Le festival Séries Mania aura lieu à Lille du 18 au 25 mars. Depuis l’année dernière, le festival, l’OFAJ ainsi que ses partenaires, le CEMEA, la région Hauts-de-France et Arbeit und Leben proposent une rencontre de découverte du monde des séries aux élèves de l’enseignement professionnel de France et d’Allemagne. Qu'est-ce qui attend les jeunes lors de ce festival ?

Laurence Herszberg : Beaucoup de choses, à commencer par une très belle sélection de séries ! Cette année, le festival accueille en compétition 58 séries venant de 21 pays différents. Nous avons le plaisir de présenter « Funeral for a Dog » et « Sunshine Eyes », deux séries allemandes sélectionnées en Panorama.

Les jeunes pourront découvrir en avant-première mondiale des créations inédites en prise avec les enjeux contemporains, tels que le féminisme, le genre, l’écologie, la politique ou encore la santé, mais aussi assister à des rencontres avec des personnalités invitées au festival.

Outre les projections, le festival offre la possibilité de vivre les séries autrement à travers des animations, des décors immersifs, des expositions et des ateliers pédagogiques proposés au sein du Village Festival by Crédit Mutuel.

Après une rencontre à Paris et un événement en ligne, le projet européen Cultures d'Avenir s'achève ce mois-ci avec la troisième et dernière étape à Barcelone. Comment les jeunes ont-ils pu se servir de ce nouveau réseau ?

Bernd Scherer : Tout d'abord, j’ai moi-même hâte d’entendre les avis des étudiantes et étudiants lors de la cérémonie de clôture. Après les ateliers que nous avons organisés avec le Centre Pompidou à la Haus der Kulturen der Welt (HKW), nous avons eu des retours positifs concernant le choix des thématiques ainsi que des intervenantes et intervenants. Cela suggère que les réseaux d'institutions culturelles traitent de thèmes et de problématiques contemporains d'une manière qui parle aux étudiantes et étudiants. Les réflexions et le travail transnationaux constituent certainement aussi un atout pour de nombreux participantes et participants, car les grandes problématiques de notre époque, comme les défis écologiques et les questions d’inégalités sociales, ne se limitent pas à un seul pays. J’espère que notre projet pourra contribuer à élargir quelque peu le champ de vision des étudiantes et étudiants. Par ailleurs, je remercie chaleureusement les étudiantes et étudiants qui, dans les institutions, nous permettent de participer à leur travail sur des sujets qui les touchent personnellement, mais qui définissent et façonnent également la vie en société. À mes yeux, il est important que les institutions culturelles, tels que les établissements d’enseignement supérieur dont sont issus les participantes et les participants, se considèrent comme des soutiens des étudiantes et étudiants, car leur travail est essentiel aux sociétés futures.

Le festival et l’OFAJ viennent de signer un partenariat triennal. Quelles sont vos attentes pour cette coopération ?

Laurence Herszberg : Séries Mania est très fier de ce partenariat avec l’OFAJ ! L’un des objectifs du festival est de renforcer les dispositifs permettant aux publics européens, en particulier aux jeunes, de participer à l’événement et de vivre l’expérience Séries Mania à Lille. Nous sommes très heureux d’accueillir des élèves de l’enseignement professionnel d’Allemagne et de France. Une immersion de plusieurs jours sur un festival constitue une formidable opportunité pour favoriser la rencontre entre jeunes de différentes nationalités et de différents milieux sociaux. Les séries disent le monde. Aussi, je suis persuadée que leur visionnage donnera lieu à de passionnants débats entre allemands et français.

Nous souhaitons, à travers ce partenariat, renforcer l’offre proposée aux jeunes européens lors du festival, mais aussi enrichir les liens culturels entre l’Allemagne et la France par le biais de programmes qui mobilisent les jeunesses des deux pays.

Quel est l’objectif de cette coopération internationale pour la HKW?

Bernd Scherer : Nous devons comprendre l’Europe du point de vue des jeunes afin de pouvoir la remodeler. C’est pourquoi je m’attends tout d’abord à un effet didactique pour la HKW. Je suis très curieux de savoir ce que les participantes et participants feront à l’avenir. En outre, à une époque où le caractère pacifique et équitable de la vie en société semble substantiellement menacé, on remarque que la mise en relation de la connaissance située provenant d’institutions culturelles de différents pays, en Europe, mais aussi au-delà, peut contribuer à faire émerger de nouveaux concepts de dialogue, de compréhension et d’empathie. C’est pourquoi je me réjouis des liens approfondis entre la HKW, le Centre Pompidou et le Centre de culture contemporaine de Barcelone, grâce à l’échange de connaissances et à la coopération pratique. Le projet a permis de créer des liens plus durables. Cette coopération est possible grâce à l’OFAJ, ce qui nous motive fortement à trouver, avec les étudiantes et étudiants, de nouvelles manières d’utiliser les ressources des institutions de manière judicieuse et moderne.

Quel rôle peut ou doit jouer la culture pour la jeunesse pendant et après la pandémie ?

Laurence Herszberg : La culture a un rôle essentiel à jouer auprès des jeunes, en particulier dans la période d’instabilité politique mondiale que nous connaissons. Elle représente un formidable vecteur d’évasion, de découverte et de voyage permettant aux jeunes d’élargir leurs horizons et de mieux comprendre le monde qui les entoure.

En ce qui concerne Séries Mania, le festival s’attache précisément à sélectionner des séries qui regardent le monde et offrent un reflet de ce dialogue permanent entre la culture et la société.

Quel rôle peut ou doit jouer la culture pour la jeunesse pendant et après la pandémie ?

Bernd Scherer : Pendant la pandémie, des paramètres importants ont changé : la production culturelle est devenue principalement numérique, et les techniques de communication numérique génèrent une nouvelle perception de la proximité et de la distance. Bien sûr, au niveau du contenu, il est urgent que les artistes se penchent de manière créative sur ces nouvelles structures. En tant que « maison de la recherche contemporaine », soutenir ces actions constitue un aspect essentiel de notre travail. Aujourd’hui, nous assistons à une guerre sans précédent en Ukraine, qui nous oblige à réfléchir de manière critique à la portée de l’art et de la culture et à leurs rôles dans la société. Ce n’est pas une tâche facile et j’espère sincèrement que les nouveaux réseaux aideront les étudiantes et étudiants à faire des propositions pour un meilleur avenir et, surtout, à penser la solidarité à l’échelle internationale.