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Présenté au début du mois de mars, la réforme du collège ne fait toujours pas l'unanimité. Parmi les points de discorde figure la question de l'enseignement de l'allemand. La langue ne sera pas supprimée, mais les classes bilangues, qui permettent d'apprendre deux langues dès la 6e, sont sur la sellette. Pour Béatrice Angrand et Markus Ingenlath, secrétaires généraux de l'OFAJ, l'apprentissage de l'allemand est indispensable.

Après des semaines de débat sur la réforme du collège, les fronts se durcissent : certains voudraient faire rimer allemand avec élitisme, tandis que d’autres conjuguent égalitarisme et nivellement par le bas.

Secrétaires généraux de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ), nous souhaitons ici sortir des caricatures et tout simplement rappeler pourquoi il est important d’apprendre l’allemand.

1. Apprendre l’allemand pour assurer son avenir

L’Allemagne est le premier partenaire commercial de la France. En 2014, le commerce franco-allemand représentait 169,4 milliards d’euros et les entreprises allemandes ont créé 3.087 emplois en France. Toutefois on estime à 2.000 le nombre de postes vacants, tous secteurs confondus, faute de compétences linguistiques suffisantes en allemand chez les candidats.

Alors que notre pays affiche un taux de chômage préoccupant, notamment chez les jeunes, n’y a-t-il pas là un paradoxe ?

Gageons que la demande sociale très souvent avancée pour expliquer la suprématie de l’anglais dans nos classes pourrait changer. En effet, tout parent souhaite que son enfant trouve du travail une fois ses études ou sa formation terminées. Savoir que le manque de main d’œuvre est estimé à 200.000 personnes par an en Allemagne et que la tendance s’aggravera à l’horizon 2020 pourrait avoir une incidence sur cette demande.

2. Apprendre l’allemand pour renforcer sa culture et accéder au monde

Première langue parlée en Europe, l’allemand donne accès à une structure de pensée, une vision du monde. Si on fait fructifier ces références culturelles en complémentarité, en synthèse avec celles de la France, on acquiert des clés essentielles pour affronter la complexité du monde. Pour renforcer le fondement de l’Europe, nous avons besoin de citoyens disposant de ces capacités de synthèse entre deux univers.

Par ailleurs, on a beau jeu de dire souvent que l’allemand est une langue difficile qui n’intéresse plus personne. Il suffit de constater la mobilisation que la suppression des classes bilangues entraîne de part et d’autre du Rhin pour comprendre, quoi qu’on en dise, l’attachement de nos sociétés à la relation franco-allemande.

Quant aux échanges scolaires conçus grâce à l’inlassable engagement des enseignants, ils contribuent à rendre la langue plus accessible et constituent une motivation forte pour les élèves qui se réjouissent de pouvoir parler avec de nouveaux amis.

3. Apprendre l’allemand pour construire l’Europe

Que deviendra l’Europe si Français et Allemands ne se comprennent plus ? La construction européenne s’est faite et continuera de se faire si le couple franco-allemand est fort. Mais pour que ce couple soit fort il faut qu’il s’entende, c’est-à-dire qu’il ait les moyens de se connaître et de se comprendre. Et ceci passe nécessairement par l’apprentissage de la langue.

Apprendre l’allemand c’est, en définitive, un atout pour l’avenir, un avantage pour trouver un emploi et une garantie pour la construction européenne.

 

Béatrice Angrand et Markus Ingenlath

Secrétaires généraux de l’Office franco-allemand pour la Jeunesse (OFAJ)


Cette tribune est paru dans Le Plus le 13 mai 2015