Comment organiser concrètement un projet d’échange international de jeunes plus écoresponsable ? Quels aspects essentiels peuvent être pris en compte ?
Cette liste de points d’attention et recommandations vise à sensibiliser les équipes à ces enjeux en leur donnant des pistes d’actions et des idées pour intégrer plus de durabilité et d’écoresponsabilité dans les projets de jeunesse.
Ce document, s’adresse aux organisateurs d’échanges internationaux de jeunes, aux équipes d’animation, ainsi qu’aux personnels enseignants et éducatifs.
Quelques conseils préliminaires
- Il n’est pas nécessaire d’être expert en environnement pour se lancer dans une démarche écoresponsable, ni même que le projet soit axé sur cette thématique !
- Il est intéressant de coopérer avec des acteurs locaux et spécialisés tels que des associations environnementales locales ou régionales, des collectivités (commune, département, région),… qui sont aussi déjà dans une démarche écoresponsable.
- Les actions mentionnées ne seront pas parfaites dès la première fois, certaines ne seront même pas forcément possibles dans un premier temps. Il est essentiel d’ajuster les actions en fonction des expériences faites et des réalités locales, puis d’évaluer les résultats.
Au niveau de l’équipe
▶ Veiller à une répartition équilibrée lors de la composition de l’équipe (expériences, compétences, genre, etc.)
▶ Encourager les organisateurs et organisatrices et le personnel pédagogique du projet à se former sur la thématique des rencontres de jeunes respectueuses de l’environnement et du développement durable (cf. Ressources).
▶ S’accorder au sein de l’équipe d’organisation sur des objectifs et critères environnementaux et de développement durable à appliquer pour le projet en question.
Inclusion sociale et équité
▶ S’assurer que les décisions prises n’excluent pas certaines personnes (facilité d’accessibilité pour personnes à mobilité réduite, coûts, etc.).
▶ Veiller à une formulation écrite et orale non discriminatoire.
Établir des partenariats locaux
▶ Travailler avec des organisations locales (associations, producteurs) en les impliquant, pour soutenir l’économie locale de manière durable.
▶ Essayer de créer des liens durables avec la structure qui accueille le projet, en les impliquant dans les activités (écoresponsables).
Participation
▶ Quand le groupe de jeunes est déjà constitué, construire le projet avec eux pour mieux prendre en compte leurs besoins et attentes, en particulier sur les enjeux environnementaux et climatiques.
▶ Assurer que, pendant toute la durée du projet (préparation, réalisation, suivi), la communication et la coopération se fassent de manière à préserver les ressources (utilisation responsable des données et outils numériques, faible consommation de papier et d’énergie).
▶ Maintenir une communication fluide avec les partenaires et les participantes et participants en les informant régulièrement sur les actions mises en œuvre en faveur de la durabilité.
Mobilité pour se rendre à l'échange
▶ Choisir des moyens de transport respectueux de l’environnement (à faible taux d’émission) pour l’aller et retour. Privilégier le train, le car pour un grand groupe, les transports en commun…
▶ Inciter les participantes et participants à le faire également pour se rendre au point de rendez-vous (transports en commun, covoiturage…).
▶ Si le voyage est très long, prévoir une étape (la nuit supplémentaire peut être subventionnée par l’OFAJ, cf. Directives).
▶ Sensibiliser aussi les participantes et participants sur le poids de leurs bagages pour les voyages en bus : plus les bagages sont lourds, plus le moyen de transport va devoir consommer de carburant, donc produire plus d’émissions de CO₂ !
▶ Calculer l’impact carbone du trajet prévu avec l’application Dekarbo de l’OFAJ.
▶ Inclure les équipes d’animation et le groupe dans la réflexion autour de l’utilisation pédagogique du temps de trajet (visite thématique, activités pour mettre en place une dynamique de groupe…).
Mobilité sur place
▶ Sur le lieu du projet, choisir des moyens de transport respectueux de l’environnement pour se déplacer lors des activités (transports en commun, location de vélo, marche).
▶ Organiser un rallye-vélo pour découvrir la ville ou les environs, un challenge « découverte » en transports en commun…
Choisir un lieu respectueux de l’environnement
▶ Prendre en compte l’aspect environnemental lors du choix du lieu du projet (accessibilité, environnement naturel…).
▶ Sélectionner si possible un hébergement avec des certifications écologiques ou une structure labellisée (Écolabel européen, clef verte, etc.), qui s’engage à respecter des critères stricts en matière de gestion de l’énergie, de l’eau, des déchets, et d’impact environnemental. Voir la liste des différents labels sur Dekarbo.
▶ Se renseigner sur la gestion des ressources, l’utilisation d’énergies renouvelables (solaire, éolien, biomasse) et la mise en place de mesures pour limiter la consommation d’eau et d’énergie. Si peu d’informations sont communiquées, demander des informations supplémentaires.
▶ Privilégier les aliments régionaux, de saison et issus de l’agriculture biologique.
▶ Promouvoir des repas végétariens ou végétaliens ; au moins, augmenter la part de repas végétariens.
▶ Expliquer au groupe les raisons de ce choix (par exemple, dans une fiche d’information envoyée aux participantes et participants à l’avance ou sous la forme d’une courte session pédagogique pendant le programme).
▶ Inciter en amont les participantes et participants à venir avec leur propre gourde et gobelet réutilisable pour éviter l’achat de bouteille d’eau et verres en plastique à usage unique.
▶ Lors du choix du restaurant ou du traiteur, vérifier qu’ils proposent au moins des repas végétariens équilibrés et au mieux qu’ils respectent des critères environnementaux et de développement durable.
▶ Penser à une solution pour éviter de jeter les restes de nourriture, surtout lors de buffets (voir aussi la catégorie déchets).
▶ Éviter le gaspillage et réfléchir à la réutilisation du matériel : investir dans du matériel durable et/ou réutilisable, trouver des alternatives au neuf (occasion, prêt…).
▶ Choisir du papier recyclé.
▶ Écrire des deux côtés du papier du flipchart et des cartes de modération.
▶ Éviter si possible les cadeaux, gadgets, etc. ou les choisir de manière écoresponsable.
▶ Prendre en compte la part importante de jeunes souffrant d’écoanxiété et respecter les sensibilités diverses par rapport aux émotions liées à cette thématique.
▶ Penser à l’importance de la qualité de l’air, de l’eau potable, de la qualité des aliments et d’activités en plein air pour assurer le bien-être des participantes et participants
▶ Utiliser les espaces naturels sur le lieu du projet pour favoriser le bien-être et sensibiliser les jeunes à l’importance de la biodiversité.
▶ Si possible, faire des sujets liés à l’environnement, au climat et au développement durable un thème central du projet, en les répercutant sur les actions concrètes menées sur place. Si ce n’est pas le thème principal du projet, créer des ponts avec les thématiques du projet. Une rencontre sur l’Histoire peut par exemple aborder aussi l’impact environnemental de la guerre.
▶ Permettre aux jeunes de confronter leurs visions et les différences de perceptions sur ces sujets entre des pays ou des personnes. Veiller à inclure et respecter la diversité des jeunes dans les discussions sur ces sujets, en prenant en compte leurs points de vue variés.
▶ Intégrer une réflexion sur l’impact différencié des pratiques écologiques selon les contextes sociaux et économiques des personnes (aspects de justice environnementale)
▶ Ne jamais laisser sans réponse une demande d’information ou de formation des jeunes sur les questions environnementales, si besoin, chercher les réponses ensemble.
▶ Permettre aux jeunes de vivre des expériences écoresponsables impactantes, grâce à l’échange (voyage en mobilité douce, cuisine végétarienne, activités de recycling…) ; ils acquièrent ainsi des connaissances qu’ils pourront intégrer dans leur quotidien.
▶ Permettre aux jeunes de devenir eux-mêmes des acteurs d’une démarche respectueuse de l’environnement et du développement durable au sein du projet en les intégrant aux réflexions et aux choix faits.
▶ Notre empreinte environnementale positive englobe toutes nos actions respectueuses du climat.
▶ Utiliser des outils numériques et des services en ligne à faible impact environnemental : fournisseur de messagerie durable comme Ecomail ou Posteo; serveurs écoresponsables; stockage de données raisonné. Le moteur de recherche Ecosia consacre par exemple 100% de ses bénéfices à la planète.
▶ Utiliser des outils de travail collaboratif qui permettent de centraliser les informations afin de réduire les échanges de courriels et de diminuer les impressions papier.
▶ Utiliser les plateformes numériques pour les échanges franco-allemands FriDa ou Tele-Tandem (partage de documents, visioconférence, travail collaboratif...) !
▶ Privilégier les solutions open source, qui ont une empreinte environnementale réduite, sont personnalisables et indépendantes des lobbys au monopole technologiques (par exemple BigBlueButton plutôt que Google Meet).
▶ Sensibiliser les participantes et participants à l’empreinte carbone du numérique, même pendant l’échange (streaming plutôt en basse résolution, utilisation du Wifi plutôt que des données mobiles, mise en veille des portables la nuit…).
▶ Pratiquer le tri sélectif des déchets, pour séparer les déchets recyclables, organiques et non recyclables, en coopération avec le lieu de séminaire, en ayant pris soin de s’informer sur le recyclage sur place :
- valoriser les biodéchets (composter les déchets organiques ou coopérer avec des services locaux de gestion des biodéchets)
- réduire la consommation d’emballages.
▶ Lutter contre le gaspillage alimentaire : organiser la redistribution des restes alimentaires par exemple par des associations locales ou prévoir des contenants pour conserver et réutiliser les excédents lors des repas suivants.
▶ Éviter l’achat de nourriture à emballage individuel.
▶ Sensibiliser les jeunes au respect des ressources et encourager les pratiques écoresponsables pendant le séjour (consommation responsable d’électricité, d’eau, de chauffage ; privilégier l’aération naturelle des espaces plutôt que la climatisation),
▶ Adopter les principes de l’économie circulaire en favorisant le recyclage, la réutilisation et la réparation des équipements utilisés durant le projet.
▶ Ne pas imprimer le programme par participant, mais plutôt l’afficher dans la salle ou le rendre accessible de manière numérique.
▶ Mettre en place un challenge avec les jeunes pour mesurer la quantité de déchets générée par jour et essayer de la réduire.
▶ Prendre en compte l’impact environnemental des activités proposées.
▶ Tenir compte des trajets, de la facilité d’accès et, le cas échéant, d’autres aspects environnementaux lors de la planification des activités sur place.
▶ Proposer au moins une activité directement liée au développement durable, à la gestion des ressources ou au dérèglement climatique.
▶ Proposer des activités axées sur la nature comme des randonnées ou des ateliers d’observation de la biodiversité.
▶ Envisager des actions compensatoires, par exemple grâce à des projets locaux de jardinage urbain ou de reforestation.
▶ Favoriser un contact du groupe avec la communauté locale, créer des liens entre les personnes et le lieu où vous mettez en œuvre votre projet.
▶ Prévoir des alternatives en cas de vagues de chaleur ou de fortes précipitations.
▶ Intégrer systématiquement les aspects du développement durable et de la protection de l’environnement dans l’évaluation du projet avec l’équipe.
▶ Effectuer un bilan à froid avec l’équipe pour analyser ce qui a fonctionné et ce qui peut être amélioré.
▶ Évaluer la réception et l’impact des mesures mises en place et utiliser les résultats pour améliorer les futurs projets.
▶ Communiquer sur les expériences et difficultés, valoriser les résultats obtenus.
▶ Estimer le bilan carbone du projet grâce à Dekarbo (la mobilité représentant 70 à 90 % des émissions d’une rencontre).
▶ Envisager des compensations, par exemple grâce à des projets locaux de reforestation ou d’énergie renouvelable.