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Comment l’idée de La Place vous est-elle venue ?

 Je ne suis pas directement à l’origine de ce projet. Il était déjà en réflexion par la Ville de Paris depuis quelques années. Les nouvelles Halles ont été choisies pour accueillir des nouveaux et anciens publics, avec notamment un espace pour la jeunesse. La Place est née d’une reconnaissance culturelle du mouvement hip-hop, pourtant déjà ancré depuis une trentaine d’années dans la culture populaire. Le hip-hop a donc son adresse à Paris depuis 2016, un lieu qui lui est entièrement dédié. Et c’est d’ailleurs le seul endroit du monde consacré à la culture urbaine sous ce format et avec ces dimensions. 

Pourquoi avoir dédié un centre à la jeunesse et au streetart en plein centre de Paris ?

 Les Halles ont toujours été un carrefour pour la jeunesse. C’était l’endroit le plus facilement accessible des quatre coins de Paris pour se rencontrer : pour aller au cinéma, au fastfood, pour acheter des disques, des vêtements. De plus, sur la Place Carré, devant les Halles, il y a toujours eu des danseurs : des rencontres de cultures urbaines et de hip-hop y avaient lieu bien avant l’ouverture de La Place. C’était donc une évidence d’implanter le centre à cet endroit qui était considéré comme le prolongement historique des habitudes des personnes qui fréquentaient auparavant le quartier.

En 2017, vous avez accueilli à la Place deux projets de danse soutenus par l’OFAJ. L’un était franco-allemand, l’autre trinational avec l’Algérie. Comment ces deux projets se sont-ils déroulés ?

Très bien. On était en pleine ouverture de La Place quand le projet nous a été présenté par Olivier Debienne. Il correspondait à nos valeurs et à nos attentes, notamment pour sa dimension internationale. Les deux échanges intégraient tout ce qu’on aime : des rencontres, la découverte d’autres langues, le partage d’une passion commune, le travail en équipe…

 

Et le résultat sous forme de chorégraphie était super ! Pendant une semaine, c’était très animé, très intéressant en termes d’échanges artistiques mais aussi sur le plan humain. Bien sûr, de tels projets représentent beaucoup de travail et de sueur. C’est intense. Mais finalement, quand les jeunes sont là, c’est un plaisir.

En quoi la danse et plus précisément le hiphop peuvent-ils contribuer au rapprochement entre les peuples ?

La danse apporte un maximum de bénéfices. Avec elle, on s’exprime à partir de ce que l’on est, de qui on est. Elle est un vecteur d’échange par excellence. Un danseur hip-hop se construit dans les échanges, dans les confrontations, dans les battles. C’est un enrichissement artistique et culturel car on partage non seulement la même passion mais on échange aussi quelques mots, parfois dans une langue que l’on ne connaissait pas très bien avant. Quand on se déplace dans un pays étranger, on apprend toujours des choses : les bénéfices sont nombreux parce que cela amène toujours les danseurs vers la nouveauté et vers l’autre.