Une des manières de contribuer à une compréhension des cultures militaires françaises et allemandes peut consister à comparer la manière dont fonctionne, dans les deux sociétés, le phénomène de lautorité. On sait quaujourdhui la question de lautorité est une question à la mode. Beaucoup de discussions sur la société contemporaine ou de descriptions des maux de la société tournent autour du constat dun déficit dautorité ou de son déclin régulier, quon prenne pour exemple la famille, la religion ou lécole. Dans un tel contexte, on pourra aussi bien décrire les institutions comme victimes du processus que comme éventuel recours. Ainsi, on parlera du sport ou de la culture comme possibles sources de cohésion, donc dautorité, face à la crise du travail ou de la socialisation familiale. De la même manière, linstitution militaire peut être touchée par la crise dautorité ou symboliser la différence dans le déclin ou le rapport à lautorité dans les cultures françaises ou allemandes : on peut ainsi interpréter les réactions face au mode de commandement à la française et lInnere Führung. Mais elle peut aussi apparaître en même temps comme un recours possible de ré-institution de lautorité chez les individus qui y vivent ou y passent. On entend souvent les gens sétonner que tous ces jeunes qui sorganisent dans des bandes, parfois fortement hiérarchisées autour de lexercice de la menace ou de la violence, ne se dirigent pas vers larmée pour réaliser leur goût de lordre et de la puissance. A ce titre, on regrettera alors la fin de la conscription qui était un des modes dinstitution des jeunes hommes, cest-à-dire daccès à un statut dans la société, par lexpérience de vie dans une collectivité articulée par des valeurs fortes.
Sintéresser aux cultures militaires françaises et allemandes, cest essayer de comprendre la place occupée par ces cultures militaires dans lensemble plus vaste que constituent la culture française et la culture allemande. Cela signifie identifier des valeurs militaires en ce quelles sont communes à deux sociétés et montrer comment elles sinsèrent dans lensemble des valeurs de la société : partout, historiquement, les valeurs militaires parleront de courage, de sacrifice, dhonneur, mais au-delà de cette identité elles peuvent être subordonnées aux valeurs de la société dans son ensemble et tenir leur sens de la place quon leur accorde dans la défense de la société ou, au contraire, elles peuvent constituer un modèle pour la société qui est pensée sur le mode militaire de lobéissance, de la hiérarchie, de la discipline, etc. Ce serait la différence entre la France de la 3ème République et le 2ème Reich allemand. Aujourdhui, on assiste à une convergence, sous la forme dune place subordonnée du militaire dans les deux pays et une relativisation du corps de croyances traditionnelles des armées, articulé autour de la notion de sacrifice.
Cette évolution mêle des considérations de type technique (transformation des conflits, technologisation, rationalisation des organisations, construction politique européenne) et des considérations de type sociologique ou anthropologique qui évoquent plutôt des changements dans les systèmes de valeurs, donc dans la culture. Utiliser le terme de culture implique quon analyse des ensembles qui tiennent parce que ses membres obéissent, de façon spontanée, aux valeurs. Sur quoi se fonde une collectivité ? Sur des croyances communes, des valeurs. Comment se transmettent ces valeurs et quest-ce qui fait quon y obéit ? On évoque classiquement pour répondre à cette question la force ou la contrainte physique, la persuasion ou la puissance du raisonnement et lautorité ou la force des évidences admises.
La force ne peut fonder la cohésion parce quelle nest quun moment dans un processus : on peut imposer un ordre social par la contrainte physique, une occupation militaire par exemple, mais on est menacé par la moindre faiblesse dexercice de cette force. Pour durer, il faut que la contrainte physique se transforme en un ordre auquel les membres dune société puisse accorder une légitimité, soit par la transformation vue comme positive des lois du pays, soit par le maintien des traditions auxquelles les gens ont toujours cru.
La persuasion manque, elle aussi, de continuité et parfois de fondement. Elle nécessite des efforts permanents pour maintenir son effet puisquelle repose sur largumentation et la recherche de laccord. De plus, on nest pas toujours sûr que les arguments qui lemportent dans une discussion soient rationnels ou moraux, ils pourraient être de circonstance, dictés par lintérêt immédiat.
Jusquà une date récente, cest lautorité, cest-à-dire le pouvoir dobtenir lobéissance grâce au prestige accordé par les individus à un homme, un groupe ou une institution, qui paraissait le garant le plus solide de la cohésion sociale. Selon Max Weber, ce pouvoir dobtenir lobéissance repose sur trois sources aux caractéristiques distinctes, mais pouvant se combiner dans la réalité. Dabord, il y a la tradition, cest-à-dire lobéissance à ce qui sest toujours fait et qui renvoie au poids de lordre hiérarchique dans lequel le ou les dieux (ordre religieux) ou les ancêtres occupent le sommet, puis les princes (ordre politique), puis les chefs de famille (ordre domestique), chacun de ces ordres étant à limage de lautre. Il existe une fondation de la société, rappelée par diverses institutions, fondation par les dieux ou par les ancêtres, qui permet à chacun de sinscrire dans lordre social et qui assure la conformité des comportements par lobéissance aux principes de la société. Relèvent de la tradition dans les sociétés modernes, toutes les croyances qui se fondent sur lexistence dun ordre des choses ou dun corps de valeurs considérées comme incontestables, sur la puissance reconnue à une antériorité (la référence à lhistoire), sur la mobilisation dun patrimoine ou dun passé glorieux. Dans cette perspective, les individus sont surplombés par la tradition qui conditionnent leur existence en leur donnant des raisons de vivre ou de mourir et en leur indiquant comment bien vivre et comment bien mourir.
La deuxième source dautorité est celle qui vient du charisme. Le charisme est une qualité mystérieuse quon attribue à des individus à qui on obéit en raison de leur capacité à réaliser des choses extraordinaires. Ce peut être aussi bien un guérisseur, un saint, quun homme de guerre qui remporte des victoires ou un homme politique. Dans lhistoire, ce sont les grands fondateurs dempire ou de religion. Mais le charisme va aussi sappliquer à des individus porteurs des qualités de prestige dune profession : lindividu naccomplit pas nécessairement des choses extraordinaires, mais il représente une fonction ou une valeur à laquelle les individus attribuent une grande valeur et prestige. Selon les époques, le militaire, linstituteur, lhomme de justice ou le médecin exerçant leur activité bénéficient de ce prestige. Ce prestige vient de la tradition, cest-à-dire de la croyance quon doit obéir à ce qui nous dépasse et ce qui nous a précédé, la loi, le savoir, la patrie, etc. Mais, de plus, ils peuvent effectivement, par leur courage, leur abnégation, leur modestie, apparaître localement comme des équivalents du saint, du guérisseur du sauveur.
La dernière source dobéissance et dautorité est celle qui repose sur la croyance en la rationalité de règles impersonnelles fondées sur la légalité ou la compétence. Lautorité ne vient plus de la personne, comme dans le charisme, ou de la plus ou grande proximité aux ancêtres comme dans lordre traditionnel, mais de qualités attribuées par des qualifications comme les diplômes, les concours ou par la nécessité technique dune organisation du savoir ou du travail. On nobéit pas à son chef parce quon croit quil a des qualités supérieures ou parce quil représente le souvenir de la fondation de la société, mais parce quon pense quil a les qualifications pour cela ou parce que les règlements imposent quon le fasse et quon pense que ces règlements sont rationnels parce quutiles, par exemple.
Comme dit Max Weber, on voit bien que ce sont des types idéaux, car dans la réalité, les choses ont tendance à se mélanger : un énarque, le symbole même de lordre légal rationnel, peut se voir reconnaître des qualités spécifiques qui dépassent la simple définition technique ou académique. Mais ce qui caractérise ces différentes formes dautorité, cest quelle suppose quon croit à la tradition, au charisme, à la compétence.
Et ce qui caractérise la période présente, cest que cette croyance en lexistence de qualités spécifiques, de prestige, de grâce, tient de moins en moins face à la nécessité de fonder lobéissance sur la persuasion ou largumentation. Largument dautorité ne tient plus : être instituteur ne suffit plus pour être obéi et il faut toujours convaincre que lobéissance quon demande est méritée, que non seulement lordre ou linjonction est juste, mais que la personne elle-même mérite, par son comportement et pas seulement par ses compétences officielles, quon lui obéisse. Derrière tout rapport dautorité, doit se reconnaître un rapport de justice qui fait que les principes qui sappliquent à lun sappliquent aussi à lautre.
Ceci est le résultat du développement des valeurs modernes dégalité et dindividualisme qui récusent tout recours à lautorité ou à la hiérarchie au profit de largumentation qui est une forme de rapport égalitaire. Toute une partie de lhistoire depuis le 18ème siècle est celle de la mise en cause des abus dautorité, que ce soit celle du roi, de léglise ou des parents. Les années 1960 nont été que lachèvement de ce processus, en remettant en cause les institutions ou les valeurs qui avaient servi à combattre les "vieilles" autorités : le savoir, la raison, lécole par exemple, mais ont aussi approfondi les mises en cause concernant les rapports entre les sexes, les rapports au sein de la famille, etc.
Dans ce cadre, certaines sources de lautorité tiennent mieux que dautres. La compétence se défend mieux que la tradition, mais on voit bien comment, aujourdhui, existe une mise en question des experts : on doute que les experts sachent vraiment et on pense quils prennent des décisions sans en mesurer les conséquences ou quils mentent pour ne pas se déjuger (quon pense à Tchernobyl et à son traitement en France). La crise dautorité est une crise de confiance et, dans ces conditions, la compétence vaut parce quelle assure une place reconnue et une possibilité de mobilité sociale, des ressources économiques. Cest moins la personne compétente qui a de lautorité que la compétence comme moyen utile pour être quelquun. Et celui qui transmet la compétence vaut aussi par son utilité. Le charisme, qui passe alors des saints aux stars du sport ou de la musique, mais quon retrouve aussi dans toutes sortes de mouvements de renouveau religieux, est sans doute une source toujours puissante dautorité : en dehors des croyances en des qualités extraordinaires, on voit bien comment, aujourdhui, on demande aux gens dêtre exemplaires ou de payer de leur personne. Par exemple, si on prend le cas de linstitution qui semble la plus emblématique de la crise de lautorité, lEcole, on pourra dire que le professeur qui garde de lautorité est celui qui se dévoue, qui sengage, qui est exactement ce quil demande aux autres dêtre. Cest une forme un peu affadie et particulière du charisme, car ces exigences traduisent bien que la mesure nest pas le surnaturel, mais cest tout de même lindividu quon juge. Pour quil ait autorité aujourdhui, il faut quil y ait engagement personnel, utilité pour lindividu, preuve permanente que lautorité exigée est méritée, il faut quil y ait une soumission à la discussion.
Et larmée dans tout cela ? On peut mettre dun côté tout ce qui va dans le sens du déclin de lautorité et tout ce qui rend difficile les formes dexercice routinières de lautorité. Quon évoque la perte du prestige de luniforme, le déclin de lesprit de sacrifice, la technologisation des armées qui relativise lhéroïsme, le déclin du service national comme forme daccès universel à la citoyenneté, la remise en question des formes arbitraires dexpression de lautorité, comme lobéissance aveugle ou les brimades, la contractualisation du lien entre lindividu et linstitution, etc., voilà toutes sortes de forces contre lesquelles il semble difficile de revenir. Lautorité dans le cadre militaire doit saffronter à lidéal égalitaire, qui est aussi idéal de justice, et qui fait que chacun doit être traité de manière égale, que chacun, simples soldats et officiers, doit se comporter de la même façon face aux obligations. Mais cest aussi la valeur accordée à la persuasion et à largumentation qui fait quon ne peut rien accepter qui ne soit expliqué, légitimé selon un ordre de raison et selon des procédures reconnues et respectées. Larmée, pas plus que les autres institutions, ne peut être obéie de par la seule affirmation de ses principes. Et puis, bien entendu, il sagit aussi de la crise dautorité de larmée dans la société, de la place et de la manière dont elle loccupe : que donne-t-elle en échange de ce quelle coûte ou des contraintes quelle fait subir à ceux qui y appartiennent ? La fin du service national a évacué cette dernière question et, pendant quelque temps, la pacification apparente des relations internationales a paru faire de la première une évidence. Sans compter que, dans le cas français, larmée est aussi impliquée dans lhistoire de la guerre dAlgérie et quelle fait partie de ce passé qui ne passe pas comme on a pu le dire à propos de Vichy.
Comme réponse à ce déclin de lautorité de larmée, il y a la redéfinition de ses missions. On peut la voir comme lieu dacquisition de compétences professionnelles réinvestissables dans la vie civile : pour des postes de haute technicité, et faute davoir acquis à luniversité ces compétences, entrer dans larmée peut permettre cette mobilité sociale qui est une des garanties du respect de lautorité.
Il y a aussi larmée comme lieu dans lequel on peut faire des expériences et faire ses preuves personnelles par le risque encouru. On peut considérer, en effet, que sont intéressés par la vie militaire, au moins temporairement, des individus qui voient dans laventure collective, mettant en jeu son existence même, une manière de retrouver des repères que la vie sociale ne leur a pas donnés. Dans ce cas, larmée peut rester "classique", cest-à-dire fonctionner sur le principe de lobéissance au nom de la mission à accomplir. Si le contexte des dernières décennies pouvait faire penser que cette conception de larmée était devenue caduque par perte de la valeur de lengagement au sol et au corps à corps, les évènements récents (Bosnie, Kosovo et Afghanistan) redonnent une légitimité à ce type daventure. On apprend dailleurs que les conditions du combat rapproché moderne, de léquipement technologique à la nécessité davoir des soldats capables dune grande autonomie, tend à faire penser que lobéissance ne peut être aveugle, quelle suppose une distribution large de savoirs et de pouvoirs. Mais dans ce cas, si à lintérieur, on peut penser que ceux qui deviennent légionnaires ou marsouins savent ce qui les attend, cest à lextérieur quon pourra sinterroger pour savoir si elle est digne de confiance : larmée respecte-t-elle les critères de morale et dhumanité ? Cette autonomie tend-elle vers une forme darbitraire, de pouvoir de vie et de mort quon ne saurait pas contrôler ? Larmée se donne-t-elle les moyens de rendre à la vie civile des individus civilisés ? La réponse se tient-elle dans le fait que larmée est, dans ce nouveau contexte, définie par une autre mission, celle dagir comme moyen de réalisation des idéaux humanitaires, à travers la redéfinition de ses missions comme force dinterposition ou de rétablissement de la paix ?
Ce sont des questions quil conviendrait de travailler : de savoir jusquà quel point elle peut assurer cette fonction dacquisition de compétence ; de vérifier si les tâches humanitaires sont effectivement un élément de reconquête de prestige ; de vérifier aussi que les attentes de certains de vivre une expérience ou de faire leurs preuves sont susceptibles dêtre maîtrisée par linstitution, etc.
On peut revenir à ce point à la discussion sur "lInnere Führung" et plus largement sur différents points de comparaison entre la France et lAllemagne concernant aussi bien le sens de la hiérarchie, légalitarisme. A priori, la doctrine allemande du citoyen sous luniforme correspond parfaitement aux nouvelles exigences de lindividualisme contemporain : pas de distinction tranchée entre larmée et la société, reconnaissance des droits des soldats, existence de procédures de discussion. Sans doute aussi peut-on penser quil y a un moindre poids des grandes écoles, que les carrières, comme dans la comparaison entre entreprises françaises et entreprises allemandes, reconnaissent mieux le mérite que lancienneté, que les cadres sont moins nombreux, que les rapports sont plus de collaboration que de respect de la ligne hiérarchique, etc. Lanalyse des entreprises le montre, celle de lécole peut-être aussi et plus généralement la formation de lindividu : la Bildung allemande, ce long processus dappropriation par lindividu du savoir nécessaire pour devenir autonome est-il meilleur que linstitution de lindividu par le maître telle que lécole républicaine en a donné le modèle ? Ce nest pas, bien sûr, une question de supériorité mais plutôt dune comparaison dans les destins de ces modèles et dans ce qui fait quils nont pas empêché le déclin des valeurs morales comme dans le cas du nazisme ; quils peuvent jouer dans lélaboration dune autorité démocratique.
Car il nest pas question de jeter lautorité. Ce thème de lautorité est en relation avec dautres thèmes fondamentaux. Cest dabord celui de la confiance puisque dans la définition habituelle de lautorité, ce qui permet dobtenir lobéissance sans la contrainte physique, est la confiance, quelle quen soit la source, accordée à ceux qui détiennent lautorité. Que peut une société sans confiance ? Que serait une société de méfiance ? Et il faut bien avoir confiance en larmée puisquelle garantit la sécurité de la société, quon se place au niveau national ou européen, la sécurité étant aussi une des conditions du respect de lautorité, car lautorité est ce qui permet la prévisibilité des comportements dans les échanges sociaux. Mais on est toujours sur le fil du rasoir : certes, on doit mériter la confiance, mais peut-on imaginer que nexiste plus la confiance spontanée ? Cest donc aussi la question du rapport à autrui, car reconnaître une autorité, cest reconnaître le droit de lautre, quil soit un individu ou un collectif comme une culture, et donc de se référer à un horizon commun et cest ce qui permet de regarder lautre comme une fin et pas seulement comme un moyen. Mais cette autorité ne peut être que démocratique, cest-à-dire soumise aux obligations de largumentation et du respect de légalité.
De nouveau, en quoi larmée est-elle concernée ? Ce qui est passionnant dans lexpérience humaine, cest aussi son imprévisibilité et ce sont ces opportunités quelle fournit pour redéfinir des règles du jeu. Les évènements du 11 septembre ont donné lieu à de multiples commentaires mettant en évidence, notamment, limportance du sacrifice désintéressé et du sens du devoir collectif dans les sociétés valorisant légoïsme : les pompiers contre les traders comme le rappelait Francis Fukuyama qui, quelques années auparavant, annonçait la fin de lhistoire. Ils ont aussi mis en avant le fait quêtre confiant dans la puissance de ses institutions pouvait aller de paire avec une instrumentalisation du monde et une incapacité même à voir que le monde existe en dehors de soi. Ils ont aussi fait voir, comme auparavant les événements de Yougoslavie, que la politique de force, et donc dun usage légitime de la force, a toujours un sens quand on veut défendre les fonctionnements démocratiques ou définir un espace démocratique. Peut-on con-sidérer que cette conjoncture va permettre de reposer le rôle de la force par les sociétés démocratiques dans des conflits ? Remettre en avant la question dune politique étrangère et dune défense européenne, donc dune armée européenne ? Dans un tel contexte, se retrouve-t-elle cette tension entre les nécessités de largu-mentation et de la persuasion rationnelle qui définit la démocratie et lengagement spontanée en faveur dune cause et de valeurs qui ne peuvent être que spécifiques ? Il y a suffisamment, aujourdhui, de crises de lautorité pour quon puisse espérer quon se décide à les affronter. Cest au moins un pari quon peut faire.