Ecole maternelle et élémentaire | Kindergarten und Grundschule

6 ments d’assistance publique. La commission afférente était composée majoritai- rement de représentants de l’Église. Les délégués sociaux-démocrates rejetèrent, eux, l’idée d’un Kindergarten confessionnel. Ils se prononcèrent en faveur de sa « sécularisation » et souhaitèrent l’établir au titre de premier échelon du système éducatif et de l’école unique (Aden-Grossmann 2002, p. 57), tout comme l’avaient exigé les organisations démocrates d’enseignants dès 1848. Sous la République de Weimar, la politique des sociaux-démocrates et des communistes visa le déve- loppement d’un secteur public de garde de la petite enfance (von Werder 1977, p. 14), afin de permettre aux ouvrières d’exercer leur activité professionnelle. Après 1945, on renoua, en République fédérale d’Allemagne, avec la tradition de Weimar de 1922 et les organisations caritatives reprirent la gestion des Kinder- gärten , qui gardèrent ainsi leur statut privé. Dans les années 1970, les Églises géraient 90 % des Kindergärten non publics. 2 Considérons à nouveau, dans cette perspective, les données qui ont mené à l’éta- blissement et à la stabilisation de ce système en Allemagne : le refus de l’intégra- tion dans le système éducatif des Kindergärten dans le contexte des révolutions manquées de 1848-1849, son rejet réitéré après la chute de l’Empire et le rat- tachement à la conception de Weimar sous la République fédérale d’Allemagne après 1945. La RDA, en revanche, rejoignit la revendication traditionnelle des com- munistes et des sociaux-démocrates de la République de Weimar, et incorpora la garde des jeunes enfants au système éducatif. Les décisions prises en matière de politique éducative et sociale furent accompa- gnées, au niveau de la légitimation discursive, d’une représentation de l’enfance traditionnellement ancrée dans les mentalités, désignant celle-ci comme un « es- pace protégé », devant être soustrait le plus longtemps possible aux influences extérieures de la société. Cette représentation de l’enfance empreinte de roman- tisme marqua aussi le concept de Kindergarten qui, en tant que Garten , jardin, devait justement préserver cet espace. La notion du jeu enfantin était inscrite au cœur de la pédagogie du Kindergarten . Notons que cette image romantique de l’enfance n’existe pas en France (Baader 2003). En outre, l’idée afférente d’un espace protégé était étroitement liée à la représentation de la femme et de la 2 Environ 70 % des Kindergärten ne sont pas publics (von Werder 1977, p. 14).

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