1.    Les effets positifs de la mobilité internationale ne sont plus remis en question aujourd’hui mais comment convaincriez-vous un jeune de tenter l’expérience ?

La jeunesse est le temps des expériences. Elles sont fondamentales dans l’affirmation d’une personnalité, la construction d’une trajectoire et d’un projet de vie. La mobilité internationale est une source d’inspiration pour un jeune, quel que soit son parcours ou son profil. Qu’elle soit individuelle ou collective, la mobilité, c’est d’abord la rencontre avec l’altérité, avec une autre langue, avec une autre culture, avec d’autres pratiques.

De ce point de vue, la mobilité c’est aller au-delà de son horizon, c’est ouvrir le champ des possibles et des choix de vie.

2.    Un nombre significatif de jeunes profite déjà des nombreuses opportunités d’échanges internationaux. Or, nous sommes encore loin de les toucher tous. Justement, comment rendre cette offre de mobilité accessible à TOUS les jeunes ? Cet objectif est de plus en plus souvent formulé par des acteurs de la politique de jeunesse mais est-il réaliste ?

L’objectif est ambitieux mais il est essentiel. En effet, la rencontre des jeunes, c’est la promesse de rapprocher les Etats et les sociétés. Regardez le chemin parcouru en 30 ans dans l’enseignement supérieur avec le programme Erasmus.

En septembre dernier, dans son discours de la Sorbonne, le Président de la République a indiqué qu’en 2024, la moitié d’une classe d’âge aurait passé, avant ses 25 ans, au moins six mois dans un autre pays européen.

Cela suppose de développer fortement les institutions et les programmes qui existent, mais cela suppose aussi un changement de culture. La mobilité des jeunes –lycéens, apprentis, étudiants…- doit devenir un réflexe pour toutes celles et ceux qui les encadrent et les accompagnent dans leur parcours. C’est un enjeu important côté éducation nationale, notamment au lycée.

Une évolution prochaine très importante est celle de nos lycées professionnels. Nous voulons avec nos partenaires allemands les moderniser sous la forme de grands campus professionnels où la mobilité internationale sera importante. Nous aurons dans le futur plus de lycéens professionnels ou d’apprentis de chacun des deux pays en formation dans le pays voisin.

3.    Avec Franziska Giffey, vous co-présidez le Conseil d’administration de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse. Que représente pour vous cette institution ?

Ce qui me semble le plus singulier c’est la capacité de l’OFAJ à assumer la mission historique, qui lui a été confiée en 1963, tout en se tournant constamment vers l’avenir. Il y a bien sûr une dimension historique puisque l’OFAJ est une des institutions qui témoignent quotidiennement de la réconciliation franco-allemande, engagée au lendemain de la guerre et qui a abouti au traité de l’Elysée. Mais il y a surtout la capacité à s’adresser aux jeunesses des deux pays, et au-delà, avec des formats, des objets ou encore des enjeux qui rencontrent leurs pratiques et leurs aspirations et qui les amènent à s’ouvrir, à s’enrichir du regard des autres. Je l’ai ressenti vivement cette année en participant à Paris à une rencontre de jeunes sourds allemands, français et polonais.

 4.    Le 5 juillet 1963, l’OFAJ a été fondé conformément aux dispositions prévues par le traité de l’Elysée. Qu’auriez-vous envie de souhaiter à l’OFAJ pour les 55 prochaines années ?

Mon souhait est que l’OFAJ traverse tout le XXIème siècle en se situant à la pointe des évolutions positives de nos deux systèmes éducatifs pour contribuer toujours plus à l’amitié franco-allemande et à la fécondité de l’esprit européen.

Franziska Giffey,  ministre fédérale allemande de la Famille, des Personnes âgées, des Femmes et de la Jeunesse  et coprésidente avec Jean-Michel Blanquer du Conseil d'adminstration de l'OFAJ s'adressera prochainement à son tour aux lectrices et lecteurs de notre newsletter.

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