tandem Binationaler Sprachkurs
04. - 24.08.97 in Simmersfeld (Nordschwarzwald)
und Villard-de-Lans (Vercors)
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2. La méthode pédagogique

2.1 La méthode "Tandem"
Il nous a semblé futile de théoriser la méthode tandem puisque ce rapport s'adresse à des "spécialistes" qui savent de quoi nous parlons. Il est néanmoins intéressant de voir comment les participants ont ressenti cette expérience (voir tableau-résumé de l'évaluation).

Compétence interculturelle:
 
Compétence linguistique:
expression et compréhension orale
Mode d’apprentissage:
 

Voici en plus un article écrit par une participante dans notre journal du bord:

    "Les cours binationaux"

    Les cours binationaux, en voilà une bonne idée. Apprendre l'allemand sans s'ennuyer, quelle réussite !
    La méthode Tandem, c'est à dire un Français qui enseigne sa langue à un Allemand et vice versa, appliqué tous les matins de 9h à 12h, a formidablement bien marché. Nous avons remarqué que les Français et les Allemands pouvaient très bien communiquer ensemble.
    Les Monos ont su créer une bonne entente au sein du groupe. Grâce à leurs cours, fondés sur la communication, l'échange, l'écoute, chacun a pu s'améliorer dans la langue du partenaire. Les sujets abordés portaient sur la politique, le journalisme, la création d'une maison de jeunes, la Résistance. Les travaux que nous avons effectué étaient à la fois écrits et oraux. Tous ont tiré de ces cours une riche expérience."

    Eliza



2.2 Le support pédagogique: la simulation globale - Raisons de ce choix

La logique de l'enchaînement des différents cours a garanti le bon déroulement de la méthode tandem et le lien entre les cours.

On a pu noter une progression quant à l'investissement des jeunes dans cette forme de cours binational et l'évaluation en démontre les résultats. Cette continuité a été atteinte grâce à un support commun à toutes les unités de cours: le cadre d'une simulation globale. L'intérêt de cette simulation est en particulier d'offrir aux participants une gamme étendue d'activités diverses (demandes d'information, productions écrits variées, jeux de rôles, ...) et de maintenir vivante la motivation, condition sine qua non de l'apprentissage d'une langue étrangère. Enfin, une foule d'activités intermédiaires peut être mise au service des différents objectifs, de même que l'on peut imaginer des activités en prolongement de cette simulation.

Ex.:
- rédaction d'un article dans une revue spécialisée destinée aux professionnels de l'animation socio-culturelle
- spots publicitaires (télé / radio) pour le Centre de Jeunes, etc.

Toutes les activités linguistiques mises en place émergeaient toutes d'un même cadre : la création d'un Centre de Jeunes. Nous avons donné les moyens aux participants de se mouvoir à l'intérieur de ce cadre et il nous avait semblé important lors de notre réunion de préparation de jouer avec la réalité, de ne pas se contenter d'un monde imaginaire construit peu à peu par la fantaisie du groupe. Partir du "réel" pour le transformer (et peut-être en faire quelque chose d'irréel) incite à la réflexion et à la créativité, engendre la subjectivité et l'argumentation. Chaque individu porte en lui un potentiel d'imagination qu'il faut dépasser, qu'il faut travailler : la valeur d'une idée, c'est sa réalisation... Ces activités étaient au service de l'entraînement à l'expression orale (s'exprimer sans crainte dans la langue du partenaire, clarifier ses idées et argumenter) en étroite relation avec l'expression écrite dialoguée ou discursive.



2.3 Avantages et inconvénients de la simulation globale

2.3.1 Avantages

  • Les possibilités créatives de la simulation globale sont renforcées par le procédé "tandem"
    Chacun doit et peut s’exprimer à son rythme, ce qui n’est pas toujours possible en cours mononational(nombre d’élèves, temps, peur de s’exprimer devant les autres etc. ...)
  • Gain de temps dans la préparation
    La mise en route nous a certes demandé beaucoup de travail, notamment pour l’élaboration des affiches concernant le Centre de Jeunes; mais grâce au cadre qui nous était donné, nous avons pu par la suite réduire nos temps de préparation et participer ainsi plus souvent aux activités avec le groupe. Ce contact avec le groupe en dehors des cours nous a permis de mieux sentir l’humeur des participants.
  • Souplesse de la méthode
    À part la mise en place, au début, du centre (architecture, le public, relations entre les personnages...), aucun ordre n’est imposé dans le choix des activités. Ceci nous a permis de répondre au jour le jour à l’humeur du groupe; par exemple, nous avons insisté sur le travail pratique (dessins, collages ) et des jeux quand nous avons senti que les jeunes étaient moins concentrés.

2.3.2 Inconvénients
Du fait que la simulation globale est élaborée par tout le monde, nous avons du passer par des phases en plenum assez longues pour que tous les tandems aient connaissance des travaux des autres.
Ces phases de mise en commun ont souvent été ressenties comme trop longues et ennuyeuses par certains participants lors de l'évaluation finale.

Tous les exercices du Centre des Jeunes ne se prêtent pas à traiter des sujets interculturels proprement dits. Certes, notre Centre était franco-allemand, dans une ville allemande. Mais dans la création de nos personnages, etc., c’est l’imagination et la créativité qui ont été prépondérantes, au détriment d’une réflexion sur les différences entre les deux pays (aspects interculturels).

Néanmoins, ces aspects interculturels ont été traités d’une part hors du cadre du Centre par des débats s’appuyant sur des affiches réalisées par les participants, et d’autre part grâce à la vie commune pendant trois semaines dans les deux pays.

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