Déclarations conjointes
du Ministre de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie de la République française,
du Plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne pour les affaires culturelles dans le cadre du Traité de la coopération franco-allemande,
de la Ministre fédérale de la formation et de la recherche
et de la Secrétaire d'Etat aux droits de la femme et à la formation professionnelle
relative aux
Comparaison et évaluation des initiatives dans le domaine de la qualification, de la formation professionnelle et de l'emploi des jeunes
La promotion de la mobilité dans le domaine de la formation professionnelle
La formation tout au long de la vie, dans ses aspects bilatéraux et internationaux


Conférence de presse conjointe du Président de la République, M. Jacques Chirac, du Premier Ministre, M. Lionel Jospin, et du Chancelier de la République fédérale d´Allemagne M. Gerhard Schroeder - Propos du Président et du Premier Ministre
Le président - Mesdames, Messieurs, je voudrais naturellement, et d'abord, dire notre joie d'accueillir nos hôtes aujourd'hui, à l'occasion de ce sommet franco-allemand, : le chancelier, les ministres, leurs collaborateurs, pour une matinée de travail qui a été, comme d'habitude entre nous, intéressante et positive, dans le cadre d'une journée qui va connaître un moment fort, qui est le discours que le chancelier va prononcer devant l'Assemblé nationale, cet après-midi. C'est la première fois qu'un chancelier allemand parlera devant le parlement français et c'est un événement auquel les parlementaires sont extrêmement sensibles et, je n'en doute pas, l'opinion publique française également.

Depuis le dernier sommet, le sommet de Toulouse, les choses se sont normalement développées entre nous. Il y a eu la fusion DASA-Aérospatiale Matra, qui a été un élément important de notre coopération industrielle. Il y a eu beaucoup de contacts, des contacts de plus en plus nombreux, à tous les niveaux, civils et militaires, notamment entre les ministres. Le Premier ministre et le chancelier se sont rencontrés, moi-même, j'ai passé une soirée avec le chancelier il y a encore quelques jours, à Berlin, d'ailleurs très agréable. Je veux simplement souligner par là l'intensité des contacts qui permettent de suivre en permanence tous les problèmes auxquels nous sommes confrontés et de le faire dans des ambiances agréables, amicales et donc positives. Notre travail a également été intense sur les grands problèmes internationaux, notamment le travail de nos ministres des Affaires étrangères et, sur ces grands problèmes internationaux, je pense notamment aux Balkans ou à notre réaction commune, qui s'exprimera d'ailleurs aujourd'hui par un communiqué très ferme, en ce qui concerne la Tchétchénie. Pour tout cela, nous avons des approches ou des réactions qui sont tout à fait identiques. Nombreuses manifestations, également, au niveau de notre société civile, succès du forum de Metz qui a rassemblé des entreprises, des universités, des étudiants, succès du colloque, à Paris, sur la société européenne de l'information, volonté d'aller plus loin dans le domaine de ces contacts en ce qui concerne la société civile. Un thème bilatéral important, qui a été évoqué et qui a fait l'objet d'une déclaration que vous aurez l'occasion de lire, est celui de la formation professionnelle. Nous avons la conviction qu'il y a un modèle franco-allemand qui peut devenir un modèle européen dans ce domaine si important pour l'avenir de la jeunesse et aussi de l'emploi. Nous avons également évoqué un certain nombre de problèmes bilatéraux, et en particulier une meilleure coopération en ce qui concerne nos réseaux diplomatiques et consulaires. Nous avons enfin évoqué, comme un thème du prochain sommet qui aura lieu au printemps à Mayence, le rapprochement des partenaires sociaux, patronat et syndicats et aussi, d'ailleurs, Chambres de commerce, allemands et français, pour les associer davantage à l'élaboration de nos politiques communes. Nous avons aussi eu une discussion approfondie sur le problème important qui est celui de la défense européenne. Je rappelle que la France et l'Allemagne sont à l'origine du projet de défense européenne. Elles en ont conçu l'idée, elles y ont les premières apporté une contribution concrète. Il s'agit toujours dans notre esprit de donner à l'Union européenne les moyens d'exister pleinement sur la scène internationale. Dans une dizaine de jours, le Conseil d'Helsinki devrait marquer une étape majeure du processus d'élaboration de cette défense commune. Il y aura des mesures concrètes, comme par exemple, probablement, la décision de confier - je dis probablement car la décision n'est pas encore prise - la décision de confier à l'Eurocorps la tête de la KFOR au Kosovo. Ce serait une étape importante dans ce processus que j'évoquais à l'instant. Pour la première fois, les Européens assumeraient la direction d'une opération de maintien de la paix majeure pour la stabilité européenne et ce serait l'aboutissement, d'ailleurs, d'une initiative franco-allemande que, vous vous en souviendrez peut-être, nous avions prise ensemble, à Toulouse. C'est également dans la déclaration le fait de mentionner d'autres contributions franco-allemandes concrètes, la poursuite du rapprochement de nos entreprises d'armement, la création d'un commandement européen du transport aérien qui devrait s'accompagner d'ailleurs du développement souhaitable, et dans des conditions qui restent encore à mettre au point, d'un avion de transport européen commun. C'est la contribution de capacités communes européennes en matière de renseignement.

Cette volonté devrait nous permettre, à Helsinki, de réaliser des progrès substantiels dans deux directions : d'une part fixer les objectifs de capacité militaire pour l'Union européenne et d'autre part mettre en place des structures militaires nécessaires au sein de l'Union européenne.

Enfin, nous avons évoqué bien entendu les problèmes qui seront évoqués à Helsinki au titre de l'élargissement et de la réforme des institutions. Je ne développerai pas ce point, puisque nous sommes dans ces deux domaines sur des positions tout à fait identiques et nous parlerons, comme en règle générale lorsqu'il s'agit de choses importantes, à Helsinki, sur ces points, d'une même voix.

Voilà ce que je peux vous dire sur nos entretiens de ce matin avant de donner la parole au Chancelier et au Premier ministre. Monsieur le Chancelier.

Le Premier ministre - Monsieur le Président de la République, Monsieur le Chancelier. Vous avez marqué, Monsieur le Président, l'importance symbolique et politique de l'événement que représente l'expression du chancelier devant l'Assemblée nationale française, à l'invitation de son président Laurent Fabius. Je serai très heureux d'être au banc du gouvernement cet après midi pour écouter le chancelier. J'ai la même appréciation que vous sur ce Sommet, qui est un bon Sommet. Nous avons eu ensemble une approche dynamique et commune des questions européennes et notamment de la préparation du sommet d'Helsinki grâce notamment au travail des ministres, mais aussi aux contacts que nous avons pu avoir au cours des derniers mois et des dernières semaines, parce que dans le respect de nos cultures, de nos sensibilités, de nos traditions en matière de défense, nous préparons en commun, là aussi, le Sommet d'Helsinki et parce que la déclaration qui a été adoptée sur l'éducation, la formation professionnelle, est une déclaration tout à fait importante. Je voudrais prolonger ce qu'a dit le chancelier Schröder. Nous sommes maintenant dans une situation où nous pouvons espérer raisonnablement que le chômage va diminuer dans nos pays. Il diminue en Allemagne, il diminue en France et il diminue, en France en particulier, régulièrement maintenant depuis 28 mois.

Certes, le chômage est beaucoup trop important mais dans le même temps, les premières tensions apparaissent dans certains secteurs sur le marché du travail : chômage global trop fort, manque de salariés dans un certain nombre de secteurs. De ce fait, la formation professionnelle va jouer un rôle décisif dans les hautes qualifications, sur les nouveaux métiers des nouvelles technologies, pour être capable de former aussi vite que possible les techniciens, les ingénieurs, les cadres de haut niveau et dans les qualifications plus basses pour permettre le retour au travail de couches sociales, ou de couches qualifiées, qui en ont été exclues et vers qui les entreprises vont devoir se tourner à partir du moment où le chômage va diminuer. Donc, c'est une question cruciale et il est très important de noter que le choix que nous avions fait ensemble de ce thème n'était pas un choix académique mais était un choix qui touchait une question absolument essentielle aujourd'hui et encore plus demain. Nous avons constaté, je n'y reviens pas, vous l'avez évoqué Monsieur le Président, Monsieur le Chancelier, notre bonne coopération au plan bilatéral dans toute une série de domaines, dans le domaine de l'éducation, de la formation, dans le domaine de la coopération en matière de transport et aussi dans des avancées industrielles. Cela m'amène à faire ma dernière observation, toujours en prolongeant ce qui a été dit à propos du thème du prochain Sommet. Nous envisageons même si nous ne l'avons pas arrêté formellement, comme l'a dit le président de la République, de traiter comme thème particulier - puisque dans chaque Sommet maintenant il y aura un thème particulier - la question des relations entre milieux économiques et partenaires sociaux français et allemands. Cela me paraît être une question tout à fait essentielle : d'abord d'un point de vue général, parce qu'il y a un certain modèle allemand de relations sociales que l'on a appelé souvent la "cogestion" et il y a une certaine approche française. Nous sommes convaincus que la qualité des relations sociales est un facteur de la compétitivité de nos entreprises. Donc, de façon globale, surtout à partir du moment où nous échangeons massivement les uns vers les autres, nous devons traiter ce thème. Mais il y a en plus un élément nouveau et une exigence concrète : Nous venons, par la fusion d'Aérospatiale-Matra et de DASA, de créer une nouvelle entreprise qui va s'élargir à d'autres partenaires notamment espagnols et qui peut s'ouvrir encore à d'autres. EADS va être une entreprise unique, intégrée, dans lequel le problème des relations sociales est un problème concret. Il y a des habitudes à DASA qui sont les habitudes allemandes, liées au modèle de cogestion et il y a des habitudes Aérospatiale-Matra, dans une seule entreprise. Il pourra y avoir, progressivement, un type unifié de relations sociales. Nous sommes maintenant confrontés, avec une telle entreprise, à un défi concret sur ce terrain. C'est pourquoi, je termine là-dessus, ce thème là encore n'est pas du tout un thème académique mais un thème extrêmement concret et qui montre la qualité de notre coopération.

Q - Monsieur le Président, Monsieur le Chancelier, vous avez évoqué le Sommet d'Helsinki, la semaine prochaine. Hier, à Bruxelles, le Conseil des ministres des finances s'est soldé par un échec au sujet de la fiscalité sur l'épargne M. Eichel, le ministre des Finances allemand, a prononcé des mots assez durs pour l'attitude britannique. Est-ce que vous deux, vous compter faire pression sur Tony Blair, le Premier ministre, la semaine prochaine à Helsinki. Et est-ce que, Monsieur le Chancelier, vous partagez le point de vue de votre ministre des finances selon lequel cela porte atteinte à l'euro ?

R - Le président - Il y a une divergence de vues connue entre, la quasi-totalité des pays de l'Union européenne et la Grande-Bretagne sur le problème de la fiscalité de l'épargne. Ce n'est pas une nouvelle, c'est un fait. Alors, les ministres compétents recherchent les voies et les moyens pour essayer de rapprocher les points de vue. Pour le moment tel n'est pas le cas, et nous n'avons pas l'intention de faire, comme vous le dites, des pressions sur le gouvernement britannique. Nous essayons de trouver avec lui une solution positive, mais je dois reconnaître que nous sommes pour le moment assez loin les uns des autres.

Q - A propos de l'euro, le moment n'est-il pas venu d'intervenir pour soutenir l'euro ? Deuxième question, quand les transports de déchets nucléaires de La Hague vers l'Allemagne vont-ils reprendre, avant ou après l'exposition 2000 à Hanovre ?

R - Le Premier ministre - Oui, sur le premier point, Monsieur le Président de la République, Monsieur le Chancelier, je crois qu'il convient de laisser à la Banque centrale européenne le rôle qui lui revient, d'agir. Nous ne pouvons éviter les commentaires publics à cet égard même si les ministres de l'économie et des finances des quinze, et en particulier de "l'euro 11", parlent naturellement avec les représentants de la Banque centrale dans les réunions qu'ils ont ensemble. Sur le deuxième point, cette question effectivement du retour des déchets nucléaires a été évoquée par moi dans l'entretien que nous avons eu avec le chancelier ce matin. Nous l'avons fait dans un esprit de compréhension des problèmes et des difficultés que chaque pays peut avoir à ce problème, des exigences aussi qui existent au plan international et bilatéral. Je viens d'entendre ce que vous a dit le chancelier, nous en avons parlé ensemble et je pense que nous pourrons trouver, le moment venu, une solution.

R - Le président - Sur l'euro, au-delà de ce que vient de dire, à juste titre, le Premier ministre sur le rôle de la Banque Centrale européenne, je voudrais vous dire que l'euro est fondé sur la première puissance économique du monde et, en plus, une puissance qui aujourd'hui se porte bien. Il n'y a donc pas lieu d'avoir le moindre doute ou la moindre inquiétude sur l'euro, qui garde une marge d'appréciation importante. C'est la raison pour laquelle je peux vous dire qu'en France, et ailleurs bien entendu, nous avons toute confiance dans l'euro.

Q - J'aurais voulu juste savoir si la question de la candidature de Turquie a été abordée pendant vos conversations ?

R - Le président - La question de la candidature de la Turquie est un sujet qui naturellement, a été abordé entre nous. D'ailleurs, entre l'Allemagne et la France il n'y a pas de divergence de vues sur ce sujet. Mais c'est un sujet qui est abordé depuis deux mois dans toutes les réunions bilatérales ou multilatérales européennes car tous, nous espérons très vivement qu'un accord définitif pourra être pris à Helsinki de telle sorte que, lors de la réunion d'Helsinki, la Turquie se voit attribuer le statut de candidat. Je l'espère, le Chancelier l'espère, nous l'espérons tous, pour dire la vérité.

Q - Je vais revenir sur la question de l'éducation parce que c'était un peu le sujet du jour. Mais, finalement, on arrive à une déclaration qui est quand même assez opaque dans sa formulation et je vous demande si finalement cela ne reflète pas une difficulté, sur ce genre de thèmes à travailler ensemble entre les deux administrations. Alors, est-ce que vous pourriez préciser un petit peu le message que vous voulez adresser un peu au corps enseignant, à tous ceux qui s'occupent de formation professionnelle, parce que je dois dire que je n'arrive pas très bien à le saisir.

R - Le Premier ministre - Je ne peux pas croire que qu'Henri de Bresson du "Monde", devant un texte, puisse conclure à son opacité. L'acuité de son regard et la capacité de ses analyses l'amènent, je crois, à comprendre que derrière des formulations qui sont assez générales, se retrouvent des engagements extrêmement précis et concrets ou des programmes de coopération. C'est là un document de trois pages. Il a le statut d'une déclaration des Chefs d'Etat et de Gouvernement, il est donc forcément général. Mais si, par exemple, on s'efforçait de vous décrire le colloque qui a eu lieu à Metz il y a très peu de temps, qui a rassemblé des entreprises françaises et allemandes, des universités, des structures consacrées à la formation professionnelle, vous pourriez alors mesurer à quel point, derrière presque chacun des intitulés de cette déclaration, on trouve un travail précis qui est engagé. Et quand on sait, par exemple, que 85 entreprises, dont la plupart de tout premier ordre, 110 établissements supérieurs, près de 5000 personnes, ont participé à ces journées, à ce forum franco-allemand, réunissant entreprises, universités, étudiants, à Metz, les 29 et 30 octobre derniers, quand on sait que cela a été l'occasion pour des centaines d'étudiants d'avoir des entretiens individuels avec des entreprises par exemple, y compris pour préparer des embauches, quand on voit à quel point le rapprochement des filières de formation supérieure franco-allemandes s'opèrent, comment nous passons à la vitesse supérieure avec la mise en place de l'université franco-allemande, et je ne prends là qu'un exemple, on comprend qu'il y a en réalité, derrière cette déclaration de caractère général ou plutôt de caractère synthétique et qui donne un certain nombre d'intitulés, toute une série de coopérations concrètes. Simplement, nous ne voulions pas vous transmettre un document de 50 pages. Je crois que c'est ça, peut-être, la réponse à votre question. Et si alors vous voulez creuser de plus près telle ou telle dimension, naturellement les ministères compétents au plan français ou au plan allemand, et particulièrement ceux qui conduisent ces coopérations, sont à votre disposition.

R - Le président - Juste une observation. Il y a très peu de temps encore, nous entendions souvent dire : l'Allemagne a un système de formation qui est meilleur que le nôtre, il faudrait essayer de voir si on ne pourrait pas l'imiter, notamment la formation en alternance etc... Aujourd'hui, des travaux ont été faits, des contacts réalisés. Le colloque de Metz a été effectivement un grand succès. Le chancelier dit : il faut qu'il y ait une convergence entre nos efforts et il faut que nous puissions nous inspirer de nos résultats. C'est déjà formidable ! Alors je ne parle pas ensuite du caractère concret des choses, qui a été souligné par le Premier ministre. Mais rien que le principe de dire : voilà, nos deux pays aujourd'hui travaillent ensemble sur les problèmes de formation pour aborder ensemble les problèmes de l'adaptation de la jeunesse au monde de demain, c'est formidable ! Ce n'est pas croire que c'est du détail.

R - Le Premier ministre - Si vous m'y autorisez, Monsieur le Président, pour répondre peut-être au désir d'une idée un peu générale ou un peu forte. Il me semble que l'Allemagne et la France, dans leur système de formation professionnelle, ont fait un mouvement l'un vers l'autre, ou l'une vers l'autre. La force du système allemand était son caractère concret pratique enraciné dans l'entreprise et je crois que nos amis allemands ont constaté que le problème d'une certaine formation générale était un problème qui devait être également traité mieux. La formation française, notamment dans l'Education nationale, était plus abstraite, plus théorique, et je crois que nous, par l'utilisation systématique de l'alternance, nous sommes en train de faire ce mouvement vers un enseignement plus pratique et davantage fondé sur une insertion dans le monde de l'entreprise. Et donc je crois qu'on peut dire qu'à travers ces multiples coopérations, c'est peut-être aussi deux philosophies qui se rapprochent et qui peuvent faire, comme l'évoquait je crois le Président tout à l'heure, une sorte de modèle franco-allemand, chacun gardant en même temps sa caractéristique qui peut être utilement présenté dans le débat à quinze.

Q - Est-ce que vous avez parlé des négociations de l'OMC qui commencent aujourd'hui à Seattle, et est-ce que vous avez trouvé une solution pour la succession de M. Camdessus à la tête du FMI ?

R - Le président - En ce qui concerne les discussions qui s'ouvrent à Seattle, nous en avons naturellement parlé, mais rapidement, puisque, comme vous le savez, il y a un mandat commun qui a été arrêté par les Quinze et qui a été donné à la Commission, qui va donc parler au nom des Quinze, par la bouche du Commissaire compétent, M. Pascal Lamy, en qui nous avons naturellement tous toute confiance pour défendre les intérêts de l'Union Européenne. Donc, il n'y a pas de divergence de vues entre nous sur ces problèmes. Des discussions ont déjà eu lieu.

Quant à la succession de M. Camdessus, nous n'avons pas encore évoqué ce problème, nous l'évoquerons au moment où il se posera réellement.

Q - Monsieur le Président, vous nous faisiez part récemment, à Istanbul, des conversations que vous avez eues avec le Chancelier Schröder et le président Boris Eltsine en ce qui concerne la Tchétchénie. Il y a eu un certain nombre de documents qui ont été signés par la partie russe lors de ce sommet. Or, depuis dix jours, M. Eltsine ne s'est pas fait beaucoup entendre, il est même hospitalisé, M. Poutine a eu des déclarations très très dures sur ce dossier. M. Ivanov a refusé hier à M. Vollebaek toute possibilité de médiation de l'OSCE et, depuis dix jours, les combats sur le terrain ne se sont pas arrêtés, c'est même plutôt le contraire. N'estimez-vous pas qu'il y a là de la part des russes une attitude singulière qui frise la provocation ?

R - Le président - Je l'ai dit au Sommet de l'OSCE à Istanbul et je le répète aujourd'hui : l'offensive en cours en Tchétchénie est une erreur tragique pour l'ensemble de la région. Les conséquences humainement dramatiques des bombardements et les très nombreuses victimes qu'ils provoquent sont tout à fait inacceptables. C'est la position de la France, c'est la position de l'Allemagne et les deux ministres des Affaires étrangères, M. Fischer et M. Védrine, ont fait approuver par le sommet un communiqué commun qui reprend cette position. Les moyens militaires employés ne permettront pas d'aboutir à une solution stable et durable, d'où notre demande que soit engagée la désescalade et recherchée une solution politique qui est seule à même de permettre d'arrêter les combats et de reprendre le dialogue.

Alors, lors du Sommet d'Istanbul, à la suite du travail réalisé par les cinq ministres des Affaires étrangères, dont le ministre allemand et le ministre français, avec l'américain, le russe et l'anglais, un accord est intervenu, lequel comportait d'une part l'affirmation que la solution ne pouvait être que politique, et, d'autre part, que l'OSCE pourrait envoyer une mission, c'est-à-dire son président, à Moscou et en Tchétchénie, c'est-à-dire à Grozny, et ceci dans les délais les plus brefs possibles. Nous avons constaté que le président de l'OSCE a été reçu à Moscou mais n'a pas pu se déplacer en Tchétchénie. Nous le déplorons et nous l'indiquons très clairement dans un communiqué qui va vous être remis tout à l'heure. Nous condamnons cette situation.

Q - Je voudrais savoir où va vous mener le voyage que vous devez faire, qui nous a été annoncé, en Afrique, avec le chancelier Schröder ? Si vous iriez en Afrique du Nord ou en Afrique noire. Quel est le but de ce voyage commun, s'il a bien lieu ?

R - Le président - Nous avons arrêté le principe, sans arrêter la date, d'un voyage en Afrique. Il s'agit de l'Afrique au sud du Sahara dans notre esprit. Nous n'avons pas encore arrêté la destination ni la date. L'objectif, c'est de marquer qu'il y a un intérêt commun franco-allemand pour les problèmes africains, qu'il s'agisse des crises que connaît ce continent ou qu'il s'agisse du développement qui doit être le sien et auquel nous entendons participer, qu'il s'agisse donc de l'amitié que nous lui portons ou de la coopération que nous voulons développer avec lui. C'est la marque d'un intérêt commun franco-allemand qui sera ainsi affirmé pour ce qui concerne l'Afrique./. 

Discours du chancelier fédéral Gerhard Schröder devant l'Assemblée nationale, le 30 novembre 1999 à Paris

Formule de politesse

Faire un discours devant la vénérable Assemblée nationale française, riche en traditions, est pour moi un honneur. Je vous remercie, Monsieur le Président Fabius de me permettre de prendre la parole devant cette grande institution.

Le Parlement français a marqué de façon importante le développement de la démocratie française ces derniers siècles.

De plus, votre parlement a contribué de façon décisive à la définition, au développement et à la transmission des idées démocratiques en Europe. Certains débats qui ont été menés ici, au cours du temps, ont eu un grand retentissement et cela bien au-delà des frontières de la France.

L'étincelle de la Révolution de 1848 qui a atteint les Länders allemands et de larges parties de l'Europe, venait de Paris et de l'Assemblée nationale.

La vision d'une Europe pacifique, exposée ici par Aristide Briand, retint l'attention de Gustav Stresemann au Reichstag allemand ; les débats sur la politique européenne après la guerre trouvèrent écho au Bundestag de Bonn.

Après tout, l'Assemblée nationale et le Bundestag allemand connaissent une tradition d'échanges étroits. Grâce à cela, ils sont représentatifs pour beaucoup d'institutions de nos deux pays, une expression du large fondement de la relation franco-allemande.

Existe-t-il , de toute façon, un domaine dans lequel la France et l'Allemagne ne sont pas étroitement liés, dans lequel ils ne se sont pas influencés fortement?

Bien sûr, pour les gens de mon pays, la France est surtout synonyme d'art, de création de mode et de villes d'une beauté classique qui conservent leur héritage dans l'honneur sans refuser la modernité.

Les musées et les paysages français sont, année après année, le but de millions de touristes allemands. La culture et la civilisation françaises ont une grande place bien établie en Allemagne.

Cette image de la France assure à votre pays une place prépondérante dans le cœur des Allemands. Ce n'est certainement pas un hasard si Rainer Maria Rilke a écrit quelques uns de ses plus beaux poèmes à Paris. " Le fleuve, les ponts, les longues rues et les places qui se dissipent, l'ampleur a tout absorbé et tout y est peint comme sur de la soie", c'est ainsi qu'il voit Paris.

Nos pays s'influencent dans le domaine culturel. Ils s'inspirent depuis toujours mutuellement.

Voltaire, un des intellectuels précurseurs de la Révolution française, trouva refuge au château de Sanssouci à Postdam. Heinrich Heine, à son tour, trouva refuge un siècle plus tard à Paris. Son œuvre " L'Allemagne, un conte d'hiver" témoigne d'une vision critique sur son pays, vision avivée en France.

Mesdames et messieurs,
la France représente aussi la technologie de pointe, l'ingéniosité scientifique et une infrastructure moderne et performante.

La France et l'Allemagne sont l'une pour l'autre de très loin le partenaire économique le plus important- bien plus que les Etats Unis ou le Japon.

En 1997, 17 pour cent des importations françaises, pour une valeur d'environ 316 milliards de francs français, venaient d'Allemagne, 16 pour cent des exportations françaises allaient en Allemagne, pour une valeur d'environ 271 milliards de francs.

La France est aussi un but apprécié des investissements allemands. Les investissements français contribuent à leur tour, de façon importante, à la construction des nouveaux Länders fédéraux.

Ils ont contribué à un nouveau départ, après la réunification, mais ceux-ci en retour ont permis aux exportations françaises en Allemagne d'augmenter sensiblement.

Face à cette liaison étroite, il n'est pas étonnant de voir des fusions d'entreprises justement entre nos deux pays.

Rhone-Poulenc et Hoechst ont uni leurs forces. La nouvelle entreprise Aventis a son siège dans la ville européenne de Strasbourg, ville symbolique située sur les deux côtés du Rhin.

La collaboration étroite pendant 30 ans dans le domaine aéro spatial a conduit à la fusion de DASA avec l'Aérospatiale ainsi que Matra. Ici des entreprises de pointe sur notre continent ont uni leurs forces de leur propre chef pour pouvoir agir, en position de force, ensemble dans le monde entier.

On pourrait continuer cette liste. Elle témoigne des liens innombrables dans tous les domaines de la vie. Avec le temps, des liens profonds se sont créés qui représentent les relations étroites franco allemandes.

L'amitié et la confiance nous lient. Dans le langage courant européen, on parle d'"acquis", c'est-à-dire de la base acquise par la collaboration étroite pendant des décennies et à partir de laquelle nos relations se développent de façon dynamique.

Notre "acquis" est solide. Les spectateurs de la chaîne franco allemande Arte peuvent en avoir, chaque soir, un aperçu.

Cette réalité des échanges entre nos deux pays contredit les présomptions qui reviennent sans arrêt, parlant d'un soi-disant désintérêt réciproque.

Une telle critique néglige le large fondement de nos relations et mesure l'état de ces relations, simplement et seulement, à partir de quelques gestes symboliques. Mais la collaboration franco-allemande est constituée avant tout de nombreuses réalités qui passent souvent inaperçues du public. Il n'existe, par exemple, avec aucun autre pays au monde, des échanges aussi étroits avec les jeunes et les étudiants. 

Notre tâche est de garder éveillé cet intérêt réciproque et de le renforcer. Il y a beaucoup de bonnes raisons d'être intrigué par l'autre, d'apprendre la langue du voisin et de faire sa connaissance, de faire connaissance de son pays et de ses coutumes.

L'évidence avec laquelle je parle des relations franco allemandes, témoigne déjà, après l'ère des confrontations, de l'énorme travail réalisé pour une bonne entente, une amitié et la recherche réussie de voies communes.

Même le partenariat le plus étroit n'est pas épargné, mesdames et messieurs, de conflits d'intérêts occasionnels. Ceci est naturel dans un monde de concurrence et de mutations rapides, dans un monde de défis permanents et de bouleversements qui se suivent toujours de plus en plus vite.

Nous avons appris ensemble à régler ces différences de façon loyale et dans la confiance mutuelle. Au vu de ce que nous avons dit, nous ne devrions pas toujours surévaluer les différences qui apparaissent mais plutôt de les considérer comme une stimulation pour chercher ensemble des solutions communes.

Nos relations se sont révélées être extrêmement stables et résistantes malgré certains mauvais présages. A cette occasion, nos relations ont du s'adapter rapidement aux circonstances changeantes, ce siècle dernier.

Cette année, nous avons fêté, le 9 novembre, le 10ième anniversaire de la chute du mur de Berlin. Je me souviens très bien comment cet évènement était perçu en Allemagne, d'abord avec effarement puis avec des ovations. En France, cet évènement fut comparé à la révolution de 1789.

En effet, la chute du mur représentait la libération de la moitié de notre continent et le retour de larges parties d'Europe dans la famille des Etats démocratiques.

Pour nous, la chute du mur était le début de la réunification de l'Allemagne.

En 1991, le parlement allemand décida de transférer la capitale à Berlin. Comme vous le savez, cette décision fut prise au profit de Berlin après des débats intensifs. La notion de "république berlinoise" fut créée dans ce contexte. Je sais par l'intermédiaire de nombreux interlocuteurs, surtout de France, que cette notion a d'abord éveillé la crainte chez certains amis.

Une question souvent posée: est-ce que l'Allemagne ne serait pas dirigée différemment de Berlin, est-ce que les paramètres de la politique étrangère allemande ne changeraient pas et enfin est-ce que les relations avec la France n'en souffriraient pas?

Je peux répondre à ces questions en une phrase: même à Berlin, la politique étrangère allemande est placée sous le signe de la continuité.

La ville de Berlin prend une place spécialement importante dans nos relations avec la France. La France a influencé Berlin, au cours de son histoire, comme aucun autre pays.

Dans une courte période à la fin du 17ème siècle, quelque 20.000 huguenots français émigrèrent à Brandebourg et surtout à Berlin. Avec une population totale à l'époque d'environ 50.000 habitants, ces personnes ont influencé extrêmement le développement de cette ville. A certaines époques, 1 berlinois sur 4 était français!

Les émigrants animèrent la vie économique et influencèrent le goût de leurs contemporains par leurs professions comme relieurs de livres, chapeliers, gantiers, orfèvres, joailliers, marchands de vins et cafetiers. 

Berlin profita énormément de cet afflux de personnes. En retour, ils reçurent des aides financières pour démarrer et l'obtention des droits de citoyens. L'influence française était importante au niveau de l'agriculture et des sciences, de l'art et de la culture, de l'éducation et de la gastronomie.

Un berlinois citerait un des classiques préférés de la cuisine berlinoise: la fricassé, les boulettes et les roulades.

Le Dom français rend éternelle l'influence architecturale des huguenots à Berlin. Les émigrants français appartenaient à un des premiers groupes de nombreux immigrants qui a influencé l'aspect de Berlin.

La ville a montré au cours de son histoire qu'elle accueille ouvertement ce qui est nouveau, qu'elle l'intègre et qu'elle se transforme toujours à nouveau.

En ce moment, nous voyons comment Berlin referme les plaies du passé. En même temps, de nouveaux bâtiments redonnent à la ville son identité unique.

Sur la place de Paris, à côté du Brandenburger Tor, se construit l'ambassade française: un bâtiment clair et accueillant grâce auquel la diplomatie française revient à Berlin à son emplacement de départ. Bien sûr: avec le déménagement à Berlin, le cadre, dans lequel l'Allemagne dirige, a changé. La politique allemande sera formée bien plus près de la réalité, dans une ville dynamique et vivante.

Une chose est aussi sûre: les paramètres de la politique étrangère allemande n'ont pas été changés à Berlin et n'y seront pas changés. La politique étrangère allemande était et est, tout comme la politique de notre partenaire, une politique d'intérêts quasiment "éclairée" au sein de l'Union européenne et l'Alliance nord transatlantique.

Pour moi, une politique d'intérêts bien comprise signifie la poursuite de buts que nous partageons, nous, Européens, mais surtout Français et Allemands: je pense en premier lieu à la garantie de la paix, de la liberté, de la prospérité et de nos identités nationales propres comme européennes.
Il n'est pas pensable, mesdames et messieurs, de parler de nos deux pays, de leurs relations, de leur avenir sans mettre la grande Union européenne en avant.

L'histoire de la réussite de la Communauté européenne et plus tard de l'Union européenne ne se laisse pas seulement mesurer avec des chiffres d'économie nationale qui reflètent notre prospérité croissante, mais par la force d'attraction toujours croissante de l'Union européenne.

L'Europe est marquée par la collaboration franco-allemande. Mais dès le début cette mission a dépassé le cadre du caractère bilatéral.

Il s'agissait d'une mission de réconciliation pour l'avenir, qui était conçue envers l'Europe. Le point de départ était, pour les deux pays, un désir fort de réalisation qui se donnait des buts à long terme.

La spécificité de l'entente commune entre la France et l'Allemagne était, est et sera indispensable aussi à l'avenir. Ceci est le fondement pour la responsabilité commune de nos deux peuples pour l'avenir de l'Europe.

Au seuil du 21ème siècle, la vision d'une Europe unie, pacifique et démocratique n'est plus une utopie mais une partie intégrante de notre vie quotidienne.

Le marché intérieur, l'économie et la devise unique européenne, une justice et politique intérieure commune ainsi qu'une politique étrangère et de sécurité commune forment le fondement pour un nouvel ordre politique, économique et social en Europe.

Mesdames et messieurs,
L'Europe compte sur la France et l'Allemagne. Aucune des grandes tâches européennes n'a jamais été accomplie quand la France et l'Allemagne n'étaient pas du même avis.

Aucun des grands projets européens d'intégration n'aurait été réalisé si la France et l'Allemagne n'avaient pas pris l'initiative.

A la fin de ce millénaire, tout dépend une fois de plus de la France et de l'Allemagne. L'Union européenne doit réaliser les conditions internes pour l'admission de nouveaux membres.

Sous la présidence de l'Allemagne, le cadre financier d'ici à l'an 2006 qui rendra possible l'admission d'un premier pays candidat dans l'Union a été décidé à Berlin.

Lors d'une rencontre du Conseil européen à Cologne, un planning a été mis en place pour la réforme institutionnelle de l'Union européenne.

Cette réforme doit être terminée sous la présidence française au deuxième semestre 2000 si l'Union veut- comme l'ont proposé l'Allemagne et la France en octobre à Tampere en Finlande - admettre d'ici l'an 2003 de nouveaux membres.

Ce planning serré a pour conséquence que le mandat de la future conférence du gouvernement sera limité: nous aurons à résoudre les trois questions institutionnelles qui sont restées ouvertes à Amsterdam- la taille de la commission, l'extension des décisions au conseil avec une majorité qualifiée et un nouveau partage des responsabilités du Conseil.

En outre, il faut tirer la leçon du retrait de la commission et ancrer dans un contrat les progrès faits jusqu'ici en ce qui concerne une politique commune de sécurité et de défense.


Je suis d'accord avec le président J.Chirac et le Premier ministre Lionel Jospin que le règlement en temps de ces questions est absolument indispensable pour la réussite de l'élargissement.

La France et l'Allemagne ont pris des engagements envers nos amis et partenaires en Europe centrale et du sud est. L'élargissement est un devoir de notre responsabilité historique envers ces pays mais aussi un devoir de notre prévoyance politique et économique.

C'est pourquoi nous allons ensemble insister en décembre à Helsinki pour commencer les négociations avec six autres candidats. Et nous nous engagerons fermement pour que la Turquie obtienne le statut de candidat à l'adhésion.

Mesdames et messieurs,
l'Europe de l'avenir doit pouvoir représenter ses intérêts de façon efficace dans le monde entier.

L'Euro est entré comme devise mondiale à côté du dollar, le marché intérieur européen est la plus grande zone économique dans le monde et l'Union européenne joue un rôle clé dans les négociations qui commencent en ce moment et qui concernent l'OMC.

L'Europe ne doit pas être un observateur au niveau international, mais il doit apparaître comme un acteur fort qui participe, de façon décisive, à la création de l'ordre mondial pour le 21ème siècle.

Ceci présume que nous, Européens, nous parlions d'une même voix et que nous fassions valoir nos revendications ensemble et de façon efficace.

Avec la nomination de Javier Solanas au poste de haut représentant pour la politique commune étrangère et de sécurité, nous avons réussi à faire un premier grand pas dans cette direction.

Dans une prochaine étape, nous devons nous attaquer à la création d'un fondement pour une politique européenne de sécurité et de défense et pour une gestion de crise efficace.

Sous la présidence allemande et avec le soutien français, nous avons pris la bonne direction lors du conseil européen à Cologne en juin.

Dans son plan d'action, en juillet, le président Chirac a présenté des propositions que nous soutenons beaucoup, pour le développement et la transposition des décisions prises à Cologne.

En décembre, à Helsinki, le Conseil européen doit donner des orientations importantes pour le développement de la politique européenne de sécurité et de défense.

L'Allemagne et la France vont dans le même sens. Je propose d'appréhender déjà maintenant ces questions, aussi et surtout, lors de contacts entre l'Assemblée nationale et le Bundestag allemand.

Ensemble avec nos amis britanniques, l'Allemagne et la France feront avancer le dossier afin que ces travaux, aussi dans ce domaine, puissent être terminés l'année prochaine sous la présidence française.

A l'avant plan, et à côté de la création de processus de décision efficace en temps de crise, se trouve surtout l'amélioration des capacités militaires de l'Union européenne. La crise au Kosovo a notamment montré que nous, Européens, avions des déficits, aussi bien au niveau de la reconnaissance qu'au niveau du transport aérien.

Il faut agir ici, car nous ne pouvons pas faire appel à la serviabilité de nos amis américains constamment et partout.

Notre responsabilité mais aussi notre amour propre en tant qu'Européens nous obligent à nous équiper nous mêmes des moyens nécessaires.

Dans un premier temps, je me suis mis d'accord avec le président Chirac sur une initiative franco-allemande qui a pour but la création d'un commandement du transport aérien.

Mesdames et messieurs,
l'état d'intégration européenne atteint jusqu'ici et l'extension prévue marquent une césure profonde dans l'histoire de l'intégration européenne.

Se pose la question dans toute sa dimension historique, où va cette Europe, quelle forme prendra-t-elle définitivement? Pour en venir au fait: se pose de façon toujours plus urgente la question sur le but du processus d'intégration européen.

Au début se trouvait l'Europe carolingienne. Puis la Communauté européenne, et par la suite l'Union européenne, s'est étendue au sud et au nord.

L'extension vers l'est est à faire. Avec elle, l'Union européenne rencontre une nouvelle dimension. Pour garantir le maintien de l'Union, nous voulons consolider son fondement constitutionnel à moyen terme. Ceci n'est pas un thème pour la prochaine conférence des gouvernements. Nous devrions néanmoins déjà maintenant ouvrir un débat sur ces questions.

Nous nous trouvons ensemble devant de nouveaux défis.

Nous avons besoin d'une réponse commune européenne à la mondialisation, la représentation efficace de nos intérêts à l'extérieur, l'extension de l'Union européenne, le renforcement de la capacité politique d'agir de nos institutions communes et le renforcement de leur légitimation démocratique.

Ce sont des tâches sur lesquelles l'Allemagne et la France doivent se concentrer.

En France, on a la notion d'"Europe puissance" qui convient très bien à notre but commun.

Dans le débat allemand sur l'Europe, cette pensée a malheureusement trouvé jusqu'ici peu d'écho. Je fais mienne, ici et aujourd'hui, de cette désignation française qui convient bien à notre vision commune de l'Europe future.

Nous voulons une Europe, consciente de sa propre valeur, qui représente ses intérêts avec succès et qui, à la fois, reste ouverte à la compétition mondiale pour trouver les meilleures solutions aux questions urgentes sur l'avenir. Dans cinq domaines, je vois un besoin d'action urgent.

Premièrement: l'affirmation culturelle de soi de l'Europe. Notre continent est marqué par une grande diversité, au niveau de la langue, de l'art, de la musique et des sciences humaines. Cette diversité est notre patrimoine commun et notre richesse.

Nous devons apprendre à faire connaître notre culture aussi bien à 'intérieur de l'Europe qu'à l'extérieur. Nous devons pour cela prendre de nouvelles voies. Des prestations culturelles de haut niveau, l'avant garde artistique sont tout aussi indispensables qu'une offre à succès - à succès économique aussi- pour un large public.

Si nous n'avons ici aucun succès, une sclérose culturelle nous menace qui, à long terme, s'accompagnera d'une perte de potentiel intellectuel et de capacité d'innovation.

Les films commercialisés dans le monde entier avec l'acteur célèbre sur tous les continents, Gérard Depardieu, montrent qu'une autonomie culturelle peut être aussi couronnée de succès.

Pourquoi les Européens ne seraient-ils pas capables d'exporter leur propre culture populaire et de conquérir ainsi les marchés et de donner une alternative à la monotonie qui nous menace.

L'Europe doit cesser d'être sur la défensive et doit chercher- en restant consciente de son grand héritage- la compétition avec les autres de façon offensive. Ceci est particulièrement clair dans l'industrie du film dans laquelle nos deux pays ont une grande tradition.

Nous devrions unir dans ce domaine nos ressources, nos talents et notre imagination. C'est pourquoi nous avons proposé, le président Chirac et moi même, de créer une académie du film franco-allemande.

Nos pays disposent d'excellentes infrastructures pour produire de bons films divertissants qui peuvent avoir du succès sur le marché européen mais aussi à l'extérieur.

Deuxièmement: la garantie et la consolidation du modèle européen de la société. L'Allemagne et la France partagent la conviction que l'autonomie individuelle et que la justice sociale sont les piliers de notre coopération sociale.

Les deux principes de base se retrouvent dans l'économie sociale de marché qui est la seule, parmi les autres ordres sociaux, à allier force et créativité de la compétition avec des chances justes. 

Nous savons que nous ne pourrons garantir durablement la croissance et la prospérité dans nos pays qu'en allant avec le marché et non pas contre le marché. Je suis néanmoins d'accord avec Lionel Jospin que nous ne devons pas permettre une commercialisation totale de tous les domaines de la vie.

Parce qu'elle est nécessaire pour la cohésion sociale de notre société, la lutte contre le taux trop important du chômage se trouve tout en haut de l'ordre du jour politique- en Allemagne, en France, en Europe. Nous misons pour cela sur les innovations et les investissements.

Nous misons aussi sur un état social efficace, qui encourage l'autonomie et l'indépendance individuelle, qui ne se limite pas à protéger mais qui incite à l'action.

Et nous misons sur l'éducation et la formation, sur une formation continue en reconnaissant que ceci est la clé pour faire participer les gens à la société d'information à venir.

Nos sociétés doivent faire face et feront face au changement par l'innovation et la mondialisation. Même s'il y a ici et là quelques petites différences d'opinion,
L'Allemagne et la France travailleront ici encore en étroite collaboration- de façon bilatérale mais aussi au niveau européen. 

Grâce à une politique prévoyante de la durabilité, nous voulons assurer les bases vitales pour les générations à venir.

L'Europe doit, troisièmement, réussir à mettre en valeur ses intérêts- aussi ses intérêts économiques- au niveau international. Nous devons nous imposer en tant qu'Européens face à nos concurrents. Ceci est surtout valable pour des domaines pour lesquels il s'agit d'emplois et de savoir faire mais aussi d'indépendance de capacité d'organisation et de la capacité future politique de l'Europe.

C'est pourquoi la deuxième série de négociations de l'OMC est d'une grande importance pour nous.

Le programme d'Airbus et d'Ariane sont des exemples pour la coopération étroite et couronnée de succès de la politique industrielle entre l'Allemagne et la France. La fusion de l'entreprise aérospatiale DASA, de l'Aérospatiale et de Matra crée une entreprise de renommée mondiale. C'est la ferme volonté des Européens de suivre au niveau de la concurrence économique mondiale.

Nous deviendrons ensemble plus forts en alliant nos forces. En même temps, nous prouvons notre détermination à répondre à notre responsabilité internationale.

Comme pour l'intégration européenne, la force décisive pour une indépendance indispensable de l'Europe vient d'un resserrement de liens entre l'Allemagne et la France. Une autonomie qui, d'ailleurs, est une base pour une coopération juste avec nos partenaires outre atlantiques.

L'Union européenne doit- quatrièmement- devenir une zone de liberté pour nos citoyens qui pourront tirer profit dans toute son ampleur de l'accord européen.

Lors du conseil européen de Tampere, les chefs d'Etats et de gouvernements ont décidé un programme ambitieux afin d'atteindre le but du traité d'Amsterdam, la création d'une zone de liberté, de sécurité et de droit.

Il s'agit de trouver consciencieusement, aussi au niveau européen, l'équilibre entre le droit à la liberté individuelle et le droit de tous à une grande mesure de sécurité intérieure. Tampere est le début d'une vraie politique intérieure et de justice au niveau européen mise en place sur plusieurs décennies.

Il sera du ressort de l'Allemagne et de la France de mener à bien ce projet d'intégration énorme dont beaucoup sous estiment l'ampleur.

Nous devrons souvent nous faire violence. Nous avons besoin pour cela de compréhension réciproque et de soutien. La capacité d'action de l'Union à l'extérieur n'a pas suivi l'allure des progrès de l'intégration.

C'est pourquoi, et j'en arrive à mon cinquième point- nous devons faire avancer la politique commune étrangère et de sécurité de l'Union européenne.

Les décisions pour l'expression d'une politique européenne de sécurité et de défense doivent être prises sous la présidence française afin que l'Union obtienne une plus grande capacité d'action dans la gestion des conflits.

C'est une étape importante pour laquelle la France aura entièrement notre soutien. De plus, la France et l'Allemagne devront, dans une perspective à long terme, réfléchir ensemble comment la défense commune de l'Union européenne, mise en place, doit être aménagée dans le contrat, sans remettre en question la solidarité de défense transatlantique.

Mesdames et messieurs, nous allons devoir nous poser à nouveau la question, en traitant ce point, et en toutes conséquences, de la raison politique de l'accord européen.

En fin de compte, il s'agit du fondement institutionnel d'une union qui, d'un côté, devient de plus en plus hétérogène de par l'intégration de nouveaux états membres et qui, d'un autre côté, n'est pas encore assez aménagée pour un commerce fort à l'intérieur comme à l'extérieur.

Selon la conception franco-allemande, l'Union européenne est plus qu'une alliance de nations individuelles qui a pour but d'augmenter la bienfaisance nationale.

L'Europe était, est et reste pour nos deux pays une vision politique:

Avec l'Europe, nous associerons toujours l'ambition de trouver ensemble des solutions communes et d'avoir du poids dans ce monde qui change à toute vitesse- non pas pour abandonner, ni même niveler, notre identité et autonomie nationales mais bien plus parce que nous voulons assurer cette identité et la conserver dans une identité européenne de grande envergure.

La France et l'Allemagne vont devoir donner une impulsion commune pour ces questions difficiles. Nous devrions déjà aujourd'hui ouvrir ce débat nécessaire. 

Dans ce contexte, je voudrais seulement rappeler que nos deux pays ont pris un rôle d'entraîneur aussi pour la création d'une charte européenne des droits fondamentaux- un projet qui a été mis en route sous la présidence allemande et qui sera terminé sous la présidence française au deuxième semestre 2000.

La charte des droits fondamentaux représentera pour nos citoyens et citoyennes une orientation de grande valeur.

Mais, elle marquera aussi et de façon décisive, et je n'ai pas besoin ici d'insister, la discussion sur la future constitution institutionnelle de l'Europe.

Mesdames et messieurs,

Victor Hugo écrit: "deux nations ont créé l'Europe: la France et l'Allemagne". L'Allemagne et la France sont en effet le cœur de l'Europe.

Nous, Français et Allemands, voulons préparer ensemble et avec nos partenaires européens notre continent aux nouveaux défis futurs.

Nous ne voulons pas, à cet effet, de super Etat européen, mais plutôt une Europe de la diversité, proche du citoyen, qui reflète la contribution et les traditions de ses membres.

En fin de compte, ce sont les gens qui marquent notre continent. Les Français, les Portugais, les Finlandais et les tchèques, c'est-à-dire les Européens, ont chacun leurs points de vue et leurs expériences.

Les rencontres, les études à l'étranger, les relations commerciales, les groupes familiers ainsi que les visites contribuent à se former une image du voisin. Nous pouvons ainsi abandonner les clichés qui ont laissé leur empreinte pendant longtemps.

Tous les Européens devraient participer à cette grande œuvre de reconnaissance. J'espère ici aussi que l'Allemagne et la France serviront à l'avenir d'exemple, que nos deux pays seront adoptés par un nombre de gens toujours croissant.

J'aimerais pour finir en appeler aux citoyens de l'Allemagne et de la France: ayez confiance en notre volonté commune de progresser, de façon imperturbable, sur ce chemin!

Je vous remercie.

Déclaration du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité 

Rappelant les engagements pris ensemble à Toulouse, lors de la session du Conseil franco-allemand de défense et de sécurité, de contribuer de tout le poids de nos deux pays à ce que l'Union européenne se dote des moyens autonomes nécessaires pour décider et agir face aux crises ;

Réaffirmant également la volonté des Quinze exprimée à Cologne de renforcer à cette fin les capacités militaires européennes, notamment en matière de renseignement, de mobilité stratégique, de commandement et de contrôle ;

La France et l'Allemagne attendent en conséquence du Conseil européen d'Helsinki des avancées substantielles dans l'élaboration d'une politique européenne de défense et de sécurité et se déclarent résolument en faveur à cette occasion de progrès décisifs pour le développement des capacités militaires de l'Union européenne et de décisions pour la mise en place des organes de décision comme des instruments militaires au sein de l'Union européenne. Ces éléments sont indispensables pour donner à l'Union européenne la capacité autonome de décider et, là ou l'Alliance en tant que telle n'est pas engagée, de lancer puis de conduire des opérations militaires. A cet égard, la France et l'Allemagne recommandent au Conseil européen d'Helsinki d'endosser la proposition fondée sur le document intitulé "Organes militaires, planification et conduite d'opérations menées par l'Union européenne".

Conscient de l'importance d'une base industrielle technologique forte et compétitivité, nos deux pays se félicitent vivement de l'avancée majeure que constitue le rapprochement de nos industries d'armement au sein de la nouvelle EADS. La fusion Aérospatiale-Matra/DASA facilitera notre coopération autour de programmes communs.

La réalisation de nouveaux programmes nécessitera de rechercher des convergences bilatérales, notamment en relançant nos efforts d'harmonisation des besoins futurs. Dans ce cadre, nous avons décidé de comparer nos plans respectifs concernant le renforcement des capacités de renseignement, de mobilité stratégique, de commandement et de communications ainsi que de continuer à développer nos capacités militaires dans ces domaines :

S'agissant plus spécifiquement de la capacité de renseignement, qui constitue un élément central de l'autonomie d'appréciation et de décision de l'Union européenne, nous sommes déterminés à fédérer les moyens existants ou à venir, y compris dans le domaine spatial, pour constituer des capacités communes européennes.

S'agissant de la mobilité stratégique, nous proposons à terme de créer, par étapes et dans le cadre multinational approprié, un commandement européen du transport aérien afin de gérer en commun les moyens européens de transport aérien militaire disponibles et de coordonner l'emploi des moyens civils éventuellement utilisés. Cette coordination entraînera des effets de synergie et permettra une optimisation des coûts. Elle renforcera en même temps l'incitation à l'acquisition et à l'utilisation communes des moyens ainsi qu'a une formation commune des personnels. Le Conseil franco-allemand de défense et de sécurité a chargé les ministres de la Défense de la mise en oeuvre de l'initiative vis-à-vis à mettre sur pied un commandement européen du transport aérien.

Nous affirmons ainsi notre volonté de parvenir à une décision commune sur le développement et l'acquisition, de toute façon nécessaire, d'un avion de transport européen commun, au vu du rapport technique déjà soumis.

S'agissant des capacités de commandement et de contrôle, nous rappelons l'annonce fait à Toulouse et la décision de Cologne des Etats membres relative à la transformation du Corps européen, et en premier lieu de son état-major, en Corps de réaction rapide. Nous nous félicitons, avec nos trois partenaires, des progrès réalisés depuis lors, qui permettent aux Etats participants de proposer l'état-major de cette grande unité comme structure de commandement de la KFOR pour assurer dans le courant de l'année 2000 la relève de Landcent.

Nous saluons l'arrivée prochaine au Corps européen d'officiers de liaison d'autres pays membres de l'Union européenne, prélude à une participation élargie aux activités du Corps.

Nous reconnaissons de même l'intérêt d'insérer sur une base permanente, dans les QG nationaux interarmées, des officiers d'autres nations de l'Union européenne.

Nous nous félicitons de la signature aujourd'hui même d'un protocole relatif au partage de capacités sur le premier satellite de télécommunications de nouvelle génération SYRACUSE 3. Cela constitue la première étape d'un projet de coopération sur un système si complet de télécommunications spatiales.

Nous sommes convaincus que ces mesures apporteront une contribution essentielle et efficace au développement de la Politique européenne de sécurité et de défense par des moyens pratiques, dans le cadre de l'Union européenne et en accord avec les décisions de Cologne, contribuant ainsi au renforcement du pilier européen de l'Alliance. Dans l'esprit des résultats du Sommet de Washington, nous contribuons également par là à l'amélioration de ses capacités de gestion de crise et à la vitalité d'une Alliance modernisée.

Le Conseil se félicite de l'intention des ministres de la Défense de créer des cours de langues française et allemande communs pour des officiers supérieurs des deux pays. Un premier cours pilote doit avoir lieu en 2000./.

Déclaration des Chefs d'état et de gouvernement sur l'éducation, la formation professionnelle et l'emploi 

1- Au seuil du XXIème siècle, la France, l'Allemagne et l'Europe toute entière, font face à de nouveaux défis posés, dans un contexte de croissance retrouvée, par la globalisation et par les mutations structurelles de l'économie, du travail, des technologies et de la société. Des efforts communs de nos gouvernements avec la participation des acteurs économiques et des partenaires sociaux doivent donner de nouvelles chances aux jeunes et aux actifs d'y faire face. Plus que jamais, la formation, l'emploi et la qualification professionnelle sont donc des questions centrales pour l'Europe, décisives pour la capacité d'innovation de nos systèmes économiques et pour l'avenir de nos citoyens.

La lutte contre le chômage s'inscrit en tête des priorités des pouvoirs publics de nos deux pays qui soutiennent la stratégie européenne pour l'emploi. La formation et la qualification professionnelles en sont un aspect fondamental. Nos deux pays soutiennent les initiatives européennes pour l'emploi. Des premiers succès en matière d'insertion économique et sociale des jeunes sont déjà sensibles. Il s'agit de conforter ensemble cette dynamique.

D'ores et déjà, la France et l'Allemagne coopèrent étroitement depuis 1980 dans le domaine de la formation professionnelle, en s'appuyant sur une commission d'experts, le Secrétariat franco-allemand pour les échanges professionnels et l'Office franco-allemand pour la jeunesse. Plusieurs dizaines de milliers de jeunes ont ainsi participé à des échanges dans ce domaine.

Aujourd'hui, nous sommes convaincus que par des mesures de coopération franco-allemande, nous renforçons la capacité de nos jeunes et de nos actifs à s'insérer dans le monde du travail, tout en consolidant la place de nos deux pays et de l'Europe dans la compétition mondiale de la capacité et de la créativité et en contribuant, grâce aux valeurs que nous avons en commun, à l'émergence d'un modèle social européen.

* * *

II- C'est pourquoi nous, Chefs d'Etat et de gouvernement de la France et de l'Allemagne, avons décidé de donner de nouvelles impulsions à notre coopération, pour soutenir, par l'éducation et la formation professionnelle, notre combat commun contre le chômage des jeunes et pour l'accès de tous à l'emploi. A l'issue du travail mené, dans le cadre de ce sommet et à notre demande, par le ministre français de l'Education nationale, de la Recherche et de la Technologie, par la secrétaire d'Etat française aux Droits des femmes et à la formation professionnelles, par le plénipotentiaire allemand pour les relations culturelles franco-allemandes et par la ministre allemande de la Formation et de la Recherche, les sujets suivants ont été choisis comme thèmes d'une coopération franco-allemande renforcée, qui nous permettra de progresser ensemble de façon plus systématique et plus rapide :

1 - Rapprocher nos plans d'action en matière d'insertion des jeunes

Afin d'élargir nos possibilités de coopération et de tirer réciproquement profit de nos expériences, nos mesures et programmes nationaux d'insertion et d'accès à la qualification seront comparés et évalués.

A cette fin, les échanges existants incluront davantage de responsables des programmes de formation et de qualification professionnelle (formateurs, enseignants, praticiens).

2 - Multiplier les échanges, accroître la mobilité dans le cadre de la formation professionnelle.

L'intensification recherchée de la coopération entre nos deux pays passe par l'augmentation du nombre des échanges. A cette fin, nos deux pays s'attacheront à créer des conditions favorables :

- l'augmentation des offres de stages par les entreprises sera encouragée par des mesures adéquates,

- les stages à l'étranger seront davantage intégrés dans la formation professionnelle initiale,

- le développement des réseaux régionaux et locaux, dont le rôle opérationnel pour le développement des stages est essentiel, sera encouragé,

- les échanges seront étendus à des nouveaux publics, par exemple les bénéficiaires des programmes français "nouveaux services emplois jeunes" et du programme allemand d'action d'urgence pour l'emploi des jeunes,

- les obstacles à la mobilité seront recensés, une action systématique visant à leur élimination sera entreprise,

- l'apprentissage de la langue du partenaire, qui constitue un préalable à la réussite des programmes d'échanges, sera facilité par la mise en place de méthodes adaptées, dans un cadre professionnel,

- des qualifications franco-allemandes complémentaires spécialisées seront davantage développées.

3. Relever le défi des qualifications de demain

Le développement de l'emploi dans de nouveaux domaines fournit de nouvelles chances pour les jeunes et les adultes mais place la formation professionnelle devant une exigence de renouvellement. Décidées à y répondre ensemble, la France et l'Allemagne prépareront en coopération un bilan prospectif des nouveaux profils de qualification dans des secteurs innovants, en particulier les technologies de l'information et de la communication et les services.

4. Promouvoir la formation tout au long de la vie

Conscientes que la formation tout au long de la vie constitue de nos jours une adaptation indispensable au rythme rapide de mutation de l'environnement technologique et professionnel, nos deux pays :

- intensifieront leur coopération en matière d'élaboration des stratégies de formation initiale et continue,

- amélioreront leurs échanges d'expérience et l'information réciproque dans le domaine de la formation tout au long de la vie (et en particulier sur le site Internet commun "réseau franco-allemand"),

- auront pour objectif que les projets-pilotes dans le cadre des programmes communautaires de formation LEONARDO et SOCRATES reçoivent un plus grand soutien,

- renforceront la coopération sur l'enseignement assisté par les médias, la formation ouverte et à distance notamment en ouvrant la formation continue au partenaire,

- offriront l'expertise acquise en franco-allemand dans le domaine de la formation continue à des pays-tiers, notamment dans la perspective de l'élargissement de l'Union européenne./. 

Déclaration des Ministres des Affaires étrangères de France et d´Allemagne sur la Tchéchénie
Nous regrettons qu'à l'occasion de la visite à Moscou, le 29 novembre, de M. Vollebaek, président en exercice de l'OSCE, aucune date n'ait été fixée pour sa mission au Nord Caucase.
- Nous appelons la Russie à tenir les engagements qu'elle a pris au Sommet d'Istanbul: l'OSCE doit pouvoir jouer son rôle dans le règlement de la crise.
- Nous sommes choqués par les conséquences de la répression pour les populations civiles. Nous demandons aux autorités russes de permettre l'acheminement de l'aide humanitaire internationale.
- Nous réaffirmons notre conviction que la question de la Tchétchénie ne peut être résolue que par une solution politique. Celle-ci passe par l'ouverture, sans délai, d'un dialogue./.

Déclaration conjointe
du Ministre de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie de la République française,
du Plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne pour les affaires culturelles dans le cadre du Traité de la coopération franco-allemande,
de la Ministre fédérale de la formation et de la recherche
et de la Secrétaire d'Etat aux droits de la femme et à la formation professionnelle

relative aux

Comparaison et évaluation des initiatives dans le domaine de la qualification, de la formation professionnelle et de l'emploi des jeunes

Conformément aux décisions prises par le Conseil européen, lors de sa session extraordinaire de Luxembourg en 1997, la France et l'Allemagne ont inscrit les objectifs de leur politique de l'emploi dans leur plan national d'action pour l'emploi respectif.

Les deux pays accordent une priorité absolue à la lutte contre le chômage des jeunes et ont développé à cette fin des programmes nationaux. Il s'agit en premier lieu, dans le cadre de ces programmes, d'apporter une qualification professionnelle, en particulier aux jeune défavorisés, et de leur donner des chances d’accès à l'emploi. Ces mesures sont prises dans une perspective individuelle et orientées de manière à donner aux jeunes des chances égales d’accès au monde du travail et d’intégration à la vie sociale. Pour y parvenir, un système efficace de conseil et d'accompagnement est indispensable.

Les expériences acquises jusqu’à présent par les deux gouvernements font apparaître qu'une coopération étroite des acteurs, au niveau régional et local, contribue de manière essentielle au succès de ces programmes. 

Les deux parties conviennent donc de mesures concrètes pour une coopération approfondie, avec l'objectif d’acquérir de nouvelles connaissances et de nouvelles expériences pour leurs initiatives nationales respectives et d'ouvrir de nouvelles possibilités pour des activités communes.

1 Evaluation des programmes
Les deux parties conviennent de la mise en place d'un contrôle concerté des conditions de la réussite, ainsi que de l'évaluation des programmes et des mesures, afin de combattre le chômage des jeunes et de leur garantir la possibilité d’accéder à la formation professionnelle. Dans le but de déterminer prioritairement les modèles qui ont fait leurs preuves, elles conviennent également d'identifier les raisons et les conditions de succès de ces mesures et de mettre rassembler de part et d'autre ces expériences comme autant de bonnes pratiques.

Au centre de ce dispositif se situent les programmes de lutte contre le chômage des jeunes ("nouveaux services, emplois-jeunes" et "nouvelles chances" du côté français, ainsi que le "programme d'urgence" et la "promotion des jeunes défavorisés" menés du côté allemand par l’intermédiaire de l'Agence fédérale pour l'emploi). Ces programmes seront examinés en partie sous l’angle de l’insertion des jeunes sortis du système scolaire sans qualification.

La commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle est chargée de mettre en place un groupe de travail composé d'experts et de responsables de programmes issus du terrain et de l'administration, ayant pour mission d’effectuer une évaluation conjointe. Les premiers résultats seront présentés à la commission qui se réunira à l'automne 2000.

2 Réseaux régionaux de coopération, bilan et développement
Les deux parties conviennent de soutenir la mise en place et le développement de réseaux régionaux de coopération pour la promotion professionnelle des jeunes et de dresser le bilan des expériences innovantes. Pour l'automne 2000, un programme commun de promotion de la coopération de réseaux régionaux et locaux sera élaboré et présenté à la commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle. La mise en ouvre de cette coordination conjointe sera, du côté allemand, du ressort du B.I.B.B. (institut fédéral de la formation professionnelle) et, côté français, de celui des ministères compétents en matière de formation professionnelle.

3 Inventaire et échanges de bonnes pratiques
Les deux parties conviennent de l'extension des échanges bilatéraux aux responsables participant directement aux programmes mentionnés au titre I précité (formateurs, enseignants, praticiens) afin d'assurer l'identification et le transfert des exemples de bonnes pratiques. Des jeunes participant aux programme devront aussi, dans le mesure du possible, être impliqués dans ces échanges. La mise en oeuvre de ces mesures est confiée à l’office franco-allemand pour la jeunesse (O.F.A.J.) et au secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (S.F.A.), dans le cadre du programme de formation professionnelle LEONARDO da VINCI.

Déclaration conjointe relative à
La promotion de la mobilité dans le domaine de la formation professionnelle

1 Compte tenu des succès qu'elle a remportés et dans la perspective de la stratégie d’action pour l’emploi adoptée par le Conseil européen extraordinaire de Luxembourg, la coopération franco allemande en matière de formation professionnelle doit être préservée, intensifiée et élargie.

La coopération entre l’Allemagne et la France dans le domaine de la formation professionnelle est en effet exemplaire pour l’Europe. Des milliers d’entreprises, d'écoles et d'établissements de formation professionnelle coopèrent depuis des années avec succès. Les gouvernements des deux pays partenaires soutiennent les mesures appropriées dans le cadre de cette coopération et tiennent ainsi compte de l'étroite relation entre qualification et emploi dans une Europe en construction. 

Plus de 20 000 jeunes et adultes participent à des programmes communs avec le pays partenaire par l’intermédiaire des organismes chargés de mettre en oeuvre des programmes d'échanges professionnels: l’office franco-allemand pour la jeunesse (O.F.A.J.) et le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (S.F.A.), L'expérience ainsi acquise a conduit a une meilleure compréhension réciproque des systèmes de formation et accru la transparence des possibilités d’emploi.

Préparer les jeunes a une mobilité transnationale accrue dans un cadre européen revêt une importance primordiale. Les deux parties jugent positive l’augmentation constante, ces dernières années, du nombre de jeunes qui effectuent une partie de leur formation dans le pays partenaire, sur la base de la Convention intergouvernementale de 1980.


2 Les gouvernements des deux pays conviennent, sur la base des décisions du Sommet culturel de Weimar de 1997 et compte tenu de ce qui a déjà été réalisé, d’intensifier encore leur coopération en matière de formation professionnelle et de la compléter par de nouvelles avancées.

Convaincues que dans une Europe en construction et une économie qui se mondialise, la promotion de la mobilité professionnelle revêt une importance particulière pour l’acquisition de qualifications internationales,

1 les deux Parties ont créé des conditions permettant à des organismes de procurer des stages dans les pays partenaires. L'édification d’un réseau de communication a l’intention des entreprises allemandes et françaises et des établissements d’enseignement professionnel est considérée comme une étape importante pour que des stages puissent être réalisés en fonction des besoins et des spécialités proposées. Ainsi, du côté allemand, l’Office du travail (Arbeitsamt) de Rastatt a mis en place un réseau efficace de services ;

2 les deux Parties poursuivent leur action afin d'éliminer les obstacles a la mobilité qui subsistent encore dans les domaines concernés. Les progrès obtenus en la matière feront l’objet d’une présentation à la commission franco allemande des experts pour la formation professionnelle à l’automne 2000 ;

3 les deux Parties s’efforcent de mettre en oeuvre rapidement les décisions du Conseil européen concernant l’introduction de l’Europass-formation, instrument important qui permettra d’attester de périodes de formation en entreprise acquises dans le pays partenaire ;

4 les deux Parties entendent faire en sorte que les stages à l'étranger soient plus fortement intégrés dans la formation professionnelle initiale. Elles appellent les entreprises et les organismes publics des deux pays à accentuer nettement leurs efforts en ce qui concerne les propositions de stages. Elles se félicitent des initiatives prises pour instaurer des partenariats dans ce domaine.

Convaincues que l’acquisition de qualifications professionnelles supplémentaires, en complément de la formation initiale, contribue de manière importante à moderniser la formation professionnelle, les deux Parties encouragent l’extension d’initiatives pour la mise en place de qualifications franco-allemandes complémentaires spécialisées. Ces initiatives devront également inclure les compétences interculturelles et la connaissance de la langue du partenaire.

Convaincues qu'une importance particulière doit être accordée à la transparence et à la comparabilité des diplômes professionnels, les deux parties ont créé les conditions qui permettent de réaliser des descriptifs de métiers dans la langue du partenaire, afin de favoriser la mobilité et d’accroître les possibilités d’emploi dans le pays partenaire et en Europe, principalement au profit des jeunes.


3 Conformément aux décisions du Sommet franco-allemand de Potsdam, en 1998, les gouvernements des deux pays conviennent de développer la coopération dans le domaine de la formation professionnelle de la façon suivante.

1 L’office franco-allemand pour la jeunesse (O.F.A.J.) et le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (S.F.A.), renforcent leur coopération dans le but de coordonner encore davantage leurs activités d'échanges dans le domaine de la formation professionnelle. Les deux institutions mettront par ailleurs au point une documentation sur les exemples réussis d'échange en matière de formation professionnelle qui sera rendue publique. En concertation avec leurs instances de tutelle respectives, les deux institutions soumettent des projets communs prenant le plus rapidement possible en compte les nouveaux développements dans le monde professionnel et de l’emploi, qu'ils accompagnent de mesures adaptées.

2 La commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle informe le public intéressé de ses travaux et communique ses résultats aux institutions compétentes des deux pays. Les deux Parties considèrent qu’il convient de renforcer encore, si nécessaire, la concertation avec d’autres instances bilatérales dans le domaine de la formation afin d'améliorer l'efficacité et la synergie des travaux de la commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle.





Déclaration conjointe
du Ministre de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie 
de la République française,
du Plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne pour les affaires culturelles dans le cadre du Traité de la coopération franco-allemande,
de la Ministre fédérale de la formation et de la recherche
et de la secrétaire d'Etat aux droits de la femme et à la formation professionnelle


relative aux


Nouveaux profils de qualification dans les domaines innovants

 


L’évolution rapide dans les domaines d’activité innovants, en particulier dans le secteur des services, offre des potentiels d'emploi et de formation considérables dans nos deux pays. Dans d'importants domaines, notamment celui des technologies de l'information et de la communication, les emplois comportent en nombre croissant de nouvelles exigences de qualification. La formation professionnelle, initiale et continue, doit être en mesure de répondre à ces exigences. 

La France et l'Allemagne soulignent leur attachement à leurs diplômes de formation professionnelle, en tant que normes nationales définissant une qualification à partir d'un ensemble cohérent de connaissances et de compétences acquises dans un domaine professionnel (en France) et dans un métier (en Allemagne).

La formation professionnelle doit permettre aux actifs de maîtriser les changements intervenant dans le monde du travail et dans les entreprises. Les jeunes doivent en particulier pouvoir bénéficier d'une offre de qualification leur assurant un bon départ dans la vie professionnelle.

Sur la base des avancées réalisées grâce aux acquis de la coopération bilatérale, visant en particulier la transparence des diplômes professionnels et l’élaboration conjointe de qualifications complémentaires certifiées, les deux pays s'accordent pour élargir leur coopération, en amont de la formation professionnelle, aux domaines de l'analyse prospective des besoins de qualification et à l'identification de nouveaux profils de qualification.

Il est donc convenu d’échanger les expériences et d'associer les capacités d'expertise en la matière dans le but d'obtenir des effets de synergie pour les travaux à venir dans les deux pays.


 


1 Prospective des besoins de qualification

Dans le domaine de l'identification des besoins de qualification, l'organisation d'un séminaire franco-allemand est décidée. Il se tiendra au cours du premier semestre 2000 et portera sur l'identification des évolutions récentes et la comparaison des méthodes et instruments de prospective utilisés dans les deux pays. Les résultats de ce séminaire devront être présentés à la commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle à l'automne 2000.


2 Profils de qualification dans les métiers innovants

Au sein de groupes de travail spécifiques, un bilan prospectif des besoins de qualification dans les champs d’activité innovants sera réalisé. Au premier plan figurent :

1) le domaine des technologie de l'information et de la communication ;

2) le domaine des activités tertiaires dans le transport ferroviaire et routier, sur la base des projets communs en cours de constitution ;

3) le domaine des activités ayant trait à la sécurité ;

4) le domaine de l'agriculture biologique.

L’élaboration de ces profils de qualification pourra selon le cas servir de base à :
- la mise au point de nouveaux référentiels de formation dans chacun des pays ;
- la constitution de qualifications complémentaires certifiées, éventuellement communes aux deux pays.

Les groupes débuteront leur travail au début de l’année 2000. Un premier rapport sera présenté à la commission franco-allemande des experts pour la formation professionnelle à l'automne 2000. La commission des experts pour la formation professionelle intégrera ces activités à son programme de travail et les étendra, le cas échéant, à d’autres domaines professionnels.

Déclaration conjointe relative à
La formation tout au long de la vie, dans ses aspects bilatéraux et internationaux

Compte tenu des mutations structurelles continues d’ordre technologique, économique et social et de l'internationalisation auxquelles ont à faire face nos sociétés, la formation tout au long de la vie revêt une importance croissante. Elle est indispensable pour permettre à chacun de bénéficier pleinement de perspectives d’avenir, de promouvoir la capacité d’innovation de l’économie et de permettre aux sociétés démocratiques de se développer.

1 Les deux Parties ont la conviction :

1) que la formation tout au long de la vie doit, conformément aux décisions du Conseil européen extraordinaire de Luxembourg de 1997, constituer l’une des principales mesures nationales de promotion de l’emploi s’inscrivant dans une stratégie de concertation ;

2) que la formation tout au long de la vie revêt une importance cruciale non seulement pour le marché du travail, mais aussi pour l’épanouissement des talents de chacun, ainsi que pour l’ensemble des secteurs de la société et pour la cohésion sociale ;

3) que l’initiative personnelle et la capacité de chacun d’orienter son propre apprentissage, ainsi que le fait d’offrir au niveau individuel des conditions favorables, notamment pour assurer l’égalité des chances dans l’accès aux offres de formation, doivent être renforcés ;

4) qu’il est nécessaire d’encourager tout particulièrement l’expérimentation de méthodes et de modèles innovants tout en tenant compte des possibilités d’apprentissage informel et en mettant à profit les nouvelles technologies de l’information et de la communication ;

5) que la mise en réseau, à l’échelon régional ou interrégional, de l’ensemble des établissements de formation tout au long de la vie doit être poursuivie ;

6) que la formation tout au long de la vie doit occuper une place encore plus importante dans tous les secteurs de l’enseignement.

Les deux Parties entendent intensifier leur coopération pour la mise en œuvre de cette mission commune dans le cadre européen.


2 Les deux Parties conviennent d’intensifier leur coopération pour l’élaboration et la mise en œuvre de stratégies innovantes de formation tout au long de la vie, dans le respect mutuel des specificités de chaque système. Un groupe de travail franco-allemand ad hoc sur la formation tout au long de la vie doit élaborer des propositions d’activités communes, en y associant les partenaires sociaux et les acteurs au niveau régional et interrégional. L’objectif est plus particulièrement :

1) de dresser un inventaire aussi exhaustif que possible des expériences pilotes dans le domaine de la formation tout au long de la vie, et d’améliorer les échanges d’informations sur les stratégies et les méthodes ;

2 ) de renforcer la coopération dans le domaine de la recherche et d’élaborer des programmes conjoints et des modèles innovants dans le domaine de la formation tout au long de la vie ; 

3 ) de développer la coopération dans le secteur éducatif en favorisant notamment la création de réseaux transnationaux et de centres de formation communs dans les régions frontalières ;

4) de renforcer la coopération pour les formations intégrant les nouvelles technologies de l’information, notamment pour l’enseignement et la formation à distance, ainsi que pour la communication via l’internet. Cela permettra de favoriser la mobilité virtuelle, en mettant par exemple à profit des propositions de qualifications complémentaires ;

5) d’intensifier l’échange d’expériences dans le domaine de l’élaboration des critères de qualité en matière de formation continue, de systèmes de gestion de la qualité et d’assurance qualité, afin de contribuer notamment à la transparence et à la comparabilité des offres de qualification en Europe ;

6 ) de faire en sorte que dans le cadre des programmes de formation LEONARDO da VINCI et SOCRATES, des projets modèles en matière de formation tout au long de la vie soient à l’avenir plus fortement soutenus ;

7) compte tenu de l’importance croissante des programmes d’échanges en matière de formation tout au long de la vie, notamment en ce qui concerne l’acquisition de compétences internationales, d’élargir autant que possible à d’autres catégories de jeunes les possibilités offertes par l’office franco-allemand pour la Jeunesse (O.F.A.J.) et par le secrétariat franco-allemand pour les échanges en formation professionnelle (S.F.A.), qui sont actuellement utilisées essentiellement par les élèves, les apprentis, les jeunes salariés et les formateurs. 

Le groupe de travail ad hoc se mettra en place au début de l’an 2000 et présentera ses premières conclusions à l’automne 2000. Celles ci feront l’objet d’une communication aux commissions franco allemandes d’experts.


3 Les deux parties conviennent de coopérer plus étroitement au développement de modalités communes liées a l'élaboration d’offres sur le marche concurrentiel international de la formation continue, en liaison avec les partenaires sociaux et les responsables concernés. Elles envisagent en l’occurrence des activités a développer en direction des pays tiers, notamment ceux de l’Europe centrale et orientale et de la Méditerranée. Cette coopération, qui se situe dans le cadre européen, doit porter essentiellement sur :

1) l’ingénierie des dispositifs de formation tout au long de la vie ;
2) l'extension des mesures d'échange ;
3) les filières a orientation professionnelle ;
4) l’enseignement à distance et les nouvelles technologies de l’information et de la communication.

Une coopération trilatérale est souhaitée, reposant sur des partenariats adéquats entre des institutions françaises et allemandes.

Un groupe de travail ad hoc approfondira les propositions mentionnées et élaborera des mesures concrètes pour la mise en oeuvre de ces propositions.

Fait à Paris, le 30 novembre 1999
Le Ministre de l’éducation nationale, de la recherche et de la technologie 
de la République française
Le plénipotentiaire de la République fédérale d'Allemagne pour les affaires culturelles dans le cadre du Traité 
sur la coopération franco-allemande
La Ministre fédérale de la formation et de la recherche
La Secrétaire d’Etat à la formation professionnelle et aux droits des femmes

Aperçu Deutsch-Französisches Jugendlager

déclarations officielles

Les déclarations officielles de la coopération franco-allemande rassemblent des prises de position politiques, des déclarations de sommets et des initiatives communes des deux pays. Dans le cadre de l’Deutsch-Französisches Jugendwerk, elles reflètent la mise en œuvre concrète des relations bilatérales et mettent en lumière les impulsions politiques qui accompagnent et structurent les échanges et la coopération entre les jeunes en France et en Allemagne.