Films à voir en France prochaînement
 

Arte-TV: Nombreux dossiers et infos diverses sur le cinéma allemand
 

Le "Deutsches Filminstitut" (l'Institut du film allemand)
 

Le site web de la Berlinale
 
 
 

 
 
DOSSIER : LES GRANDES PÉRIODES DU CINÉMA ALLEMAND

En décembre dernier, l'OFAJ a lancé avec TV5, pour la première fois partenaire officiel du Festival international du Film de Berlin, et en coopération avec le Festival International du Film de Berlin, l'idée d'un prix du jury « Dialogue en perspective ». Ce prix a été décerné, pour la première fois, le 14 février au film "Flammend Herz" par un jury composé de sept jeunes Français et Allemands, âgés de 18 à 29 ans et présidé par Albert Wiederspiel du Hamburger Filmfest.

A cette occasion, nous vous présentons un dossier sur le cinéma allemand qui n'a pas l'ambition de dresser un portrait détaillé du septième art en Allemagne, mais entend simplement en évoquer les périodes phare. Comme toujours, le choix des films n'a rien d'exhaustif et reste purement subjectif.




1920-1933 : L’ÂGE D’OR DU CINÉMA ALLEMAND


Le plus grand cinéma du monde

       La première république allemande, la République de Weimar, débute en novembre 1918 et prend fin en 1933, l’année où Hitler accède au pouvoir. Pendant cette courte période, le cinéma allemand compte parmi les plus grands cinémas du monde et produit de très grandes œuvres. C’est, on peut le dire, par l’entremise de son cinéma que l’Allemagne, exclue après la guerre, va être redécouverte par le reste du monde.
Le cinéma allemand des années vingt est un cinéma d’avant-garde d’une richesse extraordinaire, qui ouvre des voies, métamorphose de vieilles thématiques et rejoint entre autres le courant esthétique expressionniste.

  haut de page
   

L’écran démoniaque

       C’est à cette époque que des réalisateurs comme Robert Wiene, Ernst Lubitsch, Fritz Lang, Friedrich-Wilhelm Murnau, Carl Mayer et G. W. Pabst inventent l'âge d'or du cinéma allemand. C’est selon Lotte Eisner, célèbre historienne du cinéma, la période de « l'écran démoniaque ». Les cinéastes allemands découvrent le pouvoir de la fascination et de l’hypnose et exploitent le filon des monstres de cauchemar et des héros de légende (Le Golem, Nosferatu, Caligari, le cycle des Nibelungen, etc.).

L’esthétique expressionniste, violente et tourmentée, trouve alors son manifeste avec Das Kabinett des Dr Caligari (Le Cabinet du Dr. Caligari, Robert Wiene, 1920). Les films sont alors conçus comme à l'abri du monde, à la lumière exclusive du studio. Ils évoquent souvent des sujets lugubres et utilisent des contrastes saisissants d'ombres et de lumières pour bâtir un monde d'artifices, souvent à la limite de l'abstraction. La structure géométrique du décor, la pantomime crispée des comédiens sont autant d’éléments qui évoquent une menace latente.

Fritz Lang et Friedrich Murnau dominent de très haut cette période.
Les grands films de F. W. Murnau, Nosferatu (1922), Der letzte Mann (Le Dernier des hommes, 1924), Tartüff (1925) et enfin Faust (1926) sont aussi largement marqués par l’esthétique expressionniste, même s’ils ne sauraient s’y cantonner. Ils ont en commun de privilégier l’unité du plan à la narration, la composition au récit et de faire appel à une multitude de références picturales, littéraires, philosophiques.
Le célèbre Nosferatu, réalisé en 1922, première adaptation à l'écran du roman d’épouvante Dracula de Bram Stoker, en est un bon exemple. Il devient dans les mains du réalisateur un chef-d’œuvre du cinéma, qui dépasse de loin les classiques de sa catégorie.
Avec Fritz Lang, le cinéma allemand connaît certainement son apogée. Dans Metropolis, le réalisateur visionnaire dépeint dans un travail de composition d’une précision extrême une immense cité verticale, véritable mégalopole futuriste, séparée en deux parties. Dans la ville haute, les riches tiennent les commandes et mènent une vie paradisiaque. Dans les souterrains, un peuple misérable, en passe d’être remplacé par les machines, est réduit en esclavage.

  haut de page
   

Un cinéma dans l’air du temps

       Lorsque des réalisateurs comme Fritz Lang et Murnau évoquent dans leurs oeuvres un monde angoissé, dominé par la mort et l’angoisse, ils reflètent largement l’esprit du temps.
Le cinéma allemand des années vingt est en effet plus que jamais l’écho de son époque. Dans un pays humilié par sa défaite, en proie à l’inflation et au chômage, il affiche souvent des thématiques sinistres (Pest in Florenz, La Peste à Florence, Otto Rippert, 1919). Enfin délivré de la censure impériale, il n’hésite plus à évoquer, sous tous leurs aspects, des thèmes comme l'homosexualité (Anders als die anderen, Différent des autres, 1919), la prostitution, la drogue et la décadence morale. Même les deux superproductions historiques à grand spectacle d'Ernst Lubitsch, qui rencontrent un grand succès international, n’échappent pas à la gravité du propos. Ainsi, les films Passion (Madame Dubarry, 1919) et Deception (Anne de Boleyn, 1920) – qui permettent au cinéma allemand de briser le boycott américain – montrent une vision particulièrement féroce de l’histoire, où volonté de puissance et désir sexuel sont les moteurs essentiels.

  haut de page
   

Le passage au sonore et la mise en parenthèse du cinéma allemand

       Les années trente sont aussi marquées par les débuts du cinéma parlant. Le film le plus connu de cette époque est sans nul doute Der blaue Engel (L’Ange bleu, Joseph Sternberg, 1930), dans laquelle la star Jannings se voit voler la vedette par la séduisante Marlene Dietrich qui ne séduit pas seulement le malheureux Professeur Unrat, mais aussi tout le public de l’époque.
Hélas, quelques années plus tard, en janvier 1933, la prise du pouvoir par les nazis sonne le glas de la liberté artistique du cinéma allemand. De très nombreux techniciens, acteurs, réalisateurs fuient les persécutions raciales et politiques et vont enrichir les cinémas européen et américain. Le cinéma allemand mettra des décennies à renaître : c’est seulement en 1962 que le manifeste Oberhausen lui donnera un nouveau souffle.

  haut de page


COUPS DE PROJECTEUR (1920-1933)


Das Kabinett des Doktor Caligari, 1920 (Le Cabinet du Docteur Caligari)

  Réalisateur : Robert WIENE
Acteurs : Werner Krauss, Conrad Veidt, Lil Dagover, Friedrich Feher, etc.
Synopsis :
Deux hommes sont assis sur le banc d'un parc, à la tombée du jour. Le plus jeune, Franz, raconte à un vieil homme une terrible histoire. Celle-ci commence dans l'ambiance bigarrée de la foire d'Holstenwall. Parmi les attractions, un docteur aux allures inquiétantes, Caligari, exhibe dans sa roulotte un jeune somnambule qui dort dans un cercueil. Celui-ci prédit à l’ami de Franz la mort avant l’aube. La prédiction ne va pas tarder à se réaliser...

En savoir plus : http://critiques-ordinaires.ouvaton.org/article.php3?id_article=341

  haut de page
   

Nosferatu, eine Symphonie des Grauens, 1922 (Nosferatu, une symphonie de l’horreur)

  Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
Acteurs : Max Schreck, Gustav Von Wangenheim, Greta Schroeder, Alexander Granach, etc.
Synopsis :
Vers 1830, Jonathan Hutter, commis d'un agent immobilier, habite Brême avec sa jeune femme. Il est envoyé en Transylvanie chez un étrange châtelain des Carpates, le comte Orlock, afin de finaliser l'achat d'une propriété dans la ville. Son hôte se montre vite sous son vrai visage : il est la réincarnation du vampire Nosferatu, créature démoniaque qui ne peut vivre qu'en suçant le sang des humains. Dès lors, la terreur et la peste se répandent dans les alentours…

En savoir plus : www.plume-noire.com/cinema/culte/nosferatu.html

  haut de page
   

Das Testament des Doktor Mabuse, 1932 (Le Testament du docteur Mabuse)

  Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Rudolf Klein-Rogge, Oskar Beregi, etc.
Synopsis :
Mabuse, savant illuminé, est interné dans un asile. Ses pouvoirs hypnotiques lui permettent de faire contrôler par le directeur, le professeur Baum, un gang de malfaiteurs qui sème la terreur. Aux deux hommes s'opposent un policier assisté d'un criminel repenti...

En savoir plus : www.devildead.com/critique.php3?FilmID=769

  haut de page


1933-1945 : LE CINEMA ENTRE PARENTHESES

       A partir de 1933, les Nazis au pouvoir contrôlent de près la production cinématographique. Plus de 2.000 techniciens, acteurs, réalisateurs fuient les persécutions raciales et politiques et vont enrichir les cinémas européen et américain. Le cinéma du IIIe Reich cultive cependant les films de genre. La propagande s'exerce dans le film historique à la gloire des héros de la germanité; la cinéaste la plus remarquée du régime est Leni Riefenstahl, qui magnifie les cérémonies nazies dans le Triomphe de la volonté (1935) et les Dieux du stade (1938).

Au commencement de la guerre, les médias sont entièrement placés sous le joug de l'état et toute forme de création privée a disparu. Les films affichent alors des thématiques liées au programme de l'Etat, à l'image des mélodrames féminins à succès (Wunschkonzert, von Borsody, 1940 ; Die grosse Liebe, Hansen, 1942 ; Ich klage an, Liebeiner, 1941) qui évoquent des mères et des épouses vertueuses attendant patiemment le retour des hommes au front. Peu à peu, à la demande d'Hitler qui se plaignait d'avoir « beaucoup de films patriotiques en général, mais pas de national-socialistes », les films deviennent ouvertement antisémites : Jud Süss (Le Juif Süss, Veit Harlan 1940) et Der ewige Jude (Le Juif Eternel, Fritz Hippler, 1940) en sont les plus célèbres exemples.
  haut de page


1945-1962 : LES ANNÉES D’APRÈS-GUERRE

     Après la guerre, la production cinématographique se développe indépendamment en RDA à partir de 1946, et en RFA, à partir de 1949.


À l’Est

       Malgré ce que l’on pourrait croire de prime abord, le niveau du cinéma de la RDA est, pendant vingt ans, largement supérieur à celui de la RFA.
La production cinématographique d’Allemagne de l’Est a en effet bénéficié à ses débuts du retour de quelques émigrés et du maintien en activité des studios de Babelsberg, dans lesquels furent fondés la DEFA (Deutsche Film Aktiengesellschaft / Société du cinéma allemand).
Le meilleur représentant de cette période, marquée par une thématique antifasciste, est Wolfgang Staudte, qui a produit nombre de classiques du cinéma allemand d’après-guerre comme Die Mörder sind unter uns (Les assassins sont parmi nous) ou Der Untertan (Pour le roi de Prusse).
À partir des années cinquante, le cinéma de la RDA tend à obéir à la doctrine du réalisme socialiste d’influence soviétique et a le devoir de relayer l’idéologie du parti. Nombre d’œuvres exaltent alors les héros de la classe ouvrière et orientent la production vers l’adaptation de grands sujets historiques et littéraires. Toutefois, quelques films, réalisés par Gerhard Klein (Eine Berliner Romanze, Romance berlinoise, 1956) ou Konrad Wolf (Der geteilte Himmel, Le ciel partagé, 1964) se mettent à critiquer les réalités du socialisme.
Ensuite, malgré quelques timides tentatives d'émancipation artistique au cours des années soixante et soixante-dix, le cinéma de la RDA reste victime d'un sévère contrôle idéologique, ce qui nuit au développement d’un mouvement cinématographique véritablement novateur. Néanmoins, les nombreux documentaires réalisés entre 1955 et 1989, qui dressent souvent un portrait de la vie en RDA peu complaisant, font exception.
Après la réunification de l’Allemagne, les productions de la DEFA furent suspendues en 1992, mais les studios sont toujours existants et apparaissent aujourd’hui comme l’un des plus important sites de production d’Europe.

En savoir plus :
www.goethe.de/uk/mon/archiv/ddr/fddr/freast_panorama.htm
http://espacestemps.revues.org/article.php3?id_article=69

  haut de page
   

À l’Ouest

       Le cinéma de la République fédérale des années cinquante est d'une grande médiocrité, à l'exception de quelques films de Helmut Käutner (Die letzte Brücke, Le Dernier Pont, 1954 ; Des Teufels General, Le Général du diable, 1954). Il faut attendre le « manifeste d'Oberhausen » en 1962 pour que naisse un nouveau langage cinématographique.
À partir de 1949, le cinéma de la RFA, entièrement orienté vers les productions les plus commerciales, essentiellement préoccupé de satisfaire un marché intérieur, est, jusqu’aux années 1960, un cinéma voué aux genres les plus stéréotypés. C’est le triomphe de l’opérette filmée et du Heimatfilm (idylle campagnarde et patriotique véhiculant une idéologie conservatrice), du film de guerre tendant à dédouaner la Wehrmacht de son passé récent ou des bluettes sentimentales à la Sissi.

  haut de page


1962-1980 : LE JEUNE CINÉMA ALLEMAND


L’héritage d’Oberhausen et l’affirmation d’un cinéma d’auteur

       Il est d’usage de considérer que les années soixante, suite à la signature du Manifeste d’Oberhausen par vingt-six jeunes cinéastes en 1962, marquent le début du « Nouveau Cinéma allemand ». Avec des préoccupations parfois plus idéologiques qu’esthétiques, les cinéastes s’inspirent de la Nouvelle Vague française. Leurs thèmes de prédilection sont la quête de la terre natale, la recherche d’identité, la marginalité et de nombreux sujets de société.
Les œuvres réalisées par les nouveaux venus rencontreront immédiatement un grand succès critique, parfois même un relatif succès public, tels Der junge Törless (Les Désarrois de l’élève Törless) de Volker Schlöndorff, primé au festival de Cannes, et Abschied von Gestern (Anita G.) d’Alexander Kluge, couronné à Venise. Ce film évoque, à travers le personnage de la juive de RDA Anita G. qui ne parvient pas s’intégrer dans la société de l'Allemagne fédérale, le poids du passé sur la société contemporaine de la fin des années soixante.
En 1979, Alexander Kluge réalisera aussi Die Patriotin (La Patriote), dont le sujet, ambitieux, est l’Histoire. Le cinéaste est aujourd’hui aussi écrivain (Chronique des sentiments - collection « L´Imaginaire » de Gallimard), homme de radio et de télévision. Il est considéré comme l’un des plus grands intellectuels allemands de notre époque.

Si les pionniers d’Oberhausen ont permis l’émergence d’un cinéma d’auteur soutenu par les institutions et reconnu par l’opinion, l’apogée du jeune cinéma allemand se situe dans les années soixante-dix, avec des réalisateurs majeurs comme Wim Wenders, Werner Herzog, Volker Schlöndorff et bien sûr Rainer Werner Fassbinder.

Wim Wenders, le cinéaste de l’errance
Wim Wenders s’est fait connaître par des films tels que Alice in den Städten (Alice dans les villes, 1973), Falsche Bewegung, (Faux Mouvement, 1974), Im Lauf der Zeit (Au fil du temps, 1976).
Cinéaste du road-movie et de l’errance, il évoque le malaise du monde moderne avec poésie, souvent au sein de situations quotidiennes, en privilégiant l’atmosphère à la continuité du récit narratif. Les principaux thèmes de ses films sont la solitude de l’homme en quête d'une identité perdue, sa difficulté à communiquer et surtout l’empreinte des Etats-Unis sur la culture allemande après la guerre.
Après le rêve déçu d’une production hollywoodienne supervisée par Francis Ford Coppola, il devient l’un des cinéastes représentatifs de la modernité internationale, avec notamment Paris, Texas (ovationné lors de sa projection à Cannes en 1984) et Until the end of the world (Jusqu’au bout du monde, 1991).
De retour à Berlin, il tourne l’un de ses films les plus célèbres, Der Himmel über Berlin (Les Ailes du désir, 1987).

En savoir plus sur le réalisateur :
www.goethe.de/uk/mon/archiv/fwenders/frwenders.htm

  haut de page
   

Werner Herzog, le cinéaste de l’indicible

       Reconnu dès 1967, Herzog est l’une des figures centrales du « jeune cinéma allemand ».
Avec Jeder für sich und Gott gegen alle (Chacun pour soi et Dieu contre tous - L’énigme de Kaspar Hauser, 1974), qui obtient plusieurs prix à Cannes, Werner Herzog connaît son premier succès international. La portée visionnaire de ses films, qui mettent en scènes des personnages d’exception, est une constante chez le cinéaste. Dans Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, la colère de Dieu, 1972), il dresse le portrait d’un conquérant de l’inutile à la recherche de l'Eldorado. Aguirre, l’aventurier mégalomane assoiffé de puissance et d’absolu, finira seul sur un radeau à la dérive, perdu dans l’univers amazonien.

En savoir plus sur le réalisateur :
www.goethe.de/uk/mon/archiv/ausst_herzog/frpbioherzog.htm

  haut de page
   

Volker Schlöndorff, l’amateur d’adaptions littéraires

       Formé en France, où il a été assistant réalisateur de L. Malle et de J.-P. Melville, Volker Schlöndorff, dont les films sont souvent des adaptations littéraires, est le représentant le plus connu d’un certain classicisme de la mise en scène. Après le succès de son premier long métrage Der junge Törless (Les Désarrois de l'élève Törless, 1966), le réalisateur connaît un grand succès avec Die verlorene Ehre der Katharina Blum (L' Honneur perdu de Katharina Blum, 1975). Ce film, réalisé d’après le récit d’Heinrich Böll, dénonce la « chasse aux sorcières » organisée par la police d’un Etat libéral et les excès médiatiques qui s’y rattachent.
En 1978, Volker Schlöndorff adapte le roman de Günter Grass, Die Blechtrommel (Le Tambour). L’histoire du petit Oskar, dont le regard d’enfant perce l’hypocrisie du monde et assiste à la montée du nazisme, émeut toute une génération.

En savoir plus :
www.arte-tv.com/special/forum/leforum03.htm

  haut de page
   

Rainer Werner Fassbinder

       R. W. Fassbinder est un réalisateur particulièrement prolifique, qui a produit une quarantaine de longs métrages et de téléfilms en treize ans.
Ses œuvres originales et subversives, à l’image de Martha (1972), posent un regard à la fois critique et humain sur la société et évoquent de nombreux sujet tels que l’exploration du fascisme ordinaire, l’aliénation féminine, la discrimination et la marginalité.
Dans ses films, le réalisateur prend souvent le parti des opprimés et des déshérités, que ce soient des prolétaires dans Händler der vier Jahreszeiten (Le Marchand des quatre saisons, 1971), des immigrés dans Angst essen Seele auf (Tous les autres s’appellent Ali, 1973) ou des homosexuels dans Faustrecht der Freiheit (Le Droit du plus fort, 1974).

En savoir plus sur le réalisateur :
www.arte-tv.com/cinema/fassbinder/ftext/index.htm

  haut de page


COUPS DE PROJECTEUR (1962-1980)


Der Himmel über Berlin (Les ailes du désir, 1987)

  Réalisateur : Wim Wenders (scénario co-écrit par Peter Handke)
Acteurs : Bruno GANZ, Solveig DOMMARTIN, Otto SANDER, Curt BOIS, Peter FALK, etc.
Synopsis :
Deux anges, Damiel et Cassiel, déambulent dans Berlin. Invisibles, ils observent les humains dont ils peuvent capter les plus secrètes pensées... Un jour, ils rencontrent un ancien ange devenu humain. Celui-ci sent leur présence et leur communique sa foi dans l'humanité. Damiel tombe alors amoureux d'une trapéziste et devient à son tour mortel...

En savoir plus : http://perso.club-internet.fr/pserve/ailes.html

  haut de page
   

Lili Marleen, 1981

  Réalisateur : Fassbinder
Acteurs : Hanna Schygulla, Giancarlo Giannini, Mel Ferrer, Erik Schumann, Karl-Heinz Von Hassel, etc.
Synopsis :
Zürich en 1938: une chanteuse munichoise, devenue, suite au succès de sa chanson Lili Marleen, l’idole des foules et l’égérie du régime hitlérien, tombe amoureuse d'un jeune compositeur juif...

  haut de page
   

Die Blechtrommel (Le Tambour, 1978)

  Réalisateur : Schlöndorff
Acteurs : Mario Adorf, Angela Winkler, David Bennent, Daniel Olbrychski, Katharina Thalbach, Heinz Bennent, etc.
Synopsis :
Dantzig, 1924, le petit Oscar, enfant surdoué, voit le jour. À l'âge de 3 ans, ne voulant pas accéder au monde des adultes qui le répugne, il décide de mettre brutalement fin à sa croissance. De son tambour et de sa voix qui brise le verre, Oscar commente l'histoire de sa famille, de sa ville natale et de la Pologne menacée et envahie par Hitler...

  haut de page
   

Aguirre, der Zorn Gottes (Aguirre, la colère de dieu, 1972)

  Réalisateur : Werner Herzog
Acteurs : Klaus Kinski, Cecilia Rivera, Ruy Guerra, etc.
Synopsis :
En 1560, un groupe d’Espagnols s’engage dans la forêt vierge dans l’espoir de découvrir l’Eldorado.
« C’est une sorte de farce, d’opéra bouffe, les gens meurent comme à l’opéra. Cependant il y a deux façons de mourir : les Indiens ont la leur qui comporte beaucoup de dignité. Bien sûr c’est aussi un film politique : le rôle de l’église, la condition des Indiens. » (W. Herzog, 1975)

En savoir plus : www.goethe.de/uk/mon/archiv/cq/aguirre.htm

  haut de page
   

Heimat, 1984

  Réalisateur : Edgar Reitz
Acteurs : Marita Breuer, Dieter Schaad, Kurt Wagner, Jörg Hube, Rüdiger Weigang, Karin Rasenack, Edgar Reitz, Maria Bayerwaltes, etc.
Synopsis :
Une chronique filmée du XXe siècle en Allemagne qui raconte la vie quotidienne de trois familles allemandes à travers quatre générations.

En savoir plus :
www.erfilm.de/buttons.html

  haut de page
   

Messer im Kopf (Couteau dans la tête, 1978)

  Réalisateur : Reinhard Hauff
Acteurs : Bruno Ganz, Angela Winkler, Hans Christian Blech, Heinz Noenig, Hans Brenner, Udo Samel, Eike Gallwitz, Carla Egerer, etc.
Synopsis :
Lors d'une razzia de police, un homme est atteint par un coup de feu. Lorsqu'il se réveille, après une longue période d'inconscience il ne se souvient de rien; il ne sait même plus parler. Son identité est incertaine. Des amis l'identifient comme le biogénéticien Hoffmann, un homme plutôt retiré du monde. La police croit à une couverture et le considère - avec l'appui de la presse - comme un terroriste dangereux. Observé jour et nuit par la police, Hoffmann lutte pour retrouver son identité.

« Elaboré à partir de faits réels et surtout à partir d’une analyse politique de l’Allemagne fédérale d’aujourd’hui, Couteau dans la tête est un nouvel exemple […] de ce que peuvent offrir les jeunes auteurs-producteurs de Munich et d’ailleurs, quand ils adoptent le meilleur parti réaliste, non doctrinaire, modeste dans le sens du plus grand naturel, précis et pertinent dans la critique sociale, efficace dans la restitution d’un climat politique et des contradictions idéologiques. » (Daniel Sauvaget: Revue du Cinéma 336 - février 1979)

En savoir plus sur ce film :
www.abc-lefrance.com/fiches/Couteaudanslatete.pdf
En savoir plus sur Reinhard Hauff :
www.prisma-online.de/tv/person.html?pid=reinhard_hauff

  haut de page


LE CINÉMA ALLEMAND CONTEMPORAIN

  Après la fin des années quatre-vingt et le début des années quatre-vingt-dix, surnommées à juste titre « les années comédies » en raison du grand nombre de comédies, souvent sans grande prétention, qui ont vu le jour, le cinéma outre-Rhin semble aujourd’hui renaître de ses cendres. Deux éléments illustrent cette nouvelle tendance.
D’une part, la productions de films est en hausse : il suffit pour s’en convaincre de constater le grand nombre de films allemands – plus d’une cinquantaine – présentés lors du 54e Festival International du Film de Berlin. D’autre part, le cinéma allemand fait à nouveau parler de lui sur le plan international, notamment grâce au succès de films tels que Lola rennt, (Cours Lola cours, 1998), Bella Martha (Chère Marthe, 2003) , Halbe Treppe (Frites Et Folie, 2001), et tout récemment Good Bye Lenin (2003).

Si le douloureux passé de l’Allemagne continue aujourd’hui à inspirer nombre de cinéastes, ceux-ci semblent désormais porter un regard nouveau, plus distancié et finalement plus décomplexé, sur l’histoire de leur pays. Ainsi, le film de Margarethe von Trotta, Rosenstrasse, évoque sans complexe la résistance féminine sous le nazisme. Avec Good Bye Lenin de Wolfgang Becker, c’est l’effondrement de l’Allemagne de l’Est au moment de la chute du mur qui est raconté, et ce avec tendresse, humour et lucidité, chose difficilement concevable il y a encore quelques années.

Naturellement, la nouvelle génération de cinéastes n’hésite pas pour autant à aborder des thématiques résolument contemporaines, comme l’ouverture de l’Allemagne à l’Est, une quinzaine d’années après la réunification. C’est par exemple le cas dans le film Lichter (Au loin les lumières) de Hans-Christian Schmid, qui relate de façon presque documentaire plusieurs tentatives d'immigration de la Pologne vers la ville de Francfort sur l’Oder en ex-RDA et pose ainsi de façon très concrète la question du rapport de l'Allemagne aux pays de l’Est.

  haut de page


COUPS DE PROJECTEUR (1997- 2004)


Comedian Harmonists (1997)

  Réalisateur : Joseph Vilsmaier
Acteurs : Ben Becker, Heino Ferch, Ulrich Noethen, Heinrich Schafmeister, Max Tidof, Kai Wiesinger, Meret Becker, Katja Riemann, Otto Sander, etc.
Synopsis :
L’histoire vraie des Comedian Harmonists, un sextuor très populaire de chanteurs barbershop, victimes de l’antisémitisme et de la montée du nazisme dans les années trente…

« Cette comédie tragique, nourrie de faits réels et de fiction, manie suspense et émotion. On rit et on pleure. Comme lors du concert d’adieu à Munich, en 1934, suivi de l’ovation des deux mille spectateurs qui se lèvent d’un seul élan. » (Le Nouvel Observateur)

En savoir plus :
www.goethe.de/uk/mon/archiv/musical/harmonist.htm
www.comedian-harmonists.de

  haut de page
   

Lola rennt (Cours Lola cours, 1998)

  Réalisateur : Tom Tykwer
Acteurs : Franka Potente, Moritz Bleibtreu, Herbert Knaup, Nina Petri, Armin Rohde, etc.
Synopsis :
Lola a vingt minutes, soit 1 200 secondes, pour trouver 100 000 marks et les amener à son petit ami Manni, qui doit à son tour les remettre à midi à un trafiquant. S’il n’y parvient pas, il sera tué à coup sûr. Désespérée, la jeune femme s'élance dans la capitale. Elle a vingt minutes pour trouver l’argent et sauver ainsi l'homme de sa vie...

Au rythme hallucinant d'une musique techno, Lola rennt est une course contre la montre trépidante qui fait monter peu à peu la pression chez le spectateur…

En savoir plus :
www.lola-rennt.de
www3.sympatico.ca/philippe.lemieux2/lola.htm

  haut de page
   

Vergiss Amerika (Oublie l’Amérique, 2000)

  Réalisateur : Vanessa Jopp
Acteurs : Marek Harloff, Franziska Petri, Roman Knizka, etc.
Synopsis :
Aschleben, une petite ville de l'ancienne RDA, dans les années quatre-vingt-dix : David et Benno, amis d'enfance, tombent tous les deux amoureux d’Anna. Bien qu'elle choisisse Benno, leur amitié semble persister. David veut devenir photographe, Anna une grande comédienne et Benno se lance dans le commerce de grosses voitures américaines.
Ils essaient de réaliser leurs rêves, mais la réalité les rattrape immanquablement…

En savoir plus : www.goethe.de/uk/mon/video/filme_v/vergissamerika.htm

  haut de page
   

Die Innere Sicherheit (Contrôle d’identité, 2001)

  Réalisateur : Christian Petzold
Acteurs : Julia Hummer, Barbara Auer, Richy Müller, etc.
Synopsis :
Depuis quinze ans, Jeanne et ses parents, originaires d'Allemagne, vivent dans la clandestinité. Jeanne n'a jamais connu la vie normale d'une adolescente : elle est seule et n'a jamais été à l'école. Alors que ses parents sont sur le point d'obtenir une identité légale au Brésil, une petite négligence fait tout basculer. Entre temps, Jeanne, qui ne peut communiquer avec le monde extérieur, est tombée amoureuse. Ses sentiments vont mettre en péril la sécurité de sa famille.

« À ceux qui ressassent la mort du cinéma allemand, Contrôle d'identité apporte un vrai démenti. » (Stéphane Delorme, Cahiers du cinéma)
Die Innere Sicherheit de Christian Petzold a remporté un Lola d'or à la 51e cérémonie du Prix du film allemand à Berlin.

En savoir plus : http://perso.wanadoo.fr/jcbidard/zcritiq1/sem26l2f.htm

  haut de page
   

Rosenstrasse (2002)

  Réalisateur : Margarethe von Trotta
Acteurs : Katja Riemann (prix de la meilleure interprétation au Festival de Venise), Maria Schrader, Martin Feifel, Jürgen Vogel, Jutta Lampe, Doris Schade, Fedja van Huêt, etc.
Synopsis :
À New York de nos jours. La famille Weinstein s'est réunie pour assister aux obsèques du père. Son épouse Ruth tient à observer les règles orthodoxes du deuil suscitant l'incompréhension d'Hannah, sa fille. Une cousine de Ruth, jusqu'alors inconnue d'Hannah, se présente lors des funérailles. Elle raconte à Hannah le passé de sa mère et comment cette dernière a été sauvée de la déportation en 1943 par une femme nommée Lena Fischer. Hannah décide de se rendre à Berlin pour rencontrer la mystérieuse protectrice de sa mère.

Rosenstrasse décrit, à la suite d'un événement familial contemporain, l'héroïsme des femmes allemandes qui tentèrent de sauver leur mari juif séquestré par les nazis. La dernière réalisation de Margarethe von Trotta est autant un film sur la mémoire d'une famille que l'exhumation émouvante du passé de résistantes berlinoises.

En savoir plus :
www.rosenstrasse-derfilm.de
www.festivalcineallemand.com/cinedaujourdhui/01.php

  haut de page
   

Bella Martha, (Chère Marthe, 2001)

  Sortie en France le 21 janvier 2004

Réalisateur :
Sandra Nettelbeck
Acteurs : Martina Gedeck, Sergio Castellitto, Maxime Foerste, August Zirner, Ulrich Thomsen, Sybille Canonica, Katia Studt, etc.
Synopsis :
Martha est une chef cuisinière talentueuse dans un petit restaurant raffiné de Hambourg, passionnée par son métier et célibataire dans la vie. À la mort soudaine de sa sœur, elle recueille chez elle sa nièce, Lina, une petite fille de huit ans.
Martha lui promet alors de tout faire pour retrouver son père qu'elle ne connaît pas, un Italien retourné depuis longtemps dans son pays.
Dans le même temps, Martha est confrontée à l'arrivée d'un nouveau cuisinier, Mario, lui aussi italien d'origine : elle le prend instantanément comme son rival…

En savoir plus :
www.bellamartha.de
www.voltaireonline.org/film_martha/intro_1.php

  haut de page


LIENS UTILES

  A voir en France prochainement
  www.goethe.de/fr/par/frpfilm.htm

Les sorties de films allemands en France
  www.goethe.de/fr/lil/kino.htm

L’Institut du film allemand (le « deutsches Filminstitut »)