En décembre dernier, l'OFAJ a lancé avec
TV5, pour la première fois partenaire officiel
du Festival international du Film de Berlin, et en coopération
avec le Festival International du Film de Berlin, l'idée
d'un prix
du jury « Dialogue en perspective ».
Ce prix a été décerné, pour
la première fois, le 14 février au film
"Flammend
Herz" par un jury composé de sept jeunes
Français et Allemands, âgés de 18
à 29 ans et présidé par Albert Wiederspiel
du Hamburger Filmfest.
A cette occasion, nous vous présentons un dossier
sur le cinéma allemand qui n'a pas l'ambition de
dresser un portrait détaillé du septième
art en Allemagne, mais entend simplement en évoquer
les périodes phare. Comme toujours, le choix des
films n'a rien d'exhaustif et reste purement subjectif.
1920-1933 : L’ÂGE D’OR
DU CINÉMA ALLEMAND
Le
plus grand cinéma du monde
La
première république allemande, la
République de Weimar, débute en novembre
1918 et prend fin en 1933, l’année
où Hitler accède au pouvoir. Pendant
cette courte période, le cinéma allemand
compte parmi les plus grands cinémas du monde
et produit de très grandes œuvres. C’est,
on peut le dire, par l’entremise de son cinéma
que l’Allemagne, exclue après la guerre,
va être redécouverte par le reste du
monde.
Le cinéma allemand des années vingt
est un cinéma d’avant-garde d’une
richesse extraordinaire, qui ouvre des voies, métamorphose
de vieilles thématiques et rejoint entre
autres le courant esthétique expressionniste.
C’est
à cette époque que des réalisateurs
comme Robert Wiene, Ernst Lubitsch, Fritz Lang,
Friedrich-Wilhelm Murnau, Carl Mayer et G. W. Pabst
inventent l'âge d'or du cinéma allemand.
C’est selon Lotte Eisner, célèbre
historienne du cinéma, la période
de « l'écran démoniaque ».
Les cinéastes allemands découvrent
le pouvoir de la fascination et de l’hypnose
et exploitent le filon des monstres de cauchemar
et des héros de légende (Le
Golem, Nosferatu, Caligari,
le cycle des Nibelungen, etc.).
L’esthétique expressionniste, violente
et tourmentée, trouve alors son manifeste
avec Das Kabinett des Dr Caligari
(Le Cabinet du Dr. Caligari, Robert Wiene,
1920). Les films sont alors conçus comme
à l'abri du monde, à la lumière
exclusive du studio. Ils évoquent souvent
des sujets lugubres et utilisent des contrastes
saisissants d'ombres et de lumières pour
bâtir un monde d'artifices, souvent à
la limite de l'abstraction. La structure géométrique
du décor, la pantomime crispée des
comédiens sont autant d’éléments
qui évoquent une menace latente.
Fritz Lang et Friedrich Murnau dominent de très
haut cette période.
Les grands films de F. W. Murnau, Nosferatu
(1922), Der letzte Mann (Le Dernier
des hommes, 1924), Tartüff
(1925) et enfin Faust (1926) sont
aussi largement marqués par l’esthétique
expressionniste, même s’ils ne sauraient
s’y cantonner. Ils ont en commun de privilégier
l’unité du plan à la narration,
la composition au récit et de faire appel
à une multitude de références
picturales, littéraires, philosophiques.
Le célèbre Nosferatu,
réalisé en 1922, première adaptation
à l'écran du roman d’épouvante
Dracula de Bram Stoker, en est un
bon exemple. Il devient dans les mains du réalisateur
un chef-d’œuvre du cinéma, qui
dépasse de loin les classiques de sa catégorie. Avec
Fritz Lang, le cinéma allemand connaît
certainement son apogée. Dans Metropolis,
le réalisateur visionnaire dépeint
dans un travail de composition d’une précision
extrême une immense cité verticale,
véritable mégalopole futuriste, séparée
en deux parties. Dans la ville haute, les riches
tiennent les commandes et mènent une vie
paradisiaque. Dans les souterrains, un peuple misérable,
en passe d’être remplacé par
les machines, est réduit en esclavage.
Lorsque
des réalisateurs comme Fritz Lang et Murnau
évoquent dans leurs oeuvres un monde angoissé,
dominé par la mort et l’angoisse, ils
reflètent largement l’esprit du temps.
Le cinéma allemand des années vingt
est en effet plus que jamais l’écho
de son époque. Dans un pays humilié
par sa défaite, en proie à l’inflation
et au chômage, il affiche souvent des thématiques
sinistres (Pest in Florenz, La
Peste à Florence, Otto Rippert, 1919).
Enfin délivré de la censure impériale,
il n’hésite plus à évoquer,
sous tous leurs aspects, des thèmes comme
l'homosexualité (Anders als die anderen,
Différent des autres, 1919), la prostitution,
la drogue et la décadence morale. Même
les deux superproductions historiques à grand
spectacle d'Ernst
Lubitsch, qui rencontrent un grand succès
international, n’échappent pas à
la gravité du propos. Ainsi, les films Passion
(Madame Dubarry, 1919) et Deception
(Anne de Boleyn, 1920) – qui permettent
au cinéma allemand de briser le boycott américain
– montrent une vision particulièrement
féroce de l’histoire, où volonté
de puissance et désir sexuel sont les moteurs
essentiels.
Le passage au sonore et la mise
en parenthèse du cinéma allemand
Les
années trente sont aussi marquées
par les débuts du cinéma parlant.
Le film le plus connu de cette époque est
sans nul doute Der blaue Engel (L’Ange
bleu, Joseph Sternberg, 1930), dans laquelle
la star Jannings se voit voler la vedette par la
séduisante Marlene Dietrich qui ne séduit
pas seulement le malheureux Professeur Unrat, mais
aussi tout le public de l’époque.
Hélas, quelques années plus tard,
en janvier 1933, la prise du pouvoir par les nazis
sonne le glas de la liberté artistique du
cinéma allemand. De très nombreux
techniciens, acteurs, réalisateurs fuient
les persécutions raciales et politiques et
vont enrichir les cinémas européen
et américain. Le cinéma allemand mettra
des décennies à renaître : c’est
seulement en 1962 que le manifeste Oberhausen lui
donnera un nouveau souffle.
Das Kabinett des
Doktor Caligari, 1920 (Le Cabinet du Docteur
Caligari)
Réalisateur : Robert WIENE
Acteurs : Werner Krauss, Conrad Veidt, Lil Dagover,
Friedrich Feher, etc.
Synopsis :
Deux hommes sont assis sur le banc d'un parc, à
la tombée du jour. Le plus jeune, Franz,
raconte à un vieil homme une terrible histoire.
Celle-ci commence dans l'ambiance bigarrée
de la foire d'Holstenwall. Parmi les attractions,
un docteur aux allures inquiétantes, Caligari,
exhibe dans sa roulotte un jeune somnambule qui
dort dans un cercueil. Celui-ci prédit à
l’ami de Franz la mort avant l’aube.
La prédiction ne va pas tarder à se
réaliser...
Nosferatu,
eine Symphonie des Grauens, 1922 (Nosferatu,
une symphonie de l’horreur)
Réalisateur : Friedrich Wilhelm Murnau
Acteurs : Max Schreck, Gustav Von Wangenheim,
Greta Schroeder, Alexander Granach, etc.
Synopsis :
Vers 1830, Jonathan Hutter, commis d'un agent immobilier,
habite Brême avec sa jeune femme. Il est envoyé
en Transylvanie chez un étrange châtelain
des Carpates, le comte Orlock, afin de finaliser
l'achat d'une propriété dans la ville.
Son hôte se montre vite sous son vrai visage
: il est la réincarnation du vampire Nosferatu,
créature démoniaque qui ne peut vivre
qu'en suçant le sang des humains. Dès
lors, la terreur et la peste se répandent
dans les alentours…
Das
Testament des Doktor Mabuse, 1932 (Le Testament
du docteur Mabuse)
Réalisateur : Fritz Lang
Acteurs : Rudolf Klein-Rogge, Oskar Beregi,
etc.
Synopsis :
Mabuse, savant illuminé, est interné
dans un asile. Ses pouvoirs hypnotiques lui permettent
de faire contrôler par le directeur, le professeur
Baum, un gang de malfaiteurs qui sème la
terreur. Aux deux hommes s'opposent un policier
assisté d'un criminel repenti...
A
partir de 1933, les Nazis au pouvoir contrôlent
de près la production cinématographique.
Plus de 2.000 techniciens, acteurs, réalisateurs
fuient les persécutions raciales et politiques
et vont enrichir les cinémas européen
et américain. Le cinéma du IIIe Reich
cultive cependant les films de genre. La propagande
s'exerce dans le film historique à la gloire
des héros de la germanité; la cinéaste
la plus remarquée du régime est Leni
Riefenstahl, qui magnifie les cérémonies
nazies dans le Triomphe de la volonté
(1935) et les Dieux du stade (1938).
Au commencement de la guerre, les médias
sont entièrement placés sous le joug
de l'état et toute forme de création
privée a disparu. Les films affichent alors
des thématiques liées au programme
de l'Etat, à l'image des mélodrames
féminins à succès (Wunschkonzert,
von Borsody, 1940 ; Die grosse Liebe,
Hansen, 1942 ; Ich klage an, Liebeiner,
1941) qui évoquent des mères et des
épouses vertueuses attendant patiemment le
retour des hommes au front. Peu à peu, à
la demande d'Hitler qui se plaignait d'avoir «
beaucoup de films patriotiques en général,
mais pas de national-socialistes », les films
deviennent ouvertement antisémites : Jud
Süss (Le Juif Süss, Veit Harlan
1940) et Der ewige Jude (Le Juif Eternel,
Fritz Hippler, 1940) en sont les plus célèbres
exemples.
Après la guerre,
la production cinématographique se développe
indépendamment en RDA à partir de 1946,
et en RFA, à partir de 1949.
À l’Est
Malgré
ce que l’on pourrait croire de prime abord,
le niveau du cinéma de la RDA est, pendant
vingt ans, largement supérieur à celui
de la RFA.
La production cinématographique d’Allemagne
de l’Est a en effet bénéficié
à ses débuts du retour de quelques
émigrés et du maintien en activité
des studios de Babelsberg, dans lesquels furent
fondés la DEFA (Deutsche Film Aktiengesellschaft
/ Société du cinéma allemand). Le
meilleur représentant de cette période,
marquée par une thématique antifasciste,
est Wolfgang Staudte, qui a produit nombre de classiques
du cinéma allemand d’après-guerre
comme Die Mörder sind unter uns
(Les assassins sont parmi nous) ou Der
Untertan (Pour le roi de Prusse).
À partir des années cinquante, le
cinéma de la RDA tend à obéir
à la doctrine du réalisme socialiste
d’influence soviétique et a le devoir
de relayer l’idéologie du parti. Nombre
d’œuvres exaltent alors les héros
de la classe ouvrière et orientent la production
vers l’adaptation de grands sujets historiques
et littéraires. Toutefois, quelques films,
réalisés par Gerhard Klein (Eine
Berliner Romanze, Romance berlinoise,
1956) ou Konrad Wolf (Der geteilte Himmel,Le ciel partagé, 1964) se mettent
à critiquer les réalités du
socialisme.
Ensuite, malgré quelques timides tentatives
d'émancipation artistique au cours des années
soixante et soixante-dix, le cinéma de la
RDA reste victime d'un sévère contrôle
idéologique, ce qui nuit au développement
d’un mouvement cinématographique véritablement
novateur. Néanmoins, les nombreux documentaires
réalisés entre 1955 et 1989, qui dressent
souvent un portrait de la vie en RDA peu complaisant,
font exception.
Après la réunification de l’Allemagne,
les productions de la DEFA furent suspendues en
1992, mais les studios sont toujours existants et
apparaissent aujourd’hui comme l’un
des plus important sites de production d’Europe.
Le
cinéma de la République fédérale
des années cinquante est d'une grande médiocrité,
à l'exception de quelques films de Helmut
Käutner (Die letzte Brücke,
Le Dernier Pont, 1954 ; Des Teufels
General, Le Général du
diable, 1954). Il faut attendre le « manifeste
d'Oberhausen » en 1962 pour que naisse un
nouveau langage cinématographique.
À partir de 1949, le cinéma de la
RFA, entièrement orienté vers les
productions les plus commerciales, essentiellement
préoccupé de satisfaire un marché
intérieur, est, jusqu’aux années
1960, un cinéma voué aux genres les
plus stéréotypés. C’est
le triomphe de l’opérette filmée
et du Heimatfilm (idylle campagnarde et patriotique
véhiculant une idéologie conservatrice), du film
de guerre tendant à dédouaner la Wehrmacht
de son passé récent ou des bluettes
sentimentales à la Sissi.
L’héritage
d’Oberhausen et l’affirmation d’un
cinéma d’auteur
Il
est d’usage de considérer que les années
soixante, suite à la signature du Manifeste
d’Oberhausen par vingt-six jeunes cinéastes
en 1962, marquent le début du « Nouveau
Cinéma allemand ». Avec des préoccupations
parfois plus idéologiques qu’esthétiques,
les cinéastes s’inspirent de la Nouvelle
Vague française. Leurs thèmes de prédilection
sont la quête de la terre natale, la recherche
d’identité, la marginalité et
de nombreux sujets de société.
Les œuvres réalisées par les
nouveaux venus rencontreront immédiatement
un grand succès critique, parfois même
un relatif succès public, tels Der
junge Törless (Les Désarrois
de l’élève Törless)
de Volker
Schlöndorff, primé au festival de Cannes,
et Abschied von Gestern (Anita
G.) d’Alexander Kluge, couronné
à Venise. Ce film évoque, à
travers le personnage de la juive de RDA Anita G.
qui ne parvient pas s’intégrer dans
la société de l'Allemagne fédérale,
le poids du passé sur la société
contemporaine de la fin des années soixante.
En 1979, Alexander Kluge réalisera aussi
Die Patriotin (La Patriote),
dont le sujet, ambitieux, est l’Histoire.
Le cinéaste est aujourd’hui aussi écrivain
(Chronique des sentiments - collection «
L´Imaginaire » de Gallimard), homme
de radio et de télévision. Il est
considéré comme l’un des plus
grands intellectuels allemands de notre époque.
Si les pionniers d’Oberhausen ont permis l’émergence
d’un cinéma d’auteur soutenu
par les institutions et reconnu par l’opinion,
l’apogée du jeune cinéma allemand
se situe dans les années soixante-dix, avec
des réalisateurs majeurs comme Wim Wenders,
Werner Herzog, Volker Schlöndorff et bien sûr
Rainer Werner Fassbinder.
Wim Wenders,
le cinéaste de l’errance
Wim Wenders s’est fait connaître par
des films tels que Alice in den Städten
(Alice dans les villes, 1973), Falsche
Bewegung, (Faux Mouvement, 1974),
Im Lauf der Zeit (Au fil du temps,
1976).
Cinéaste du road-movie et de l’errance,
il évoque le malaise du monde moderne avec
poésie, souvent au sein de situations quotidiennes,
en privilégiant l’atmosphère
à la continuité du récit narratif.
Les principaux thèmes de ses films sont la
solitude de l’homme en quête d'une identité
perdue, sa difficulté à communiquer
et surtout l’empreinte des Etats-Unis sur
la culture allemande après la guerre.
Après le rêve déçu d’une
production hollywoodienne supervisée par
Francis Ford Coppola, il devient l’un des
cinéastes représentatifs de la modernité
internationale, avec notamment Paris, Texas
(ovationné lors de sa projection à Cannes en 1984)
et Until the end of the world (Jusqu’au
bout du monde, 1991).
De retour à Berlin, il tourne l’un
de ses films les plus célèbres, Der
Himmel über Berlin (Les Ailes du
désir, 1987).
Reconnu
dès 1967, Herzog est l’une des figures
centrales du « jeune cinéma allemand
».
Avec Jeder für sich und Gott gegen alle
(Chacun pour soi et Dieu contre tous - L’énigme
de Kaspar Hauser, 1974), qui obtient plusieurs
prix à Cannes, Werner Herzog connaît
son premier succès international. La portée
visionnaire de ses films, qui mettent en scènes
des personnages d’exception, est une constante
chez le cinéaste. Dans Aguirre, der
Zorn Gottes (Aguirre, la colère
de Dieu, 1972), il dresse le portrait d’un
conquérant de l’inutile à la
recherche de l'Eldorado. Aguirre, l’aventurier
mégalomane assoiffé de puissance et
d’absolu, finira seul sur un radeau à
la dérive, perdu dans l’univers amazonien.
Formé
en France, où il a été assistant
réalisateur de L. Malle et de J.-P. Melville,
Volker Schlöndorff, dont les films sont souvent
des adaptations littéraires, est le représentant
le plus connu d’un certain classicisme de
la mise en scène. Après le succès
de son premier long métrage Der junge
Törless (Les Désarrois de
l'élève Törless, 1966), le
réalisateur connaît un grand succès
avec Die verlorene Ehre der Katharina Blum
(L' Honneur perdu de Katharina Blum, 1975).
Ce film, réalisé d’après
le récit d’Heinrich Böll, dénonce
la « chasse aux sorcières » organisée
par la police d’un Etat libéral et
les excès médiatiques qui s’y
rattachent.
En 1978, Volker Schlöndorff adapte le roman
de Günter Grass, Die Blechtrommel
(Le Tambour). L’histoire du petit Oskar,
dont le regard d’enfant perce l’hypocrisie
du monde et assiste à la montée du
nazisme, émeut toute une génération.
R.
W. Fassbinder est un réalisateur particulièrement
prolifique, qui a produit une quarantaine de longs
métrages et de téléfilms en
treize ans.
Ses œuvres originales et subversives, à
l’image de Martha (1972), posent
un regard à la fois critique et humain sur
la société et évoquent de nombreux
sujet tels que l’exploration du fascisme ordinaire,
l’aliénation féminine, la discrimination
et la marginalité.
Dans ses films, le réalisateur prend souvent
le parti des opprimés et des déshérités,
que ce soient des prolétaires dans Händler
der vier Jahreszeiten (Le Marchand des
quatre saisons, 1971), des immigrés dans
Angst essen Seele auf (Tous les
autres s’appellent Ali, 1973) ou des homosexuels
dans Faustrecht der Freiheit (Le
Droit du plus fort, 1974).
Réalisateur : Wim Wenders (scénario
co-écrit par Peter Handke)
Acteurs : Bruno GANZ, Solveig DOMMARTIN, Otto
SANDER, Curt BOIS, Peter FALK, etc.
Synopsis :
Deux anges, Damiel et Cassiel, déambulent
dans Berlin. Invisibles, ils observent les humains
dont ils peuvent capter les plus secrètes
pensées... Un jour, ils rencontrent un ancien
ange devenu humain. Celui-ci sent leur présence
et leur communique sa foi dans l'humanité.
Damiel tombe alors amoureux d'une trapéziste
et devient à son tour mortel...
Réalisateur : Fassbinder
Acteurs : Hanna Schygulla, Giancarlo Giannini,
Mel Ferrer, Erik Schumann, Karl-Heinz Von Hassel,
etc.
Synopsis :
Zürich en 1938: une chanteuse munichoise, devenue,
suite au succès de sa chanson Lili Marleen,
l’idole des foules et l’égérie
du régime hitlérien, tombe amoureuse
d'un jeune compositeur juif...
Réalisateur : Schlöndorff
Acteurs : Mario Adorf, Angela Winkler, David
Bennent, Daniel Olbrychski, Katharina Thalbach,
Heinz Bennent, etc.
Synopsis :
Dantzig, 1924, le petit Oscar, enfant surdoué,
voit le jour. À l'âge de 3 ans, ne
voulant pas accéder au monde des adultes
qui le répugne, il décide de mettre
brutalement fin à sa croissance. De son tambour
et de sa voix qui brise le verre, Oscar commente
l'histoire de sa famille, de sa ville natale et
de la Pologne menacée et envahie par Hitler...
Aguirre,
der Zorn Gottes (Aguirre, la colère
de dieu, 1972)
Réalisateur : Werner Herzog
Acteurs : Klaus Kinski, Cecilia Rivera, Ruy
Guerra, etc.
Synopsis :
En 1560, un groupe d’Espagnols s’engage
dans la forêt vierge dans l’espoir de
découvrir l’Eldorado. « C’est
une sorte de farce, d’opéra bouffe,
les gens meurent comme à l’opéra.
Cependant il y a deux façons de mourir :
les Indiens ont la leur qui comporte beaucoup de
dignité. Bien sûr c’est aussi
un film politique : le rôle de l’église,
la condition des Indiens. » (W. Herzog, 1975)
Réalisateur : Edgar Reitz
Acteurs : Marita Breuer, Dieter Schaad, Kurt
Wagner, Jörg Hube, Rüdiger Weigang, Karin
Rasenack, Edgar Reitz, Maria Bayerwaltes, etc.
Synopsis :
Une chronique filmée du XXe siècle
en Allemagne qui raconte la vie quotidienne de trois
familles allemandes à travers quatre générations.
En savoir plus :www.erfilm.de/buttons.html
Réalisateur : Reinhard Hauff
Acteurs : Bruno Ganz, Angela Winkler, Hans Christian
Blech, Heinz Noenig, Hans Brenner, Udo Samel, Eike
Gallwitz, Carla Egerer, etc.
Synopsis :
Lors d'une razzia de police, un homme est atteint
par un coup de feu. Lorsqu'il se réveille,
après une longue période d'inconscience
il ne se souvient de rien; il ne sait même
plus parler. Son identité est incertaine.
Des amis l'identifient comme le biogénéticien
Hoffmann, un homme plutôt retiré du
monde. La police croit à une couverture et
le considère - avec l'appui de la presse
- comme un terroriste dangereux. Observé
jour et nuit par la police, Hoffmann lutte pour
retrouver son identité.
« Elaboré à partir de faits
réels et surtout à partir d’une
analyse politique de l’Allemagne fédérale
d’aujourd’hui, Couteau dans la tête
est un nouvel exemple […] de ce que peuvent
offrir les jeunes auteurs-producteurs de Munich
et d’ailleurs, quand ils adoptent le meilleur
parti réaliste, non doctrinaire, modeste
dans le sens du plus grand naturel, précis
et pertinent dans la critique sociale, efficace
dans la restitution d’un climat politique
et des contradictions idéologiques. »
(Daniel Sauvaget: Revue du Cinéma
336 - février 1979)
En savoir plus sur ce film :
www.abc-lefrance.com/fiches/Couteaudanslatete.pdf
En savoir plus sur Reinhard Hauff :
www.prisma-online.de/tv/person.html?pid=reinhard_hauff
Après la fin
des années quatre-vingt et le début
des années quatre-vingt-dix, surnommées
à juste titre « les années comédies
» en raison du grand nombre de comédies,
souvent sans grande prétention, qui ont vu
le jour, le cinéma outre-Rhin semble aujourd’hui
renaître de ses cendres. Deux éléments
illustrent cette nouvelle tendance.
D’une part, la productions de films est en
hausse : il suffit pour s’en convaincre de
constater le grand nombre de films allemands –
plus d’une cinquantaine – présentés
lors du 54e Festival International du Film de Berlin.
D’autre part, le cinéma allemand fait
à nouveau parler de lui sur le plan international,
notamment grâce au succès de films
tels que Lola rennt, (Cours Lola
cours, 1998), Bella Martha (Chère
Marthe, 2003) , Halbe Treppe (Frites
Et Folie, 2001), et tout récemment Good
Bye Lenin (2003).
Si
le douloureux passé de l’Allemagne
continue aujourd’hui à inspirer nombre
de cinéastes, ceux-ci semblent désormais
porter un regard nouveau, plus distancié
et finalement plus décomplexé, sur
l’histoire de leur pays. Ainsi, le film de
Margarethe von Trotta, Rosenstrasse,
évoque sans complexe la résistance
féminine sous le nazisme. Avec Good
Bye Lenin de Wolfgang Becker, c’est
l’effondrement de l’Allemagne de l’Est
au moment de la chute du mur qui est raconté,
et ce avec tendresse, humour et lucidité,
chose difficilement concevable il y a encore quelques
années.
Naturellement,
la nouvelle génération de cinéastes
n’hésite pas pour autant à aborder
des thématiques résolument contemporaines,
comme l’ouverture de l’Allemagne à
l’Est, une quinzaine d’années
après la réunification. C’est
par exemple le cas dans le film Lichter
(Au loin les lumières) de Hans-Christian
Schmid, qui relate de façon presque documentaire
plusieurs tentatives d'immigration de la Pologne
vers la ville de Francfort sur l’Oder en ex-RDA
et pose ainsi de façon très concrète
la question du rapport de l'Allemagne aux pays de
l’Est.
Réalisateur : Joseph Vilsmaier
Acteurs : Ben Becker, Heino Ferch, Ulrich Noethen,
Heinrich Schafmeister, Max Tidof, Kai Wiesinger,
Meret Becker, Katja Riemann, Otto Sander, etc.
Synopsis :
L’histoire vraie des Comedian Harmonists,
un sextuor très populaire de chanteurs barbershop,
victimes de l’antisémitisme et de la
montée du nazisme dans les années
trente…
« Cette comédie tragique, nourrie de
faits réels et de fiction, manie suspense
et émotion. On rit et on pleure. Comme lors
du concert d’adieu à Munich, en 1934,
suivi de l’ovation des deux mille spectateurs
qui se lèvent d’un seul élan.
» (Le Nouvel Observateur)
Réalisateur : Tom Tykwer
Acteurs : Franka Potente, Moritz Bleibtreu,
Herbert Knaup, Nina Petri, Armin Rohde, etc.
Synopsis :
Lola a vingt minutes, soit 1 200 secondes, pour
trouver 100 000 marks et les amener à son
petit ami Manni, qui doit à son tour les
remettre à midi à un trafiquant. S’il
n’y parvient pas, il sera tué à
coup sûr. Désespérée,
la jeune femme s'élance dans la capitale.
Elle a vingt minutes pour trouver l’argent
et sauver ainsi l'homme de sa vie...
Au rythme hallucinant d'une musique techno, Lola
rennt est une course contre la montre trépidante
qui fait monter peu à peu la pression chez
le spectateur…
Réalisateur : Vanessa Jopp
Acteurs : Marek Harloff, Franziska Petri, Roman
Knizka, etc.
Synopsis :
Aschleben, une petite ville de l'ancienne RDA, dans
les années quatre-vingt-dix : David et Benno,
amis d'enfance, tombent tous les deux amoureux d’Anna.
Bien qu'elle choisisse Benno, leur amitié
semble persister. David veut devenir photographe,
Anna une grande comédienne et Benno se lance
dans le commerce de grosses voitures américaines.
Ils essaient de réaliser leurs rêves,
mais la réalité les rattrape immanquablement…
Réalisateur : Christian Petzold
Acteurs : Julia Hummer, Barbara Auer, Richy
Müller, etc.
Synopsis :
Depuis quinze ans, Jeanne et ses parents, originaires
d'Allemagne, vivent dans la clandestinité.
Jeanne n'a jamais connu la vie normale d'une adolescente
: elle est seule et n'a jamais été
à l'école. Alors que ses parents sont
sur le point d'obtenir une identité légale
au Brésil, une petite négligence fait
tout basculer. Entre temps, Jeanne, qui ne peut
communiquer avec le monde extérieur, est
tombée amoureuse. Ses sentiments vont mettre
en péril la sécurité de sa
famille.
« À ceux qui ressassent la mort du
cinéma allemand, Contrôle d'identité
apporte un vrai démenti. » (Stéphane
Delorme, Cahiers du cinéma) Die Innere Sicherheit de Christian Petzold
a remporté un Lola d'or à la 51e cérémonie
du Prix du film allemand à Berlin.
Réalisateur : Margarethe von Trotta
Acteurs : Katja Riemann (prix de la meilleure
interprétation au Festival de Venise), Maria
Schrader, Martin Feifel, Jürgen Vogel, Jutta
Lampe, Doris Schade, Fedja van Huêt, etc.
Synopsis :
À New York de nos jours. La famille Weinstein
s'est réunie pour assister aux obsèques
du père. Son épouse Ruth tient à
observer les règles orthodoxes du deuil suscitant
l'incompréhension d'Hannah, sa fille. Une
cousine de Ruth, jusqu'alors inconnue d'Hannah,
se présente lors des funérailles.
Elle raconte à Hannah le passé de
sa mère et comment cette dernière
a été sauvée de la déportation
en 1943 par une femme nommée Lena Fischer.
Hannah décide de se rendre à Berlin
pour rencontrer la mystérieuse protectrice
de sa mère.
Rosenstrasse décrit, à la suite
d'un événement familial contemporain,
l'héroïsme des femmes allemandes qui
tentèrent de sauver leur mari juif séquestré
par les nazis. La dernière réalisation
de Margarethe von Trotta est autant un film sur
la mémoire d'une famille que l'exhumation
émouvante du passé de résistantes
berlinoises.
Réalisateur : Sandra Nettelbeck
Acteurs : Martina Gedeck, Sergio Castellitto,
Maxime Foerste, August Zirner, Ulrich Thomsen, Sybille
Canonica, Katia Studt, etc.
Synopsis :
Martha est une chef cuisinière talentueuse
dans un petit restaurant raffiné de Hambourg,
passionnée par son métier et célibataire
dans la vie. À la mort soudaine de sa sœur,
elle recueille chez elle sa nièce, Lina,
une petite fille de huit ans.
Martha lui promet alors de tout faire pour retrouver
son père qu'elle ne connaît pas, un
Italien retourné depuis longtemps dans son
pays.
Dans le même temps, Martha est confrontée
à l'arrivée d'un nouveau cuisinier,
Mario, lui aussi italien d'origine : elle le prend
instantanément comme son rival…
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