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Les Projets

Description analytique

Le lieu / le tiers-lieu

Dès l’instant où la rencontre doit avoir lieu ailleurs que chez l’un ou chez l’autre des partenaires), la recherche du lieu occupe une place primordiale dans la définition du projet commun.

Un certain nombre de critères avaient été énoncés la première année en relation avec les objectifs

  • la neutralité pour les groupes participants (aucun des groupes ne pouvant bénéficier d’une certaine familiarité et échapper au dépaysement),
  • le fait qu’il soit situé à mi-chemin (répartition équitable des coûts et de la fatigue du voyage)
  • bilinguisme : nous souhaitions en tant que concepteurs mettre les élèves en situation où les deux langues officielles impliquées, le français et l’allemand, seraient utilisées. Nous pensions que cela permettrait tout à la fois aux élèves d’être compris et aussi de voir fonctionner les deux langues ensemble. Malheureusement les statuts de l’OFAJ ne prévoient pas une telle possibilité de rencontre dans un pays-tiers sans qu’il participe au programme. Il était donc exclu de se rendre en Suisse ou au Luxembourg. Nous avons donc choisi un tiers-lieu en Alsace, région bilingue mais en France.

D’autre part, la participation de quatre établissements faisaient qu’il était difficile de prévoir un seul lieu pour tous. Le fait d’avoir deux lieux offraient en outre l’avantage de pouvoir comparer. Cependant les deux lieux de rencontre étaient à tous égards différents. Qu’on en juge plutôt :


Liebfrauenberg
(dans le Nord de l’Alsace)
Strasbourg
  • un centre de formation protestant/ "clérical "
  • dans une campagne idyllique
  • pas de distractions à proximité (ni maison
    de jeunes, ni discothèque, etc.)
  • pas d'autres groupes sur place
  • obligation de se débrouiller tout seul
  • auberge de jeunesse ultramoderne
  • à la périphérie d'une grande ville
  • proximité de tous les centres d'attraction culturelle pour les jeunes
  • forte présence d'autres adolescents exerçant une grande influence sur le groupe de rencontre

Les expériences assez négatives de la grande ville et de la présence simultanée d’autres groupes qui constitue tout à la fois un élément de diversion et permet d’échapper facilement à la difficulté d’une communication plurilingue nous ont amenés par la suite à choisir de préférence

  • des lieux hors des villes,
  • originaux (souvent des lieux historiques, des châteaux (Elbtal 1993, Buoux dans le Lubéron en 1994), un village médiéval (Zwingenberg près de Darmstadt en 1998) ou géographiquement intéressants, une île par exemple (Îles du Frioul dans la rade de Marseille en 1997).
  • Des types d’hébergement n’évoquant pas un style touristique, ceci même au prix du renoncement à un certain confort : les élèves sont impliqués dans des tâches matérielles, ce qui présente une source d’apprentissage interculturel.

Sur le fait de notre expérience nous dirons que certains facteurs sont aussi facilitants pendant le séjour :

  • Il faut éviter la présence d’autres groupes en même temps sur le même lieu,
  • songer à la possibilité de travailler ensemble, c’est-à-dire prévoir une salle suffisamment grande pour des plénières (parfois la salle-à-manger) et au moins une autre salle pour pouvoir mieux travailler en groupe et enfin
  • donner la préférence à un lieu bien équipé pour la détente et les sports.

Dans plusieurs cas, l’originalité du lieu, son atmosphère et ses caractéristiques ont même eu une influence directe sur le choix du thème de travail (cf. thèmes de travail *). On peut parler en fait d’une " pédagogie du lieu ", puisque nombre des activités et des réflexions, et donc les déclics et les apprentissages vont se faire " sur place ". Mais cela demande bien sûr que les enseignants des établissements participants choissent ensemble ce lieu. Il est en tout cas nécessaire que les hôtes, s’ils ne peuvent pas personnellement participer au choix soient bien informés, ce qui demande en particulier plusieurs photos des lieux.

Dans le choix du lieux on retrouve le principe même des classes " transplantées " (10).

D’autre part, un tiers-lieu (de rencontre) " dans la nature " permet de neutraliser les effets différenciateurs, les différences qui se manifestent constamment en milieu urbain, " dans la culture " et crée ainsi une plus grande concentration et une plus grande disponibilité des élèves.

Dernier point : l’évaluation des premiers projets a montré qu’il était important que les élèves en visite puissent faire connaissance du milieu de vie quotidien de leurs partenaires (établissement scolaire, quartier, ville). Ceci nous a obligés à prévoir des lieux de rencontre relativement proches de Marseille et de Francfort permettant l’aller et retour en car dans la journée. Cette solution s’est révélée très favorable dans la mesure où elle concilie le besoin de dépaysement (11) et de rencontre entre soi, tout en pouvant se faire une idée de la vie normale et quotidienne du groupe-partenaire et de ses références.


Note 10 : Ce terme laisse toutefois supposer qu’il s’agit ni plus ni moins de faire la même chose ailleurs, sous-entendu qu’en classe, alors qu’en fait on change aussi la nature de la classe, puisque le lieu " classe " est dans le cas présent autre. Retour

Note 11 : Mais rappelons le problème de recrutement des élèves : La proximité diminue l’intérêt des élèves qui sont proche de participer, augmente la nécessité de persuader les parents d’élèves et l’acceptation par les collègues. Retour

La visite a Marseille suite

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Le theme de travail