Les jeunes ne semblent guère attacher d’importance à l’appartenance nationale. Les sondages montrent que seul un tiers d’entre eux déclare qu’être Français ou Allemand signifie encore quelque chose. On pourrait cependant imaginer que cet « oubli national » n’est en vigueur que dans le pays d’origine. De nombreux exemples indiquent, en effet, que ceux-là mêmes, qui disent ne pas tenir compte de leur nationalité, changent du tout au tout lorsqu’ils vivent à l’étranger : ils ressentent alors dans toute sa profondeur l’empreinte du pays d’où ils sont issus.
Quoi qu’il en soit, la catégorisation nationale perd toujours plus de sa pertinence. L’ouverture des frontières européennes, la monnaie commune, l’uniformisation toujours croissante du quotidien et du monde de la marchandise réduisent l’expérience de la différence pour les ressortissants des États de l’Europe. Comme le dit la formule désormais habituelle, la greffe européenne semble « prendre ».
Mais quelle est donc cette Europe qui naît sous nos yeux ? Une Europe administrative, à voir les nombreux règlements en provenance de Bruxelles ? Une Europe économique et néolibérale, si l’on observe l’enchevêtrement des capitaux des grandes entreprises au point qu’on ne saurait plus parler désormais d’entreprises « françaises » ou « allemandes » ? Une Europe commune de la consommation, si l’on considère la parfaite similarité des marchandises dans les rayons des supermarchés des différents pays européens ? Une Europe d’une universelle culture « jeune », avec les mêmes vêtements, la même musique et des comportements identiques ?
Le Bureau IV (Recherche) de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse a créé, voilà plusieurs années, un groupe de travail chargé de cette problématique. Des chercheurs français et allemands (ainsi que des Italiens, à un certain moment) y ont participé. Le cahier des « Textes de Travail » que nous vous présentons ici réunit les résultats d’un travail commun tel qu’il a été mené dans les différents pays. Il s’agit là du bilan intermédiaire d’une recherche qui doit être poursuivie.
Quel pourrait être le visage d’une « citoyenneté européenne » ? L’évolution qui s’est dessinée, jusqu’à présent, va dans le sens d’une citoyenneté double, à deux niveaux. Les ressortissants de l’Union Européenne ont la citoyenneté européenne qui vient s’ajouter à l’appartenance au pays d’origine. Le traité de Maastricht du 7 février 1992 a défini les termes de la citoyenneté européenne. Voici les principaux droits qui y sont liés : liberté d’aller et de venir et d’élire domicile dans un État de l’Union, droit de vote aux élections communales et européennes du lieu de résidence, protection diplomatique et consulaire par les représentations étrangères des États-membres dans les pays tiers.
Dans la mesure où elle peut et doit s’ouvrir, la citoyenneté européenne est donc une notion progressive. La participation d’étrangers issus de l’Union Européenne aux scrutins municipaux et européens signifie au moins en partie l’exercice d’une souveraineté européenne. Le concept de « peuple-État » s’en trouve donc élargi, « européanisé », pourrait-on dire. Inscrite sur le passeport, la double nationalité annonce une citoyenneté nouvelle, plus vaste, la citoyenneté européenne. Elle peut être référée à un exemple historique positif : en effet, la construction de la nationalité allemande s’effectua ainsi. Après l’Unité allemande en 1871, les citoyens des États qui formaient l’Allemagne reçurent la nationalité allemande tout en conservant leur nationalité d’origine, hessoise, bavaroise ou prussienne ou autre. C’est Hitler qui, en 1935, supprima l’appartenance officielle à un Land.
Ajouter une nationalité supplémentaire recouvrant la nationalité française, allemande, italienne, etc. constitue donc une voie juridique éprouvée et susceptible de mener à la construction d’une citoyenneté européenne. Si elle s’imposait, l’Europe serait alors une sorte d’État supranational. On est néanmoins en droit de se demander si l’objectif doit être celui-là. Ne conviendrait-il pas mieux de chercher en Europe même d’autres possibilités d’instauration d’une identité collective porteuse du sens des affaires publiques ? Car une Europe construite selon des prémisses issues de l’État-nation traditionnel pourrait rencontrer les difficultés que connaissent actuellement les États-nations.
L’État national présuppose l’existence d’un peuple-État homogène. Celuici n’existait pas, il est vrai, dans les États-nations qui se sont formés en Europe aux 18ème et 19ème siècle. Cependant, la création de l’État national, grâce au pouvoir symbolique opéré par l’école, l’armée et l’espace public fut un succès tel que nous le considérons aujourd’hui au même titre qu’une catégorie naturelle innée. Il en est de même pour l’idée que la langue commune fonde une identité nationale. Ce n’était pas le cas pour la France où, autour de 1900, moins de la moitié de la population parlait français. Reste la religion. Dans quelques États seulement l’homogénéité requise se trouvait réalisée. La discussion concernant la référence à Dieu dans la Constitution européenne ainsi que les réticences largement répandues à propos d’une admission de la Turquie, pays islamique, dans l’Union Européenne nous montrent que cette idée d’homogénéité persiste jusqu’à aujourd’hui.
Or l’homogénéité, à quelque niveau que ce soit, avec ou sans la Turquie, est une chimère pour une Europe unie. Si les zones de recoupement des diverses cultures des traditions politiques et religieuses sont déjà importantes aujourd’hui, dans l’avenir elles le seront encore davantage : en effet, la force d’attraction exercée par l’Europe qui réunit, d’une part, niveau de vie élevé, liberté et sécurité, ce qui fait, d’autre part, sa renommée de « terre promise » ainsi que la flexibilité et la mobilité des pays pauvres vont aller en s’accroissant. Ce que la sociologie désigne comme « la chaîne de l’immigration » est déjà réalité. Quiconque souhaite venir en Europe a déjà un parent, un habitant de son village, un ami qui lui fournit des informations et fonctionnera comme premier bureau d’entraide à son arrivée. L’idée d’un « creuset » qui opérerait la fusion de tous les immigrants s’est déjà révélée illusoire aux États-Unis. On n’y emploie plus guère que le terme de « salad bowl ». Lyotard, quant à lui, parlait d’un « patchwork des minorités ».
Que faudrait-il pour que les ressortissants européens deviennent un « peuple-État » européen ? Quel pourrait être l’élément unificateur ? Quels fils, quels liens pourraient coudre ensemble les pièces de ce patchwork ?
Nous disposons, tout d’abord, du concept de « patriotisme constitutionnel », forgé par Dolf Sternberger. Tous les Européens possèdent un passeport européen leur garantissant toute une série de droits. Pour le moment, le processus constitutionnel est arrêté par l'échec des référendums en France et aux Pays-Bas. Jürgen Habermas accorde une très grande importance au processus « constituant » européen. Selon lui, en effet, la formation d’une identité européenne présuppose trois éléments : une société civile européenne, la création d’un espace public politique aux dimensions de l’Europe et, enfin, la création d’une culture politique susceptible d’être partagée par tous les citoyens de l’Union Européenne (Habermas, 2001).
Nous sommes encore bien loin de ces trois pré-requis. Mais Habermas imagine que le processus d’élaboration d’une constitution européenne pourrait avoir un effet de catalyseur et renforcer une telle évolution. Un tel objectif exige un engagement considérable de la part des élites politiques et des médias, car le processus d’élaboration de la constitution européenne se déroule, jusqu’à présent, sans participation active de l’opinion publique. En outre, l’élargissement de l’Union à dix pays économiquement et socialement hétérogènes accentue encore la difficulté de la tâche. Les nouveaux arrivants veulent jouer dans la cour des grands et avoir accès aux mêmes ressources sans mettre en péril leur autonomie durement gagnée ni leur identité nationale. Ce qui est tout à fait compréhensible. Ce phénomène montre à quel point il est difficile d’obtenir, à la fois, un élargissement de l’Europe et un approfondissement de l’idée européenne.
Le patriotisme constitutionnel européen est, certes, en mesure de créer un sentiment d’appartenance politique, mais saurait-il « en appeler aux cœurs » (Habermas, 2001) ? Les États-nations se réfèrent, en général, à une histoire commune. Le passé a une fonction fondatrice d’identité. Nous en avons des exemples avec de jeunes États-nations comme la Tchéquie et la Slovaquie, où des historiens, des deux côtés, écrivent une histoire nationale. Histoires qui sont des constructions, car elles tracent un processus historique continu qui remonte le plus souvent jusqu’à la préhistoire. Elles prennent modèle sur l’historiographie des États-nations plus anciens et idéalisent leur histoire, tout comme ceux-ci. Ce ne sont que victoires et courage héroïque ou bien alors le peuple est victime du joug étranger.
Il est bien évident qu’une telle référence à l’histoire ne saurait avoir pour l’Europe vertu fondatrice d’identité. Mais ne pourrait-on pas imaginer une mémoire qui comprendrait le peuple dont on est issu, à la fois, comme victime et bourreau ? Un travail de mémoire donc capable d’embrasser d’un même coup d’œil les guerres entre les États européens et les blessures que ceux-ci se sont mutuellement infligées ?
Il existe depuis quelques années en Allemagne un travail de mémoire intense qui se pose la question de savoir comment les Allemands devraient gérer le souvenir des crimes de leur histoire récente : Auschwitz, Treblinka, Buchenwald. En France également, depuis plusieurs années on assiste à une recrudescence d’attention dans l’opinion publique pour des points sombres du passé français, pour la guerre d’Algérie par exemple et la grande « ratonnade » du 17 octobre 1961 à Paris, au cours de laquelle des centaines d’Algériens furent pourchassés, tués et dont les corps furent jetés à la Seine. On pourrait prolonger à l’infini cette série de crimes et d’épurations ethniques. Elle ne saurait être comparée à l’Holocauste, cependant, ce sont des crimes que l’on n’a pas le droit d’oublier. Et quel est l’État membre de l’Union Européenne qui n’a pas ses cadavres dans le placard ? Wolfgang Thierse, alors Président du Bundestag allemand, a déclaré aux côtés de Madame Simone Weil, le 7 février 2004, lors de l’inauguration d’une exposition sur la persécution et le massacre des enfants juifs d’Izieux, exposition organisée à l’initiative de l’OFAJ et réalisée par des lycéens français et allemands, qu’il était temps de comprendre que le devoir de souvenir et de mémoire devait désormais dépasser les frontières. Une telle remarque nous indique où pourrait se situer le point d’ancrage d’une mémoire commune de la préhistoire de l’Europe unie. Une communauté de mémoire telle que celle-là, à la fois européenne et universellement codée, pourrait constituer la base d’une identité collective par-delà l’État national.
Il existe une troisième option : une conscience européenne pourrait se fonder sur une conception de l’Europe comme communauté solidaire. Ce qui signifierait que l’Europe garantit aux Européens la paix, les Droits de l’Homme, l’État de droit et la suppression de la peine de mort. Programme à première vue minimum ? Un simple regard vers différentes régions du monde suffit à prouver que de telles garanties ne vont pas de soi. Rappelons ici un des objectifs de l’Union Européenne : créer dans toutes les régions de l’Union Européenne des conditions de vie comparables. Pour cela, l’Union dépense chaque année des sommes qui se chiffrent en milliards dans ce but. Car l’État providence est un acquis européen à défendre en commun et susceptible d’être le point d’ancrage d’une « communauté solidaire » européenne. Même si, au cours de ces dernières années, tous les pays européens ont dû revoir leurs dépenses à la baisse en raison de la raréfaction des moyens, la victoire définitive sur la faim en Europe (succès qui n’a guère qu’un siècle) est une date cruciale, si on compare la situation européenne à celle qui règne dans bien des régions du globe.
L’option la plus ambitieuse est celle d’une « communauté discursive » européenne. Nombreux sont ceux qui pensent que l’Union Européenne est une Europe technocratique. Par rapport à l’efficacité bureaucratique de l’Europe constituée, les relations d’ordre communicationnel entre les différentes populations paraissent sous-développées. Bien qu’une importante mise en réseau soit théoriquement possible, en raison des possibilités techniques de communication existantes qui vont des mass médias à l’Internet, des frontières virtuelles persistent, surtout entre les différentes aires linguistiques. Cela advient sans doute par suite de l’absence d’une lingua franca, quoique l’anglais tende toujours plus à assurer cette fonction. Il s’agit cependant là, sans aucun doute, de ressources non négligeables pour l’avènement d’un sentiment communautaire européen.
Le thème posé par les quatre auteurs qui ont contribué à ce cahier est le suivant : comment les citoyens d’Europe, les membres de cette construction politique, pourraient-ils se transformer en des citoyens européens partageant un sentiment communautaire ? Ces contributions veulent mettre en évidence les options existantes et, soit réunir les indices de leur opérationnalisation, soit au contraire, énoncer les raisons de leur impossibilité. Elles suscitent une discussion critique autour de concepts aussi fortement investis que Staatsbürgerschaft, citizen, cittadino et citoyen. Les enjeux sont des concepts de lutte politique reflétant les différentes traditions du problème pointé, c’est-à-dire : comment un individu devient-il membre d’une communauté politique ? Voilà ce qu’a été, jusqu’à présent, l’Etat-nation (et parfois aussi un État national jamais atteint). Si nous parlons d’une citoyenneté européenne, se pose la question des frontières européennes particulières de ce patchwork caractérisant la carte politique d’une Europe à construire. On trouvera ici quatre réponses, différentes mais complémentaires, à la question de savoir à l’intérieur de quelles frontières il devient possible de penser le caractère particulier de l’Europe : son unité dans la diversité.
La première (Dany-Robert Dufour) est une réponse à la Cassandre : la société moderne ne vit pas seulement dans une pluralité de récits infirmant le récit de l’unité de la Nation. Bien au contraire, elle tend toujours plus à devenir une société sans récit et sans lien social. Cet état d’anomie n’épargne ni l’idée, ni les pratiques visant à créer un citoyen européen, membre d’une communauté politique. Le citoyen européen est le citoyen d’une communauté sans récits (il est le « citoyen sans histoires ») où se perpétue cette anomie. Par ailleurs, il existe un espace saturé de narration, un espace européen riche de nombreuses histoires où se meuvent les sujets en Europe. Aux marges de la société européenne (et non pas nécessairement de l’espace européen), on pressent que les errances de ces sujets d’un récit à l’autre finiront dans un non-récit. Mais les métropoles, elles aussi, font toujours plus l’expérience de ce monde sans récit, de cette « non-citoyenneté », caractérisée par des formules spatiales telles que « banlieue » ou « ghetto ». Il ne reste que l’espoir de pouvoir éviter en Europe une évolution qui en Amérique est parvenue à un stade d’exacerbation plus grave.
Nous trouvons ensuite une réponse analogue dans son point d’ancrage, mais bien moins à la Cassandre, celle de Klaus Eder. Elle suit l’hypothèse de Dany-Robert Dufour selon laquelle toute forme d’appartenance à une communauté politique est nécessairement liée à des histoires qui créent un lien social entre les membres de cette communauté. L’argument est que l’idée d’une citoyenneté libre et égale est un récit moderne et que la nationalité européenne (comprise comme appartenance formelle, juridiquement réglée et de caractère également obligatoire pour tous ses membres) est elle-même construite comme un récit. La construction juridique d’une nationalité européenne produit par elle-même une histoire qui devient récit commun des Européens. Au centre de ce discours émergeant, il y a le souvenir commun d’événements passés. Il s’agit donc d’un nouveau récit du passé. Sur ces bases nouvelles pourront se construire la solidarité et la participation à une communauté politique européenne. La clé est donc ce nouveau récit du passé ; les citoyens européens s’y interrogent sur eux-mêmes et donnent un sens collectivement partagé à cette appartenance à une communauté (politique) européenne.
La troisième réponse (Hans Nicklas) part de l’hypothèse de la nécessité, pour toute citoyenneté, d’un dénominateur commun. En Europe, l’histoire en a fourni deux : demos et ethnos. Deux voies qui ne sont plus viables, aussi en propose-t-on une troisième : une différenciation radicale entre public et privé. Le privé est le lieu de la différence, où chacun, comme le disait Frédéric le Grand, cherchera à sa façon la félicité. Le public est lié à l’acceptation de quelques règles fondamentales pour une coexistence pacifique entre citoyens libres et égaux. Ainsi pourra s’instaurer une unité sans une contrainte à l’homogénéisation culturelle des citoyens. L’unité de l’Europe se fonderait alors sur un universalisme tempéré de particularismes.
La quatrième réponse enfin (Jacques Demorgon) assigne à l’Europe un rôle exceptionnel. Son Union politique doit inventer l’espace public démocratique d’une grande région du monde en le rendant compatible avec les défis de la nouvelle culture d’économie mondialisée. Pour y parvenir, elle commence à mieux prendre en compte les ressources et les problèmes liés à son unicité géohistorique millénaire mais aussi ceux prégnants dans son actualité. Elle tend à accompagner les coopérations compétitives, publiques et privées, d’informations et de formations approfondies. Son projet politique mise sur la négociation interne mais aussi externe et s’oppose généralement au recours à des moyens guerriers. Les expériences de certains États nationaux, en particulier au Sud et à l’Est de l’Europe, peuvent rendre inquiet quant aux chances de ce projet. En revanche, les protestations, intenses et répétées, contre la guerre en Irak et contre la conduite de cette guerre par les Américains, sont l’indice d’une culture politique véritablement européenne en mesure de porter un tel projet. Le facteur décisif pour la mise en place de cette Union politique est, en effet, la prise de conscience par les élites, mais aussi par les peuples, du fait que l’histoire européenne, en dépit ou à cause de ses difficultés, offre des possibilités d’anticipation pour le devenir du monde. Encore faut-il qu’elle les mette d’abord mieux en œuvre pour elle-même. D’où cette tension entre un projet politique transculturel qui uniformiserait, plus facilement, l’Europe comme puissance, et un projet politique multi et interculturel qui entend la sauvegarder comme diversité. Une telle perspective d’articulation de sa diversité par l’Europe, a été clairement présentée par le chercheur américain Jeremy Rifkin comme « rêve européen » pour le monde aussi.
Ainsi se dessinent les options permettant de penser l’unité dans la diversité en Europe comme projet authentiquement européen. Elles ont des implications différentes pour l’action pratique. Toutes, néanmoins, exigent l’apprentissage pratique d’un habitus politique transnational, en mesure non pas de remplacer les traditions nationales et locales, mais du moins de leur donner une forme commune. Sans doute les différences révélées par le pessimisme - où l’optimisme - des différents auteurs traduisent-elles le plus ou moins grand degré de difficulté d’un travail constituant à imaginer comment trouver l’unité dans la diversité.
Nous souhaitons poursuivre cette réflexion sur ces options et sur les voies pratiques qu’exige leur réalisation. Cette publication est un premier pas sur le long chemin de l’élucidation d’une question constitutive pour l’Europe : qu’estce qui fait le caractère à la fois général et particulier du citoyen européen, qui définit son identité politique et pourrait servir de base à la réussite d’une collectivité politique en Europe ? Le Bureau « Recherche » de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse a initié ce groupe. Les auteurs remercient l’ancien chef de ce Bureau 1) , Ewald Brass, ainsi que Ursula Stummeyer, pour leur soutien, leurs encouragements et pour leurs constantes interrogations critiques.