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Ils se promènent dans les rues du 13ème arrondissement munis de leurs appareils photos et s’émerveillent devant les nombreuses peintures murales qui décorent les façades des immeubles de la rue Nationale. Ils sont Français, Allemands et Albanais. Ils viennent de Gennevilliers, Marseille, Hambourg, Francfort, Tirana et même du Kosovo.
Tous se sont rencontrés pour la première fois au cours de ce mois de septembre 2016 à Gennevilliers, dans la banlieue parisienne. Leur langue commune, c’est le Street Art : graffiti, pochoir, calligraphie, peinture. Chacun est venu à la rencontre de l’autre avec ses propres outils, son art, sa propre culture et sa propre histoire, mais avec un but commun : peindre un mur.

« Street Talk » est un projet initié par la Jeune Ambassadrice Eléonore Garnier et rassemble en tout 24 jeunes de France, d’Allemagne, d’Albanie et du Kosovo, qui se rencontreront 3 fois au cours de l’année à venir. Il s’agit également majoritairement de jeunes avec moins d’opportunités, issus de banlieue ou de pays moins développés. En organisant ce projet, l’intention principale d’Eléonore fut de donner à ces jeunes une première chance de voyager. « Moi-même j’ai commencé à voyager et à m’ouvrir à l’Europe et au monde grâce à l’OFAJ en participant à leur BarCamp à Berlin en 2013, puis en m’engageant au sein du Volontariat Franco-Allemand. C’est cette même chance et ce même « déclic » de la rencontre interculturelle que je souhaite maintenant partager, toujours grâce à l’OFAJ »

Tous ces jeunes se sont rencontrés pour parler de leur vie et de l’Europe, de parler des murs qu’ils peignent mais aussi des murs auxquels ils font face dans la vie de tous les jours : que ce soit le fait d’habiter en banlieue d’une grande ville ou en marge de l’Union Européenne, beaucoup font toujours face à des murs invisibles qui les empêchent souvent de se rencontrer, de bouger, de voyager, de s’épanouir.

Après une semaine de rencontres, de discussions, d’ateliers artistiques et linguistiques, tous se sont regroupés près de la mairie de Gennevilliers pour peindre leur premier mur, qui fut en réalité 4 murs ! Un premier mur a été pris d’assaut par Pia, de Francfort et Maïté, de Lille.

Leur mur représente une foule de personnes qui grimpent vers la ville, une fresque qui joue avec le relief du mur et qui représente la crise des migrants qui touche l’Europe et les Balkans. Sur les autres murs, chacun a laissé libre court à son expression artistique, tout en travaillant tous ensemble : « Passe-moi le pochoir ! » « Il te reste pas du noir ? » « J’ai besoin de plus de bleu, je vais faire le logo de l’OFAJ dans le coin. »

Eléonore n’avait alors même plus besoin d’encadrer la rencontre et en a profité pour faire quelques photos de cette énergie incroyable. « Quelques voisins mécontents nous ont lancé des œufs et des tomates du haut de l’immeuble d’à côté mais rien n’a pu les arrêter de peindre, l’ambiance était géniale », explique Eléonore.

 « A côté de ça, énormément de gens sont venus nous voir pour féliciter les jeunes et échanger avec eux. Un Albanais du groupe a même conclut un rendez-vous avec une maman du quartier pour qu’il fasse le portrait de ses trois enfants le lendemain avant qu’il ne reparte pour Tirana.»

Pour le dernier mur des 4 murs, le groupe a choisi de le laisser à ASU et Tak, deux artistes confirmés du groupe, venant respectivement de Marseille et de Pristina au Kosovo. ASU travaille la calligraphie à la peinture et Tak joue sur les perspectives avec des formes géométriques réalisées à la bombe.

Leurs deux œuvres se rejoignent sur une même façade du mur où leurs deux styles, très différents, se rejoignent. « Libre à chacun d’interpréter cette œuvre comme il le souhaite. Pour moi, cela représente la rencontre interculturelle dans sa plus belle forme esthétique ! »

Le groupe se rencontrera à nouveau en décembre à Tirana et début 2017 à Berlin pour peindre un mur dans chaque ville.

Rédaction en français : Eléonore / Traduction vers l’allemand : Nora