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Présentation générale
de la pédagogie de l'échange et de la rencontre

 Définitions

En utilisant le mot " échanges " facilement compréhensible et qui revendique une longue tradition, on se heurte toutefois à deux difficultés :

  • il fait référence à des pratiques et des objectifs très divers. Il est donc polysémique, ambigu, ce qui peut expliquer justement qu’on l’utilise de multiples façons parfois même contradictoires, tout en ayant l’impression d’être d’accord (J.-A. Tschoumy, 1992, p. 18-23, Alix, 1993, p.18-19)
  • il a sensiblement évolué au cours du temps (polysémie " diachronique ", déplacements de sens) sans que ses utilisateurs soient toujours conscients de cette évolution, d’où certains malentendus, certaines dissonances cognitives et affectives.
La notion de rapprochement et d’amitié franco-allemande, véritable philosophie sous-jacente aux " échanges ", n’est intelligible qu’à partir d’un passé marqué par les guerres et les démêlés belliqueux pour des acteurs impliqués qui l’ont encore présent à l’esprit. Historiquement, les pratiques " d’échanges " telles qu’elles se sont développées en Europe avant la première Guerre Mondiale et après (M. Krüger-Potratz, 1994) semblent d’ailleurs très liées à une thérapie pré ou postguerrière. Les " échanges " sont en quelque sorte un traitement tout à la fois curatif et préventif. Il s’agit au premier chef d’une pédagogie postbelliciste (C. Alix, 1993 b, M. Krüger-Potratz, 1994).

Pour les jeunes générations d’aujourd’hui qui n’ont, dans le meilleur des cas, qu’une connaissance très vague des raisons historiques à l’origine de cette pédagogie de la réconciliation - même s’il conviendrait de nuancer selon les milieux sociaux et culturels -, ce lien d’évidence est rompu : l’implicite, la référence historique et affective à la guerre, celle-là en tout cas, ne fonctionne plus. Fatalement, ces jeunes vont donc vivre et voir dans leurs rencontres autre chose. La seule information et la connaissance des faits ne suffiront pas à faire passer tout le contexte politique et psychique d’une époque qui n’est, par définition, pas la leur.

Il semble d’ailleurs que cette référence déjà remise en question dans les rapports franco-allemands soient encore moins présente dans le contexte des programmes européens où prédomine nettement la dimension économique, sauf quelques rares exceptions. Ce qui fait que les " échanges " franco-allemands, entachés de référence historique, sont considérés comme " dépassés ". Certains préfèrent par exemple parler de projet européen bilatéral, sans que le concept ait vraiment changé.

Remerciements

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