Contexte

Par son travail, le groupe de recherche interdisciplinaire « Transmed ! Pensée méditerranéenne et conscience européenne » a réagi aux crises politiques en Europe, au « printemps arabe » et à d’autres crises du monde méditerranéen, qui représentent un défi pour l’Europe et les perspectives d’avenir du continent européen.

Ces crises sont parfois si profondes qu’elles ne peuvent être traitées avec les seuls instruments de politique financière ou économique. À Athènes comme à Istanbul, à Tunis comme dans le sud de l’Italie se posent la question fondamentale de l’état de l’Europe et celle de la responsabilité et de l’orientation de sa politique, face aux mutations de la société, aux mouvements de migration et à la misère sociale.

Dans ce contexte, il est clair que la conscience européenne n’est plus suffisamment justifiée, notamment avec l’effacement du souvenir des 2 guerres mondiales et avec le rapprochement principalement économique des pays de l’Europe.

e n’est plus suffisamment justifiée, notamment avec l’effacement du souvenir des deux guerres mondiales et avec le rapprochement principalement économique des pays de l’Europe. 

Objectifs

Dans le travail commun avec les partenaires locaux issus de la recherche et de la société civile, les chercheuses ou les chercheurs ont plaidé pour un changement de perspective : il s’agissait d’envisager autrement l’Europe et de la penser par le sud au lieu de considérer celui-ci comme un problème.

Grâce à un nouveau regard sur la Méditerranée comme forme symbolique avec un arrière-plan social et historique complexe, des bases de pensée et d’action novatrices ont été posées et ont permis d’ouvrir de nouvelles perspectives.

Questions de recherche

Partant de la nécessité de penser différemment la Méditerranée, le groupe de recherche a essayé de décrire cette pensée et de la caractériser sous un angle politico-historique et dans la perspective d’un diagnostic de notre époque.

Pour ce faire, les questions de recherche suivantes ont été abordées :

  • dans quelle mesure la Méditerranée peut-elle contribuer au renouvellement de la conscience européenne ?
  • dans ce contexte, à quelles traditions et projets historiques du sud peut-on se référer en philosophie, en littérature et en arts ?

Méthodologie et procédure

Le groupe de recherche a organisé partout en Europe des réunions de travail ainsi que des colloques, des tables rondes et des débats publics, notamment à Berlin, Marseille, Naples, Paris, Lisbonne et Athènes.

Les discussions des groupes ont été consacrées à différentes séries de thèmes : des échanges autour de « la politique et l’esthétique » ou la « dimension de la conscience méditerranéenne » étaient à l’ordre du jour, de même que des sessions sur les « défis de la politique culturelle et de la jeunesse » ou les questions relatives à la société civile ou à l’éducation civique.

Le symposium final du groupe de recherche « Transmed ! Pensée méditerranéenne et conscience européenne » s’est tenu à l’institut Goethe d’Athènes du 13 au 16 mai 2015.

Publications

Deux recueils présentent les résultats de ce projet radical du point de vue de son caractère transversal et de son ouverture. 

L’anthologie littéraire « Leeres Zentrum. Das Mittelmeer und die europäische Moderne » (« Centre vide. La Méditerranée et le moderne européen ») reconstruit l’arrière-plan historico-culturel de la problématique. 

Le volume « Fluchtpunkt. Das Mittelmeer und die europäische Krise » (« Point de fuite. La Méditerranée et la crise européenne ») présente les mutations actuelles dans leur justification historique et leur urgence politique. 

Ces deux publications plaident en faveur d’une politique, qui, de manière critique, place la reconnaissance de l’humain au centre de l’action politique et qui prend conscience de l’importance de la réflexion culturelle dans l’organisation du vivre ensemble en société. 

Rencontre finale publique

À l’occasion de la publication du recueil « « Fluchtpunkt », une journée d’étude sera organisée à l’automne 2017 au Centre Marc Bloch, à laquelle s’ajoutera une lecture publique avec une table ronde au Deutsches Theater Berlin. 

Membres du groupe de recherche

  • Azmi Ashour (sciences politiques, Caire)
  • Raffaele Carbone (philosophie, Naples)
  • Hanno Ehrlicher (littératures romane, Heidelberg)
  • Gunter Gebauer (philosophie, Berlin)
  • Franck Hofmann (littérature comparée, Berlin)
  • Mohamed Kerrou (sociologie, Tunis)
  • Nora Lafi (histoire arabe, Berlin/Paris)
  • Yann Lafon (littératures romane, Hambourg/Berlin)
  • Nazan Maksudyan (histoire, Istanbul)
  • Markus Messling (littératures romane, Potsdam)
  • Tanja Michalsky (histoire de l’art, Berlin)
  • Sarga Moussa (littérature française, Lyon)
  • Diogo Sardinha (philosophie, Paris)