et parfois mangeaient. En fait, je me suis très
vite acclimaté à cette atmosphère
et j'ai réalisé qu'en Allemagne, I'accent
est donné à l'autodiscipline. Il est très
rare qu'un professeur requiert le silence total, excepté
durant les devoirs, qui sont limités à un
par jour et n'excèdent pas trois par semaine. Cette
politique libérale donne au cours une ambiance
très décontractée; les paroles du
professeur sont bercées par un bruit de fond qui
n'interfère cependant pas avec le cours. La classe
continue d'écouter et de participer, car l'enseignant
ne répète pas son cours pour les éventuels
distraits.
Une telle ambiance serait inconcevable pour un professeur
français. En France, les professeurs disent que
l'autodiscipline est impossible car les élèves
sont irresponsables. En réalité, ils refusent
de faire confiance aux jeunes (...); leur réaction
est de pratiquer une discipline stricte et punitive ce
qui provoque de la part de l'élève une rébellion
sourde, mais grandissante. Sentant ce danger potentiel
pour son autorité, le professeur resserre d'autant
plus son étau et le cercle vicieux s'enfonce ainsi
imperceptiblement .
Dans le collège allemand où j'étais
(...), une très bonne entente régnait entre
le corps enseignant et les élèves. Le professeur
qui sait que la discipline est autorespectée peut
donc avancer rapidement dans son programme. Cela lui laisse
du temps pour discuter avec ses élèves de
sujets d'actualité (...). Je pense que tout ceci
est important pour l'épanouissement des adolescents,
aussi bien intellectuellement que dans leur relation avec
les adultes. En France, (...) nous avons l'impression
d'être des pions qui sont déplacés
selon les besoins de l'établissement; nous avons
l'impression d'être méprisés; ceci
renforce nos préjugés et amplifie nos tentations
à provoquer. En Allemagne, (...) les professeurs
savent qu'eux seuls peuvent changer cette situation et,
en étant à l'écoute, des élèves.
ils y arrivent parfaitement. Les journées de classe
sont plus joviales. J'allais à l'école avec
plaisir pour retrouver mes amis et même mes professeurs.
(...) " De nouveaux
amis allemands
" Pendant mon séjour,
je me suis fait de nombreux amis à qui j'écris
toujours, aujourd'hui. L'accueil qui m'a été
réservé à l'école a été
très chaleureux. Tout le monde essayait de me parler.
Les trois premières semaines ce n'était
facile ni pour les Allemands ni pour moi, mais ensuite
j'arrivais à suivre une conversation et parvenais
à discuter normalement avec mes camarades de classe.
Le fait que les cours se terminent à 13 h 15 nous
laissaient le temps de faire nos devoirs puis de se retrouver
entre amis pour faire du sport, aller au café,
discuter, se rencontrer dans un contexte extra-scolaire.
(...) Par ailleurs, la présence d'une Française
venue dans les mêmes circonstances que moi représentait
une aide morale appréciable. (...) "
De retour en France
" Quand je suis rentré à Lyon, je comprenais
pratiquement tout, même à la télévision;
je parvenais à exprimer mes idées dans un
langage correct, je ne cherchais plus mes mots. Je pense
que trois mois est un temps raisonnable, je serais avec
plaisir resté plus longtemps car j'apprécie
le mode de vie décontracté des Allemands,
j'admire leur mentalité bon enfant, bien que leur
humour soit plus lourd que le nôtre. Ils sont francs
et parlent sans arrière pensée. (...) Cette
expérience m'a vraiment donné l'envie de
parler parfaitement l'allemand, ce à quoi je suis
en partie parvenu. "
La subvention est versée après l'échange, sur présentation
d'un rapport de l'élève sur son séjour et d'une attestation
de présence aux cours de l'établissement d'accueil. |
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