Attention : cette page n'a pas été mise à jour depuis plus de 6 mois. Les informations ne sont plus actuelles.

Le contexte historique

Une conférence internationale sur la jeunesse s’est tenue du 26 juin au 03 juillet 2014 à Sarajevo, dans le cadre des commémorations du centenaire de la Première Guerre. Sarajevo est considérée par les historiens comme l’épicentre depuis lequel s’est déclenché le premier conflit mondial, lorsque le 28 juin l’héritier du trône de l’empire austro-hongrois, l’archiduc François-Ferdinand de Habsbourg-Este, fut assassiné par le militant nationaliste Gavrilo Principe. Cet assassinat précipita les États d’Europe, liés par des mécanismes d’alliance, dans une guerre dont le caractère brutal et généralisé marquera le 20ème siècle de son sceau.

Organisateurs

Cette conférence co-organisée par l’association KULT, l’ambassade d’Allemagne et l’Office franco-allemand pour la Jeunesse s’est donnée pour cadre de réflexion le rôle de la jeunesse dans l’Europe d’aujourd’hui. À cette fin plus de 100 jeunes participants d’Europe et des États-Unis se sont réunis pendant une semaine pour participer aux commémorations et réfléchir sur la situation politique en Europe et dans les Balkans. Il y a 20 ans encore la région était secouée par une guerre, dont les convulsions relèvent indirectement des conséquences de la Première Guerre mondiale-

Sarajevo

La guerre en Bosnie-Herzégovine est tel un souvenir présent. Des traces d’obus percluent aujourd’hui encore certains bâtiments de la capitale, Sarajevo, ville riche d’histoire et de culture. L’héritage architectural légué par l’empire ottoman y côtoie les monuments érigés sous l’empire austro-hongrois. Aux chants des muezzins appelant les fidèles à la prière, répondent le tintement des cloches d’église. Surnommée par beaucoup la « Jérusalem des Balkans », les religions se croisent et se mêlent dans le creuset que forme ce carrefour des cultures que l’on retrouve de part et d’autre des rives du Bosphore. Une rencontre est propice à l’échange et au dialogue, c’est pourquoi des jeunes gens issus principalement d’Europe et des Balkans ont réfléchi ensemble sur l’histoire mouvementée de la région, pour déterminer, peut-être, ce à quoi devrait ressembler le futur de l’Europe.

Le rôle de l’OFAJ

La participation de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse en tant que co-organisatrice de cet événement est en cela exemplaire : les deux guerres mondiales se sont polarisées autour de l’antagonisme entre les deux pays. Des générations de Français et d’Allemands ont véhiculé tour à tour des préjugés sur l’autre. La création de l’OFAJ en 1963 a scellé une dynamique amorcée par la création de ce que sera plus tard l’Union européenne et rapprocher les sociétés civiles allemandes et françaises en permettant à plus de 8 millions de jeunes d’effectuer des échanges dans le pays voisin. Aujourd’hui la coopération franco-allemande fait figure d’exemple et il n’existe nulle part ailleurs un tel degré d’interpénétration tant au niveau sociétal que politique, quand bien même ces deux pays se percevaient il y a peu encore comme des ennemis « héréditaires ».

La jeunesse

Pourquoi la jeunesse ? Si ce n’est parce qu’elle est symbolise l’avenir et peut, plus que toute autre génération, s’affranchir du passé. Certains participants sont nés dans ce qui était alors appelé la Yougoslavie. De fait, leur histoire s’est trouvée bouleversée par l’irruption de la guerre, qui n’a pas seulement morcelé la région mais aussi déchiré familles et communautés entières. Il n’est donc pas surprenant qu’au centre de ces commémorations et de cette conférence se tenait une réflexion sur la paix. Or, contrairement à ce que l’on pense, la paix n’est pas un concept galvaudé. Des ateliers qui ont été organisées pendant toute la semaine, il a résulté que la paix était pour la jeune génération bien plus qu’un simple mot, mais une revendication politique et sociale. Elle ne parcourt pas seulement les pays, mais les couches de la société, l’économie et aussi les générations entre elles.

Appel à la création de l’Office européen pour la Jeunesse

Un constat s’impose : à l’aune de la précarisation de la jeunesse où le chômage culmine chez les jeunes à plus de 50% dans certains pays de l’Union européenne et d’une monté inquiétante de l’abstentionnisme qui se couple par un essor de partis nationalistes tant au niveau national européen, les participants de la conférence « jeune Europe » (Mlada Europa) ont appelé à la création d’un Office européen pour la Jeunesse.

Cette création répondrait aux besoins concrets de prêter à la jeunesse européenne une voix et un visage qui puissent défendre leurs intérêts, tout en assurant leur mobilité en Europe. Son rôle serait donc d’encourager les échanges entre les sociétés civiles des différents pays de l’Europe en assurant, selon un principe de subsidiarité, le soutien financier et logistique de programmes pédagogiques, sportifs et civiques.

Voici quelques caractéristiques que cet office devraient avoir :

1) Cet office doit être la traduction d’une politique européenne cohérente et unie qui non seulement puisse parler aux jeunes, mais aussi les impliquer dans le débat démocratique.

2) Que les programmes existants pour les jeunes soient rassemblés et structurés sous un seul et même organisme.

3) Que cet office possède un organe exécutif avec, à sa tête, un secrétaire général qui s’assure de l’exécution des directives préalablement établies par un conseil d’administration.

4) L’Office européen pour la Jeunesse doit être un organe dépendant directement de l’Union européenne et dont le financement découle du budget de l’UE.

5) Cet office devra avoir des représentations régionales (ex. : Balkan, Baltique etc.) en charge de l’exécution des projets avec des organisations partenaires, selon un principe de subsidiarité, afin de favoriser les échanges entre les pays et renforcer les sociétés civiles.

6) Enfin, que l’Office européen pour la Jeunesse soit en charge d’élaborer une plateforme numérique mettant à disposition aux citoyens de différents pays, des outils pédagogique qui renforcent les pratiques démocratiques.

L’Office européen pour la Jeunesse ne se veut donc en aucun cas être une énième institution au niveau européen. Il doit au contraire inclure et rationaliser les programmes d’ores et déjà financé par l’Union européenne dans ce qui serait la référence de la politique européenne pour la jeunesse. Une politique financée et pilotée par l’Union européenne, mais mise en œuvre par ses représentations régionales. Pour la jeunesse d’Europe, le futur est synonyme d’une plus grande intégration européenne, car l’Europe, nous le savons, c’est la paix.

par Benjamin Kurc, Jeune Ambassadeur OFAJ à Berlin