Frühe Sprachvermittlung
Enseigner dans l’école de l’autre :
regards croisés d’instituteurs

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L’AVENIR DU PROGRAMME D’ECHANGE
DES MAITRES DU PREMIER DEGRE

Le programme d’échange des maîtres du premier degré est un élément essentiel dans la promotion de la langue du partenaire en France et en Allemagne puisque le choix de la langue vivante dans le primaire conditionne les choix linguistiques dans le secondaire.

Cependant, force est de constater largement en FRance un recul et en Allemagne une stagnation de l’enseignement de la langue du partenaire dans le second degré. Ce recul ne s’observe pas tant au niveau de l’offre qu’au niveau de la demande des jeunes et de leurs parents. Et malgré de nombreux efforts, nous n’assistons pas encore à l’infléchissement de cette tendance.

Face à la construction européenne et à la mondialisation, l’idée de la nécessité d’introduire une langue étrangère dans le primaire a fait son chemin dans nos deux pays. Si l’on suivait cependant la seule volonté de nombreux parents et politiques, le français et l’allemand accuseraient une perte de vitesse encore plus prononcée au profit de l’anglais.

Par ailleurs, nous observons souvent dans les relations franco-allemandes un décalage dans la mise en place de projets et de programmes divers. Nous rencontrons notamment ce décalage sur le plan de l’enseignement précoce des langues : dans un passé récent, le dispositif français semblait aller dans le sens du tout Anglais alors que les Allemands se posaient en défenseur de la langue française.

Les décisions relatives à l’introduction de l’enseignement des langues vivantes dans le primaire ayant souvent été fortement tributaires de considérations budgétaires et gestionnaires, nous retrouvons dans un certain nombre de Länder allemands le dispositif monolingue que nous avons encore récemment craint en France.

Malgré tout, dans certains Länder allemands, le Français conserve sa place en raison de liens culturels et historiques ou d’un volontarisme politique à la française. En outre, certains Länder ont entrepris des démarches visant l’allongement de la journée scolaire qui passerait de l’actuelle matinée de cours à une journée complète. Ces plages horaires supplémentaires ainsi créées pourraient être entre autres consacrées à l’enseignement des langues.

Depuis le rapport de l’inspecteur Goullier, chargé de mission au sein du cabinet du Ministre de l’Education nationale, sur la diversification des langues vivantes dans le système éducatif français, une brèche a été ouverte en faveur de l’enseignement de l’allemand.

Tous ces efforts doivent maintenant aller de pair avec un débat sur la didactique des langues dans le primaire et le renforcement de la mobilité des enseignants.

Comment imaginer aujourd’hui l’enseignement d’une langue vivante sans enseignants disposant de solides connaissances de la grammaire, de l’histoire mais aussi de la culture sociale et sociétale de l’autre pays? Et comment acquérir ces connaissances sans une immersion culturelle grâce un échange de moyenne ou de longue durée?

Sous la troisième République, les instituteurs étaient les « hussards de la République ». Aujourd’hui, on doit pouvoir les considérer comme les hussards de l’Europe et de l’ouverture au monde!

Ainsi le programme d’échange de maîtres du premier degré n’est pas seulement « un passe temps » - tout exigeant qu’il soit - mais un volet indispensable de la préparation des enseignants qui peuvent ainsi faire l’expérience de la mobilité et approfondir leur connaissance de l’Europe, de ses cultures et de ses structures.

Même si le nombre de candidats à ce programme reste restreint en raison des freins à la mobilité tels que les problèmes de remplacement, des engagements familiaux et autres, les enseignants qui y participent doivent être pleinement réintégrés dans leur système éducatif d’origine et jouer un rôle de relais et de démultiplicateur de l’enseignement de la langue du partenaire dans le primaire.

Afin d’améliorer le dispositif et de permettre la mise à profit de ces expériences personnelles, il a été question de demander des projets d’envoi et d’accueil aux établissements concernés. Le programme serait alors de moins en moins considéré comme une affaire individuelle que comme un projet porté par l’ensemble de la communauté éducative.

Ce programme pourra par ailleurs servir d’exemple à d’autres initiatives en faveur de la mobilité des enseignants sur le plan européen puisqu’il permet plus que tout autre de faire une expérience interculturelle riche, exceptionnelle, profonde et formatrice dont témoignent les rapports des participants et les contributions de la présente brochure.

En coopération avec les Länder allemands et l’Education nationale, de nouvelles propositions sont à l’étude pour élargir ce programme et l’accompagner de projets plus souples tout en restant sur la durée d’origine et originale qui est d’un minimum d’un an.

Ainsi, un établissement où intervient déjà un maître de l’autre pays participant au programme « long » pourrait accueillir des candidats supplémentaires pour des durées plus limitées allant de 2 à 3 mois. Jusqu'à un certain degré, ces enseignants auront aussi la possibilité de vivre une situation d’immersion culturelle et professionnelle. Même si cette ouverture ne peut pas s’appliquer à tous les cas (Länder et académies), elle mériterait de faire l’objet d’une expérimentation pour tenter de convaincre des enseignants encore réticents à ce type de coopération.

Outre l’enseignement de la langue partenaire proprement dite et sa place dans les systèmes éducatifs respectifs, l’enseignement précoce des langues contribue à faire émerger à long terme de futures générations de décideurs qui seront attachés à la coopération entre nos deux pays.

Aujourd’hui, les dispositifs franco-allemands en place permettent à un enfant d’apprendre la langue du partenaire dans le primaire, de poursuivre l’apprentissage dans le secondaire et de suivre des études dans le cadre des cursus intégrés de l’université franco-allemande.

N’avons-nous pas là des perspectives encourageantes ?

Berlin, le 14 avril 2002

Conny Reuter
Chef du bureau « Découvertes »

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